Texte Libre
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Pensez à la petite Maddie, enlevée au Portugal,

J'en suis venue à la conclusion, peut-être fausse ... si je veux me faire du mal, c'est parce que je souffre ... que je veux que cette souffrance parte ... seulement si je ne trouve pas de solution satisfaisante pour la faire sortir de moi, cette souffrance ... c'est peut-etre parce que pour une fois, hormis le fait que j'ai baissé ma garde, hormis le fait que j'ai osé pensé que peut-être (même si j'avais de sérieux doutes) finalement les gens ne mentent pas et sont sincères ... peut-être que je ne me sens pas coupable ... et c'est sans doute pour ça que même si j'ai envie de me faire du mal, je n'arrive pas à m'en faire ... parce que je ne me sens pas coupable !
J'ai plus envie de faire confiance aux gens, sauf à certains dont je suis sûre à 100%, ça fait pas beaucoup de monde ... (rire) ... j'ai plus envie de laisser de chance aux gens ... j'ai plus envie d'être déçue ... j'ai plus envie ...
La journée fut pluvieuse !
Les sachant gourmands (je le suis aussi), je leur proposais de faire un gâteau pour celler la fin des vacances en beauté.
Bien sûr, le premier mot fût chocolat ... sauf que moi, les gâteaux au chocolat, j'suis pas fan !
Alors, en feuilletant le livre de recettes, puis en faisant l'inventaire des ingrédients que nous possédions, que vois je dans le frigo ! un énorme saladier de fraises et de mûres du jardin. Qu'à cela ne tienne, ce fut décider, une tarte, nous ferions une tarte.
Eh hop, sitôt dit, presque sitôt fait. Enfilés les gilets, attrapés les parapluies, en avant dans les chemins de traverse, et nous étions au magasin pour acheter la pâte sablée.
Une petite demi-heure plus tard, Tom et moi, tranquilou dans la cuisine,
le four en préchauffage, la pâte dans le moule
la tarte était en court de fabrication !
Pendant que la pâte cuisait doucement !
Nous lavions fraises et mûres,
coupant et séchant celles-ci !
Une fois fait,
à moi la confection de la crème patissière !

Alors que la crème avait refroidi sans faire de peau
(j'avais pris soin de la remuer régulièrement pour que cela n'arrive pas lors
de la phase de refroidissement)
nous en recouvrîmes la pâte !

Pour enfin disposer dessus, fraises et mûres,
et je vous prie, sans retenu.
Voici le chef d'oeuvre !

Et devinez qui a léche le plat !!!

Pour moi, la rentrée, c'est mardi 11 septembre à 9h !!!
Et oui, une semaine de vacances en rab !

