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Le Chat de Phoebe




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Le blog des Bundy en Guyane

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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 00:34
HerbeRouge.jpg

Le livre :


Wolf est ingénieur. Il a construit avec l'aide de Saphir Lazuli une machine à effacer les souvenirs. Wolf est marié avec Lil. Lazuli est amoureux de Folavril, qui le lui rend bien. Wolf teste sa machine. C'est un homme qui a perdu le goût de tout, et qui cherche à effacer ses souvenirs. Lazuli est hanté par un homme qui se montre à lui dès qu'il se trouve avec Folavril, l'empêchant d'accomplir physiquement son amour pour elle. En testant sa machine, Wolf comprend que pour effacer ses souvenirs,il doit d'abord y faire face en tout honnêteté.


Ce que j'en ai pensé :


Bien qu'écrit dans un esprit quasi identique à L'écume des jours, j'ai trouvé ce roman plus proche de notre réalité. J'y ai été plus sensible, sans doute parce qu'ici s'oppose l'intérieur et l'extérieur de chaque être humain. Sous couvert de "l'air de rien", Vian évoque des choses qui ne sont pas dénuées d'importance et qui sont même essentielles dans notre comportement en société. Il y a plusieurs thèmes à dégager de ce livre. D'abord, le plus simple sans doute est le problème de communication homme-femme, tout nous semble opposer dans notre manière d'agir alors que nous ne sommes finalement pas si différent. A un moment où Lazuli s'enfuit en courant, Wolf propose à Lil d'aller voir Folavril pour savoir ce qui se passe, et Lil lui demande : Tu ne vas pas le consoler ? dit Lil. - Ca se console tout seul, un homme, dit Wolf en rentrant dans son bureau. Il mentait avec naturel et sincérité. Ca se console exactement comme une femme. Le problème entre les femmes et les hommes est surtout dû à un manque de communication, je ne sais à quoi cela peut-être dû, une pudeur à reconnaître que l'on est faible, à l'admettre aussi. Les gens ne se parlent qu'à demi mot, voire pas du tout. Ils pensent à la place des autres, personnes ne faisant l'effort d'exprimer ses attentes ou ses mécontentements, résultat comme Wolf et Lil, ils vivent ensemble depuis des années et ne se connaissent pas / plus.

Ensuite, je dirais qu'il y a l'opposition des castes sociales, qui est parfaitement définie par Vian. C'est très schématisé et donc facilement dessinable. On pourrait presque faire une bd sur ce film tant les images sont parlantes. La maison très bourgeoise, voire aristo de Wolf (il dit que son père n'a pas fini ses études parce que sa charge de rentier ne l'exigeait pas), le dessin des quartiers qui est symbolisé fortement par le changement de décor, avec je note au passage l'humanisation des maisons, de la nature, de tout ce qui n'est pas humain. Les quartiers qui sont tous bien définis où finalement on ne mélange rien. Un quartier des amoureux (plaisir sexuel en fait), un quartier du jeu ... etc. Tout est structuré comme un peu dans une grande surface où les gens se trouvent rarement dans les quartiers par hasard.

Le dernier point est l'intériorité des personnes. Vian s'est consentré sur les deux personnages masculins. D'abord Lazuli. Dès que la machine à effacer les souvenirs a été fini, celui-ci a commencé à voir un homme lorsqu'il se trouvait en présence de Folavril, qu'il allait avoir avec elle, des gestes de tendresses physiques lui prouvant son amour. Il verra une autre fois cet homme lorsqu'il veut jouer à la saignette. En fait, cet homme semble apparaitre à chaque fois que Lazuli va prendre plaisir à ses actes. Je dirai que l'apparition est l'image incarnée de la culpabilité de Lazuli. Il n'assume pas ses propres désirs et cet homme lui rappelle. D'ailleurs, au moment où Lazuli et Folavril se retrouvent ensemble dans un lit pour la première et unique fois, Lazuli voit cet homme, tente de le tuer en vain car celui-ci n'étant que l'image de sa conscience, il n'arrive pas à le tuer ... et il finit par le comprendre, le seul moyen de tuer cet homme est de se tuer lui-même. Une métaphore de la folie schizophrène ?

