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Le Chat de Phoebe




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Le blog des Bundy en Guyane

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 00:12
Sexus.jpg

Le livre :

Henry Miller approche de ses 33 ans. Il est marié à Maude, a une fille et bosse dans une boite assez importante, pour laquelle il recrute du personnel. Seulement H. n'est pas fait pour une vie bien rangée. Il aime les femmes, le sexe. Il se moque de l'argent, de son boulot, de sa vie de famille. Il veut vivre, profiter de la vie, et accessoirement écrire. Un soir, il rencontre une jeune femme, Mara / Mona. Il tombe fou amoureux d'elle, quitte sa femme, s'installe avec elle et finit par l'épouser. Mara est menteuse, ou mythomane, ou ce qu'elle est. Toujours est il que sa fantaisie fascine Henry. Sexuellement compatible, ils ne peuvent se passer l'un de l'autre. Et malgré tout, chacun continue à mener également sa vie sexuelle personnelle, lui parce que le sexe est une expérience qui ne se refuse pas ... elle parce que c'est un moyen d'avoir l'argent qui lui offre tous ses caprices.

Ce que j'en ai pensé :

Sexus
est le premier volet de la trilogie de "La Crucifixion en rose" qui comprend Plexus et Nexus.

J'ai voulu lire du Miller pour comprendre ce qui fascinait Anaïs Nin. Au début, j'ai eu du mal à comprendre ce qu'elle lui trouvait, en tant qu'homme, en tant qu'écrivain. Au début, il nous apparaît cynique, intéressé, il nous montre la manière dont il se voit. Mais ce n'est pas très différent dont Anaïs le voyait. Seulement elle n'aurait jamais osé dire de lui qu'il n'était qu'un profiteur des autres, quelqu'un qui vit comme un parasyte sur le dos de ceux qui l'admirent. J'ai retrouvé ça, chez Nin, dit autrement. Il vivait de l'admiration et de l'amour qu'elle lui portait ... il profitait d'elle, non pas qu'il ne l'aimat pas, non pas qu'il la manipulat ... mais parce qu'il était comme ça ... de ces hommes qui vivent sur le dos de leur semblable, sûr que l'amour que ces derniers lui portent justifie qu'il vive de leur générosité.

Il se moque que Mona récupère de l'argent en étant entraineuse dans un bar. D'ailleurs, on dit "dancing" ... aujourd'hui, on dirait qu'elle était "pute de luxe". Mona comme Miller vivent dans un rêve, se servent de leurs congénères.

Je dirais que de la même manière que chez Nin, nous sommes submergés par sa lucidité sur elle-même, nous le sommes aussi chez Miller. Il ne cherche jamais d'excuses à son comportement. Il est et c'est tout. Il se rend compte qu'il n'est pas réglo, il a parfaitement conscience qu'il fait du mal autour de lui, mais il ne sait pas être autrement, il ne veut pas être autrement. Il n'oublie pas que la vie est éphémère, il n'oublie pas que s'il ne vit pas sa vie, personne ne la vivra pour lui. Il n'oublie jamais de prendre des risques, d'oser ... il n'oublie pas de vivre.

Sur l'écriture de Miller, nous pouvons retenir deux choses : Sexus est un récit complet d'une partie de sa vie tumultueuse. Le sexe et les réflexions sur le monde / la vie s'alternent. Nous nous perdons dans ses "divagations" pour nous retrouver dans des scènes de fesses pour le moins pittoresques. Miller n'épargne personne, il ne s'épargne pas non plus. Il a la conscience du monde qui l'entoure, la conscience de ses imperfections, la conscience des imperfections de sa femme, Mona.

Qu'importe. Nous sommes en vie, il faut vivre.


Citations :


- Il vous faudra regarder en vous-même, si vous espérez jamais vous libérer du tourment.

- Il était de ces hommes qui parlent sans suite, ivres ou non - qui disent même des choses d'autant plus fantastiques qu'ils sont sobres, en fait. De ces hommes nourris d'amertume et de désillusions, d'habitude, qui agissent comme si rien ne pouvait plus les étonner, et qui sont pourtant, au fond, sentimentaux jusqu'à la moelle ; qui mettent leur système émotif meurtri à macérer dans l'alcool, pour ne pas éclater en larmes au moment le plus inattendu. Les femmes trouvent ce genre d'hommes particulièrement charmants, parce qu'ils ne sont jamais très exigeants, ne marquent jamais de vraie jalousie - si, extérieurement, ils en miment tous les gestes.

- Tenez ! Prenez ce fumier qui est assis à côté de vous - ouais, toi ! dit-il, me faisant un large sourire dans le miroir. Il pense qu'on devrait l'entretenir, le chouchouter en attendant qu'il écrive le chef-d'oeuvre de s vie. Jamais il ne dit qu'il pourrait chercher du boulot entre-temps. Ah ! mais non ! Monsieur ne veut pas se salir les mains ; ses belles mains blanches comme lis ! Monsieur est un artiste ! Et ma foi, c'est possible, autant que je sache. Seulement, il faut qu'il commence par le prouver, n'ai-je pas raison ? Est-ce qu'on m'a entretenu, moi, parce que je me prenais pour un avocat ? Rêver, c'est bien - qui est-ce qui ne fait pas de rêves ? - mais il faut que quelqu'un paie le terme !

- Son intuition lui dit que le grand secret ne s'appréhende pas, mais qu'il peut se l'incorporer dans sa propre substance. Il lui faut devenir partie du mystère, vivre dans le mystère et avec lui. Accepter, telle est la solution. Accepter est un art, non pas un exploit egoïste de l'intellect. Et c'est par le canal de l'art que l'on finit ensuite par établir le contact avec le réel : telle est la grande découverte.