Zdena est emportée dans une raffle ainsi que Pannonique. L'une devient Kapo, l'autre prisonnière. C'est le dernier jeu de téléréalité, "Concentration". On reproduit le procéssus de déshumanisation des SS. Les raffles se font à l'aveugle. Les déportés sont trois lettres et trois chiffres. Chaque matin, les kapos choisissent ceux qui mourront.
Le public se délecte.
Pannonique inspire beauté et respect. Elle refuse pourtant de jouer le jeu. Elle cache tout sentiment qui pourrait la livrer à l'oeil de la caméra. Elle devient cependant LA vedette du jeu.
Ce que j'en ai pensé :
Que peut-être un jour, on en viendra là. Que nous sommes tous voyeurs. Que c'est malsain mais tellement humain. Que c'est en plein dans l'actu. Que les gens s'ennuient tellement dans leur vie qu'ils ont besoin de voir les autres vivre, faire semblant de vivre, pour se réjouir aussi de ne pas être à leur place.
J'avoue, j'ai regardé le premier loft, et pis, j'ai aussi regardé d'un oeil le premier bachelor, et pis le truc avec les zeuropéens, et que voilà, parfois, ma tv est sur ce genre de trucs, qu'en ne coupant pas ma tv, ou en ne changeant pas de chaine je joue le jeu de cette tv à sensation. J'ai jeté un oeil, j'ai eu le temps de me faire une opinion. Les producteurs manipulent les images, les montages, les gens. Tout est biaisé, triché. Ce n'est pas nouveau, mais cela fait recette.
Je ne peux jamais m'empêcher de penser à deux films Le prix du danger, qui est du même ordre, quand la tv réalité montre en direct la chasse à l'homme dont la mort est le but avoué, désiré, salvateur ... et à La mort en direct.
L'humanité, c'est ça. Triste constatation. On se délecte du malheur des autres, trop heureux que leur malheur ne soit pas le notre.
Je me souviens de la sortie Acide Sulfurique, Nothomb n'allait elle pas trop loin. Le livre n'a pas les vagues que l'on prétendait. Et non, les gens ont la mémoire qui les arrange, ils ont la mémoire qu'il leur faut.
C'était osé ça, imaginer les raffles pour un jeu télévisé où le seul crime pour être rafflé c'est d'être humain et de se trouver au mauvais endroit et au mauvais moment.
C'était osé de parler de processus de déshumanisation. Oser de dire que les responsables ne sont pas ceux qui créent mais ceux qui regardent. C'était oser mais si vrai.
Ne rêvons pas, si ce genre d'émission existe, c'est parce qu'il y a un public. Pas de public qui suit, pas d'émission. Toujours plus de sensationnelle, plus de désordre humain, d'humiliation, d'extrême.
Ce qui était osé, c'était de faire des candidats malgré eux. La tv réalité, ce sont des gens qui y vont de leur plein gré. Depuis toutes ces années où l'on nous assène de ce voyeurisme malsain, les candidats savent ce qui les attends. Ils savent que les producteurs détournent les images, font d'eux des "types", manipulent l'opinion, manipulent les votes. Mais non, ils y vont. La soif de la reconnaissance, du gain facile, de la minute de gloire. Pauvres candidats qui sont montrés comme des "riens" (j'utilise ce mot, parce que celui qui me vient à l'esprit n'est pas politiquement correct) ! Ils sont tellement pitoyables qu'ils ne font même plus pitié. Enfin si !!!
Nothomb ne survole pas le sujet. Par contre, comme à son habitude, elle va à l'essentiel. pas besoin d'en faire des tonnes. Parler peu, mais parler juste.
Elle se concentre sur deux personnages, le kapo Zdena et Pannonique. Deux personnalités différentes, attachantes pour des raisons différentes.
Ensuite, elle décortique le processus télévisuel, le processus du sensationnel. Elle met le doigt sur le système télévisuel.
On comprend aisément que son livre n'ait pas été relayé par certaines chaines qui pratiquent à tout va la tv à sensation et la tv réalité. Non, on ne s'étonne pas.
Elle montre aussi que devant l'horreur, les gens ne peuvent s'empêcher de regarder. Prenez un accident de voitures, combien vont ralentir pour voir, pour dire qu'ils ont vu ... parce que cela les rassure, cela les rassure de ne pas être à la place des victimes. Il en est ainsi de l'humanité.
Et que dire des compagnons de tablée de Pannonique avec qui elle partage les tablettes de chocolat que Zdena lui offre. Ils considèrent que c'est un dû, qu'une personne doit toujours se sacrifier pour le bien des autres, alors qu'il serait si simple que chacun mette de la bonne volonté pour que nul ne soit sacrifié pour le bien de tous.
Même si c'est un livre à mettre entre toutes les mains, je crains malheureusement que la société dans laquelle on vit se refuse à voir ce qu'elle fait. Vous savez bien, c'est toujours la faute de l'autre.
Citations :
- Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus ; il leur en fallut le spectacle.
- [Zdena] Elle songea qu'elle n'aurait aucun mal à inspirer la sympathie. C'est une naïveté courante : les gens ne savent pas combien la télévision les enlaidit.
- Pannonique avait vingt ans et le visage le plus sublime qui se pût concevoir. Avant la raffle, elle était étudiante en paléontologie. La passion pour les diplodocus ne lui avait pas laissé trop le temps de se regarder dans les miroirs ni de consacrer à l'amour une si radieuse jeunesse. Son intelligence rendit sa splendeur encore plus terrifiante. Les organisateurs ne tardèrent pas à la repérer et à voir en elle, à raison, un atout majeur de "Concentration". Qu'une fille si belle et si gracieuse fût promise à une mort à laquelle on assisterait en direct créait une tension insoutenable et irrésistible.
- Se laver les mains d'une situation ne signifiait pas que l'on était innocent.
- Pannonique avait encore embelli depuis qu'elle s'était nommée. Son éclat avait accru son éclat. Et puis, on est toujours plus beau quand on est désigné par un terme, quand on a un mot rien que pour soi. Le langage est moins pratique qu'esthétique. Si, voulant parler d'une rose, on ne disposait d'aucun vocable, si l'on devait à chaque fois dire "la chose qui se déploit au printemps et qui sent bon", la chose en question serait beaucoup moins belle. Et quand le mot est un mot luxueux, à savoir un nom, sa mission est de révéler la beauté.
- si tu parles, tu meurs ; si tu ne parles pas, tu meurs. Alors parle et meurs.
- *Nous sommes des êtres humains, nous, des êtres vivants à part entière, nous savons qu'il faut parfois se salir les mains.
*Les mains ? releva Pannonique comme une incongruité. J'aimerais que vous cessiez de me raconter ce que vous auriez fait à ma place. Personne n'est à la place de personne. Quand quelqu'un prend pour vous un risque dont vous seriez incapable, ne prétendez pas comprendre, encore moins le juger.