Ensuite, le personnage de Wolf. Il semble traverser la vie rempli d'amertume, de désespoir, de frustration, il est désabusé. Il ne semble avoir aucun désir, aucun rêve, enfin si, un seul, oublier ses souvenirs comme ça, pense-t-il il n'y aura plus rien, donc plus la souffrance de l'absence de tout. Quand il teste sa machine à effacer les souvenirs, il découvre à l'intérieur de la cage que représente la machine quelque chose auquel il ne pensait pas être confronté. Très vite il comprend que pour effacer les souvenirs il faut d'avoir les affronter pour leur rendre leur réalité. C'est alors que se pose la vérité du souvenir. Puisque nous savons tous que nos souvenirs sont ce que nous en faisons. Nous ne voyons pas nos souvenirs avec l'oeil que nous avions quand nous les avons vécu.
Les souvenirs semblent être le moyen de ne pas oublier ce que la société a fait de nous, de quelle manière elle nous a conditionnée, formatée. Wolf s'ouvre, à mon sens, de ne pas pouvoir se dégager de se formatage, et donc de n'avoir pas su / pu se construire sa vie / lui-même, de n'avoir pas su se trouver un rêve propre / un but personnel. Et c'est avec son chien, qui parle le langage des humains, qu'il va en parti comprendre que le bonheur tient à peu de choses. Encore faut-il avoir l'envie de ... trouver ce bonheur. "- Qu'y a-t-il ? demanda Wolf. Entre les pattes du Sénateur, le ouapiti dormait ; le Sénateur bavait, l'oeil tertreux, et chantait des brides de chansons inarticulées. - C'est le Sénateur, dit Lil, et sa voix se cassa. - Qu'est-ce qu'il a ? dit Wolf. - Je ne sais pas, dit Lil. Il ne sait plus ce qu'il dit et il ne répond pas quand on lui parle. - Mais il a l'air content, dit Wolf. Il chante. - On dirait qu'il est gâteux, murmura Lil. Le sénateur remua la queue et un semblant de compréhension éclaira ses yeux l'espace d'un éclair. - Juste ! remarqua-t-il. Je suis gâteux et j'entends le rester. Puis il se remit à sa musique atroce. - Tout va bien, dit Wolf. Tu sais, il est vieux. - Il avait l'air si content d'avoir un ouapiti, répondit Lil, pleine de pleurs. - Etre satisfait ou gâteux, dit Wolf, c'est bien pareil. Quand on n'a plus envie de rien, autant être gâteux. - Oh ! dit Lil. Mon pauvre Sénateur. - Note bien, dit Wolf, qu'il y a deux façons de ne plus avoir envie de rien : avoir ce que l'on voulait ou être découragé parce qu'on ne l'a pas. - mais il ne va pas rester comme cela ! dit Lil. - Il t'a dit que si, dit Wolf. C'est la béatitude. Lui, c'est parce qu'il a ce qu'il voulait. [...] Il (le Sénateur) se lécha le nez avec gourmandise et produisit un son incongru. - Je fonctionne, dit-il. Le reste c'est de la rigolade. Et maintenant, je rentre dans le rang. Je vous aime bien, je continuerai peut-etre à vous comprendre mais je ne dirai plus rien. J'ai mon ouapiti. Trouvez le vôtre.
C'est à mon sens un des passages essentiel du livre. La quête intérieure matérialisée ici par le ouapiti pour le Sénateur. C'est à chacun de se trouver son graal, son graal personnel. De se donner les moyens de le trouver. Et je trouve que la symbolisation par le ouapiti est très forte, car finalement, le Sénateur n'a pas rêvé de la lune pour être heureux, il n'a pas rêvé d'un bien matériel, mais bien d'un compagnon ...


Citations :

- Lil aurait voulu se coucher avec Wolf, mais elle pensait que peut-être cela amuserait Wolf. Le distrairait. Le détendrait. Le gratouillerait. De voir ses amis. Elle lui dit :
- Téléphone à tes amis.
- Lesquels ? demanda Wolf end écrochant.
On lui dit lesquels et ils n'étaient pas contre. Pour l'ambiance, pendant ce temps-là, Lil et Folavril souriaient.
Wolf reposa le téléphone. Il avait cru faire plaisir à Lil. Comme elle ne disait pas tout, par pudeur, il la comprenait peu.
- Qu'est-ce qu'on va faire ? dit-il. La même choses que les autres fois ? Disques, bouteilles, danse, rideaux déchirés, lavabo bouché ? Enfin, si ça te fait plaisir, ma Lil.
Lil avait envie de pleurer. De se cacher la figure dans un gros tas de duvet bleu. Elle avala son chagrin avec effort et dit à Lazuli d'ouvrir l'armoire aux liquides, pour être gaie tout de même. Folavril comprenait à peu près et se leva et serra le poignet de Lil en passant.

- Où étaient les souvenirs purs ? En presque tous se fondent les impressions d'autres époques qui s'y superposent et leur donnet une réalité différente. Il n'y a pas de souvenirs, c'est une autre vie revécue avec une autre personnalité qui résulte pour partie de ces souvenirs eux-mêmes. On n'inverse pas le sens du temps à moins de vivre les yeux fermés, les oreilles sourdes.

- Et puis à ce moment-là, ils arrivèrent au point d'où l'on voyait le nègre danser. Les nègres ne dansent plus dehors. Il y a toujours un tas d'imbéciles qui viennent les regarder, et les nègres croient que c'est pour les tourner en ridicule. Car les nègres sont très susceptibles et ils ont raison. Après tout, être blanc, c'est une absence de pigments plutôt qu'une qualité spéciale, et on ne voit pas pourquoi des types qui ont inventé la poudre se prétendraient supérieurs à tout le monde et devraient être autorisés à troubler les activités autrement intéressantess de la danse et de la musique.