- Les grands esprits n'ouvrent pas de cabinet, n'ont pas de tarif, ne font pas de conférences, n'écrivent pas de livres. La sagesse se tait ; le moyen le plus efficace de propager la vérité, c'est  à force d'exemple personnel.

-Adaptez-vous ! dit-il. Il ne veut pas dire, comme d'aucuns préfèrent le penser - adaptez vous à cet état de pourriture qu'est le nôtre ! Non, adaptez vous à la vie ! Devenez un adepte ! Il n'existe pas de plus haut ajustement - faire de soi un adepte.

- Nous voudrions voir avec l'esprit, mais l'esprit ne voit que ce qu'on lui dit de voir. L'esprit est incapable d'ouvrir tout grand ses yeux et de regarder pour le seul plaisir de regarder.

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Published by Simplement Cat - dans livres et citations
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commentaires

SysTooL 11/08/2007 13:50

Sacré Miller... ton résumé me fait évidemment penser à Tropique du Cancer même si Miller n'y développe pas autant la relation avec cette femme...A+ SysT

Simplement Cat 11/08/2007 13:54

si je n'avais pas une pile déjà bien grosse de livres à lire avec derrière moi des gens qui me pressent en me disant lis mon livre d'abord ... j'aurais acheté plexus et nexus lolmais je viens de finir la nuit de valogne, réécriture interessante du mythe de don juan ... et je vais poursuivre en lisant, chronique d'une mort annoncée ...bisous Doc'

california 10/08/2007 15:59

bcp entendu parler de Sexus, mais jamais lu ( sauf des extraits ) j'aime bcp la 1ere citation...regarder en soi mm, bien entendu, mais c'est tellement compliquer de le faire. Je suis aussi d'ac sur le fait que la sagesse se tait, mais ayant fait voeur d'impertinence, je sais que je ne serais jamais sage...Est ce bon de le devenir ? oui, on est en répit, mais pas en repos...alors, je ne sais pas, j'hesite...Suis pas balance pour rien mdr... j'espere que tu vas, moi " je vais", pas terrible, mais c'est comme ça ( comme dirait les rita mitsouko )bizz

Simplement Cat 10/08/2007 19:09

mais personne ne peut prétendre être sage ... personne ...oui je vais, enfin là, j'ai ma tchiote de soeur qui vient de repartir, donc solitude :( mais cha va :Dbisous

Ano 10/08/2007 15:43

Excellent papier et analyse Cat ! J'adore Miller et Anaïs Nin d'ailleurs. Je pense qu'ils se ressemblent au fond... Mais Miller tu as raison est un réaliste sur le regard qu'il porte sur les gens, et donc il agit en conséquence de ses instincts, voire un brin idéaliste, qui prend son plaisir comme il vient, comme il le sent, il ne s'en prive pas, quitte à être un brin égoïste parfois... Il est hédoniste aussi je pense et épicurien, presque un prédateur... Un séduisant prédateur... Bisous tendres.

Simplement Cat 10/08/2007 19:12

je ne pense pas que miller soit un prédateur, ce n'est pas un calculateur, un manipulateur peut-etre mais pas un vrai calculateur ...je pense qu'il ne se sert que des gens qui veulent qu'il se serve d'eux, mais il ne se sert jamais de quelqu'un qui n'a pas le désir de le servir ... donc, on ne peut pas lui reprocher ça ... donc ce n'est pas un prédateur !ils se ressemblent avec Nin sur certains points ... mais je pense que si elle a beaucoup appris avec lui, d'elle et de  lui ... l'inverse est aussi vrai et c'est sans doute pour cela qu'ils ont eu une relation si particulière ...parce qu'elle était basée sur la connaissance et le partage, de soi et de l'autre ...bisous

Jean-Yves 10/08/2007 11:48

J'ai longtemps pensé qu'Henri Miller était un hédoniste. C'est sans doute une des raisons qui explique que, Sexus, je n'ai jamais réussi à en terminer la lecture...A lire ton article et les extraits que tu as choisis, je me dis qu'il devait aussi faire partie de la catégorie des gens pessimistes. Peut-être que sa part d'hédonisme était un moyen de lutter contre ce versant pessimiste...

Simplement Cat 10/08/2007 12:42

je pense que oui, c'est un pessimiste ou un réaliste ... je dirais plutot un réaliste de la condition humaine ... qui choisit de prendre les plaisirs de la vie où ils se trouvent là où ils se présentent plutot que d'être un éternel pessimiste qui s'appittoye sur son sortet s'il avait simplement compris et démontrer la différence entre pessimiste et réaliste ...puisqu'on ne peut pas aller contre ce qui arrive, et ce qu'on fait les hommes de la vie, autant en prendre le meilleur parti, sans pour autant ne pas avoir conscience de ce qui se passe ...enfin, je le vois comme ça ... il a retourné ce qu'il constate de la vie et des hommes pour en tirer le meilleur parti et vivre mieux en profitant plutot qu'en s'appitoyant ... et cela ne veut pas dire bien sûr qu'il est le plus heureux des hommes, mais juste qu'il a fait en sorte de ne pas être le plus malheureux, et de n'avoir pas de regret :Dbisous

un ange passe 10/08/2007 11:08

La sagesse se tait...J'adore !Bises angeliques

Simplement Cat 10/08/2007 12:38

oui, mais il faut parfois savoir faire partager son expérience, pour expliquer ... sans pour autant donner de leçon ...bonne journée

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