Lily va bientôt avoir trente ans. Elle est hygiéniste, habite Tel Aviv, elle fait 112 kg, et a été abandonnée à la veille de ses noces par son fiancé. Doucement, elle reprend pied dans sa vie grâce à son amie Ninouch. Un soir, alors qu'elles avaient prévu d'aller au cirque, Ninouch, à cause de son "mec" violent et jaloux, a planté Lily. Celle-ci se retrouve dans le taxi de Mikhaela, retrouve son premier amant Taro. Dès lors sa vie va changer du tout au tout ...
Ce que j'en ai pensé :
Ne vous y trompez pas, il ne s'agit pas d'un livre sur une ronde qui se plaint, qui a du mal dans la vie. Non, il s'agit d'une vraie ronde qui a du succès auprès des hommes, qui se cherche, mais qui ne cherche pas forcément à comprendre. Elle constate ... la vie de son amie Ninouch ... l'évolution de son premier amant, Taro ... l'évolution de ses parents ... sa propre évolution.
Ce livre est surprenant. D'abord, de part le ton sur lequel il est écrit. Un ton léger au départ, lucide mais jamais larmoyant qui petit à petit s'enfonce dans l'intériorité du personnage.
Nous assistons à l'évolution de la jolie Lily, enjouée à une femme de trente ans, qui s'oublie, qui ne comprend plus, qui s'est laissée dépasser par les événements, ses pulsions, sa vie si carrée. Le badin laisse place à la sauvagerie, au retour aux sources, à l'être, à l'instinct.
Jamais de jugement sur les autres. Lily raconte ce qu'elle sait des gens qu'elle aime, qu'elle a aimé sans jamais les juger. Elle constate. Au lecteur de décider ce qu'il doit penser. Et pourtant, rien de ce qu'elle ne nous raconte ne peut laisser le lecteur sans opinion. De ses kilos en trop, de sa morphologie qui est ainsi et avec laquelle elle fait ... de son premier amant, Taro devenu transexuel non par besoin mais par une recherche personnelle de création ... de son amie Ninouch à la vie dissolue ... de Mikhaela qui s'impose et se rend indispensable ... de son métier d'hygiéniste qui lui permet d'évaluer les gens et de les apprivoiser ... de son ancien fiancé ... de la vie ... rien, elle ne laisse rien au hasard, rapporte des faits, des peurs, des évidences, mais sans jamais juger ... jamais.
Le livre évolue de manière surprenante.
Je suis tombée par hasard sur ce livre. C'est la couverture qui a attiré mon oeil. Ce mauve et cette silhouette ronde, féminine, sensuelle et si coquine. J'ai lu les deux premières phrases du quatrième de couverture et hop dans mon panier. Parce que ... je suis ronde ... mais pas tant que Lily ... parce que j'avais besoin de voir les choses autrement que je les vois ...
La fin m'a laissée un peu ... perplexe ... alors que le roman en lui, est d'une incroyable fraicheur et désir de vie. Je ne sais qu'en tirer comme conclusion ... Vivre, lâcher prise, être ... et crotte aux autres qui jugent !!!
Citations :
- Mieux vaut se soumettre que de s'opposer à la volonté de l'action.
- Celui qui a vu le gouffre de ses propres yeux aura toujours l'angoisse, au fond de lui, que cette vision ne revienne.
- Qu'il est étrange de constater que l'absence d'un amant hypothétique est aussi douloureuse que l'absence d'un amant bien réel ! Je suis sûre que cela n'arrive que parce que le besoin d'amour est primaire et fondamental, la preuve la plus valable qui puisse nous être donnée non seulement de l'existence de Dieu, mais d'une chose plus importante : de l'hypothèse que nous avons été créés à son image. Il y a, dans l'opposition fort à la mode aujourd'hui, qui dresse le besoin d'aimer contre la volonté de se libérer d'autrui, une erreur de logique, une erreur philosophique, c'est la conséquence erronée d'un individualisme porté aux nues, les reliefs d'offrandes sacrifiées aux dieux païens du moi. De l'idolâtrie. De la masturbation.