- On n'a pas d'arguments pour ou contre, murmura Wolf. On croit ou non. J'ai toujours été gêné d'entrer dans une église. J'ai toujours été gêné de voir des hommes, qui avaient l'âge de mon père, mettre un genou en terre en passant devant une petite armoire. Ca me faisait honte pour mon père. Je n'ai pas été en contact avec de mauvais prêtres, ceux dont on lit les turpitudes dans des livres de pédérastres, je n'ai pas assisté à l'injustice - j'aurais à peine su la discerner, mais j'étais gêné avec les prêtres. Peut-être la soutane.

- Mais savez-vous, Monsieur Brul, que c'est ignoble, d'imposer à des enfants une régularité d'habitudes qui dure seize ans ? Le temps est faussé, Monsieur Brul. Le vrai temps n'est pas mécanique, divisé en heures, toutes égales ... le vrai temps est subjectif ... on le porte en soi ... Levez-vous à sept heures tous les matins ... Déjeunez à midi, couchez vous à neuf heures ... et jamais vous n'aurez une nut à vous ... jamais vous ne saurez qu'il y a un moment, comme la mer s'arrête de descendre et reste, un temps, étale, avant de remonter, où la nuit et le jour se mêlent et se fondent, et forment une barre de fièvre pareille à celle que font les fleuves à la rencontre de l'océan. On m'a volé seize ans de nuit, Monsieur Brul. On m'a volé ça ... entre autres ... On m'a volé mon but, Monsieur Brul. On m'a fait croire en sixième, que passer en cinquième devait être mon seul propos ... en première, il m'a fallu le bachot ... et ensuite, un diplôme ... Oui, j'ai cru que j'avais un but, Monsieur Brul ... et je n'avais rien ... J'avançais dans un couloir sans commencement, sans fin, à la remorque d'imbéciles, précédant d'autres imbéciles. On roule la vie dans des peaux d'ânes comme on met dasn des cachets les poudres amères, pour vous les faire avaler sans peine ... mais voyez-vous Monsieur Brul, je sais maintenant que j'aurais aimé le vrai goût de la vie.

- Je me suis marié parce que j'avais besoin d'une femme physiquement ; parce que ma répugnance à mentir et à faire la cour m'obligeait à me marier assez jeune pour plaire physiquement ; parce que j'en avais trouvé une que je pensais aimer et dont le milieu, les opinions, les caractéristiques, étaient convenables. Je me suis marié presque sans connaître les femmes. Résultats de tout cela ? Pas de passion, l'initiation lente d'une femme trop vierge, la lassitude de ma part ... Au moment où elle a commencé à s'y intéresser, j'étais trop fatigué pour la rendre heureuse ; trop fatigué d'avoir attendu les émotions violentes que j'espérais au mépris de toute logique. Elle était jolie. Je l'aimais bien, je lui voulais du bien. Ce n'est pas suffisant.Et maintenant, je ne dirai plus rien.

- Vous avez toujours pu résister à vos désirs, dit-elle. Et vous pouvez toujours. C'est pour cela que vous mourrez déçu.



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Published by Simplement Cat - dans livres et citations
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commentaires

Jean-Yves 25/05/2007 20:20

En lisant ton article, je n'arrête pas de penser à ce film Eternal Sunshine of the Spotless Mind un film de Michel Gondry (2003)  pas seulement à cause de ce besoin d'effacer ses souvenirs... Je n'arrive pas à dire, ce soir, où il y a divergence.

Simplement Cat 25/05/2007 20:27

j'espère que tu me diras plus tard :Dc'est bien, je trouve que cela renvoie à des choses, tu sais bien que je marche aussi comme ça, d'ailleurs, pas plus tard que tout à l'heure, en visitant les blogs de ma communauté, j'arrive chez le croco et la bêtise pour lire leur chronique sur le dernier film avec catherine deneuve, et j'ai honte là, le titre m'échappe ... bref, cela m'a rappelé un article de toi ... le thème du deuil d'un enfant par la mère ... et j'ai donc mis le lien de ton article ;)bisous je clique sur ton lien :D

Rosebud 23/05/2007 18:33

J'aime beaucoup Boris Vian. J'ai apprécié lirs "Jirai cracher sur vos tombes"

sieglind la dragonne 22/05/2007 18:58

A relire ! j'ai ça dans mes "archives"...mais où... vite ma lampe spéléo et merci de m'y  faire penser Cat.

Simplement Cat 23/05/2007 06:40

bon alors équipe toi et hop :D bisous

k�line 21/05/2007 16:32

je n'ai lu que l'arrache coeur et l'écume des jours mais à te lire je retrouve Boris Vian tel que je l'ai aimé il y a des années.je me réserve l'herbe rouge

Simplement Cat 22/05/2007 07:57

je n'ai pas lu l'arrache coeur mais ça va viendre :D :D :Dc'est formidable alors :Dbisous

Baggins 21/05/2007 12:59

J'ai lu Vian il y a trés longtemps .Notament celui ci qui est un de ses meilleurs ,lje me souvens aussi d' ''Un automne à Pekin'',''l'arrache coeur''et évidemment'j'irais cracher sur vos tombes'' Bisous Cat

Simplement Cat 21/05/2007 15:39

je n'ai pas lu l'arrache coeur et automne à pekin, ça va viendre ^^en tout cas l'herbe rouge est très bonbisous Baggins

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