- Si tu ne trouves rien de bon dans ce qui t'arrive, mieux vaut te concentrer sur ce qui est tout de même possible.
- Je ne sais si tous ceux que j'ai choisis au cours de cette nuit étaient aussi merveilleux qu'ils le paraissaient à mes yeux aveuglés par le désir sur le point d'être satisfait, mais ce n'est qu'une preuve supplémentaire de la clairvoyance de Platon quand il disait que nous n'aimions pas une chose parce qu'elle était bonne, mais qu'elle était bonne parce que nous l'aimions.
- Le désir de la femme est un puits sans fond. Là se cache notre essence la plus obscure. Afin d'échapper à cette composante animale, les êtres humains ont inventé tout ce qu'ils ont pu, mais la nature, qui a plus d'un tour dans son sac et sait passer entre les gouttes, est toujours là, en nous et hors de nous, à se divertir à nos dépens.
- L'intelligence est le propre de l'homme, mais ça ne le rend pas logique pour autant. A ton avis, que s'est-il passé pendant la Shoah ? Où est la logique ? Les Allemands ne sont-ils pas un peuple intelligent ? Quel rapport entre l'intelligence et le comportement humain ?
Une jeune femme se promenait tranquillement dans une vallée. Elle errait, nez au vent, un sourire sérieusement planté au milieu du visage. Elle se disait que, décidément, la vie était belle, que la nature était une merveille. Elle n’aurait pas été jusqu’à dire que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Non, elle n’était pas à ce point inconsciente de la réalité humaine. Elle préférait juste voir la vie dans ce qu’elle offre de petits bonheurs plutôt que de se laisser submerger par ce qu’elle nommait «le pas beau».
Elle savait la turpitude, la manipulation des humains. Elle savait que derrière chaque côté sombre se cachait une souffrance. Elle avait bien compris que l’on ne pouvait pas sauver celui qui ne voulait pas l’être. Elle avait assimilé qu’elle ne pouvait pas faire le chemin à la place de celui qui ne voulait pas le faire.
Elle serait donc purement et simplement égoïste, comprenant que … avant de vouloir sauver les autres, il fallait se sauver soi-même, qu’avant de vouloir faire le chemin pour les autres, il valait mieux faire son propre chemin.
Ainsi, sur ce petit chemin poussiéreux, blanc et caillouteux, elle vivait sa vie à elle.
Elle regardait tout. Le papillon se posant sur la fleur violette. Le chien de prairie plus vif que jamais, fuyant au bruit de son pas. Le nuage en forme de chien qui semblait courir après cet autre …
Elle rêvait que tout allait bien pour elle. Elle rêvait de découvrir ce qu’elle n’avait pas encore vu. Elle rêvait de vivre, tout simplement.
Chemin faisant, elle arriva devant un pont. Mon Dieu, que ce pont est haut, se dit-elle. Il n’était pas bien large, pas bien long, mais qu’il était haut.
Elle n’était pas spécialement décidée à franchir ce pont. Elle avait toujours eu peur des hauteurs, parce qu’elle ne pouvait jamais s’empêcher de se pencher, de se demander ce que cela lui ferait, si elle enjambait le parapet et se jetait dans le vide. A cause de cela, elle avait fini par éviter les ponts, les hauteurs … elle avait fini par fuir ses angoisses, plutôt que de les affronter.
Seulement, aujourd’hui, il faisait beau. Aujourd’hui, elle sentait que c’était possible. Aujourd’hui, elle ne voulait
plus vivre comme hier. Aujourd’hui, elle voulait découvrir, savoir et pourquoi pas affronter.
A suivre ICI ...







