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Le Chat de Phoebe




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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 01:12
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Le livre :
 Le narrateur a écrit un poème pour une revue de chasse. Quelques temps plus tard, il regrettait d'avoir envoyé son texte, pensant que les lecteurs (et chasseurs) auraient mal pris ses mots. Un jour, il reçoit un courrier d'un homme prétendant être celui dont parle poème. Cet envoi est aussi constitué de trois lettres. La première est d'une jeune femme dont la mère s'est suicidée à cause de cet homme, la seconde est de la femme de cet homme qui demande le divorce. Enfin, la troisième est de la femme qui s'est suicidée.

Ce que j'en ai pensé :
L'écriture japonaise est toujours très épurée, très digne aussi.
Un poème peut renvoyer un lecteur à sa propre image, sa propre vie. L'auteur écrit avec la clé de ses mots sans pouvoir contrôler la réception de ces derniers. Il est toujours surprenant de voir que parfois un poème peut réveiller un vécu propre au lecteur. Ce n'est pas tant la situation qui va provoquer cet éveil que les sentiments et les émotions qui vont s'en dégager.
Ce texte est une nouvelle qui part de l'écriture d'un poème pour nous mener à la lecture de trois lettres adressées au même homme, celui qui pense s'est reconnu dans le poème du narrateur.
Les trois lettres évoquent la même histoire d'amour. Ce qui est intéressant, c'est la façon dont l'auteur a choisi de présenter les lettres.
La première étant celle de la fille de la femme aimée. Elle est touchante, émouvante. On sent bien que celle jeune femme est complètement perdue devant le secret de sa mère qu'elle a découvert. Parents divorcés, elle découvre une autre facette de sa mère. Elle se sent à la fois trahie et émue de savoir l'histoire intime de sa mère. A aucun moment, je n'ai ressenti une once de reproche, de rancune vis -à-vis de l'homme à qui elle s'adresse. Au contraire, j'ai éprouvé un énorme sentiment de respect pour lui, parce qu'il a su faire vivre à sa mère un bel amour. Cette jeune femme a de la colère contre sa mère. Elle s'est sentie mise à l'écart. Elle aurait voulu que sa mère lui parle de cet amour impossible qu'elle a vécu, pour lui montrer et peut-etre aussi la mettre en garde contre les turpitudes de la vie et du coeur. Elle admire cet amour impossible, elle est, je dirais heureuse de savoir qu'un tel amour puisse exister, même si c'est impossible. Car l'amour quelqu'il soit, peut importe ça forme, est une preuve que de tels sentiments existent.
La seconde lettre émane de la femme du chasseur. Elle est pleine de lucidité et d'amertume aussi. Elle lui explique tout ce qu'elle sait depuis le début de leur mariage, les raisons de son comportement, tout ce que lui ignorait qu'elle savait. Elle ne se plaint pas, elle explique. Sans en rajouter, non sans rien ... elle se contente de dire ce qui a été, ce qu'elle a attendu en vain, et que maintenant, il faut que cela cesse. C'est rempli de pudeur, et la pudeur ne signifie pas l'économie des sentiments. Non, cela signifie qu'il n'y a rien de larmoyant, pas d'apitoiement sur soi. Juste l'envie d'être honnête avec l'autre, pour soi, parce qu'on se le doit à soi, sûrement bien plus qu'à l'autre.
La dernière lettre est la plus importante. C'est celle de la femme aimée qui s'est suicidée d'amour. Cette lettre est la clé de l'histoire. C'est la lettre qui va rétablir la vérité sur cette histoire d'amour impossible. C'est celle qui va donner les véritables raisons du suicide. Parce qu'après tout, qui sait mieux ce qui arrive que celui qui est le personnage central. Qui peut avoir mieux accès à soi, que soi. Cette lettre, cette ultime lettre adressée adressée à cet homme aimé et chéri est une immense preuve d'amour postume. Elle lui donne accès à elle. Elle lui explique ce qu'elle a vécu avec lui, ressenti, et le pourquoi de son suicide.

L'écriture japonaise, au fil de ma découverte, me prouve une économie des mots justifiés. Cela n'enlève rien à l'écriture et aux émotions transmises. Cela créé un style, le style "japonais" sans doute lié à l'éducation, à la manière de vivre des nippons. Je l'ignore, je ne connais que peu de chose sur le Japon et sa culture.
Mais j'avoue apprécier cette sérénité, qui est loin de nos romans aux envolés lyriques. C'est reposant, même s'il faut quand même noter chez l'auteur japonais, une certaine fatalité ... acepter les choses comme elles sont, puisque de toute façon il ne peut en être autrement.

Citations :

- Il me semble qu'un homme est bien fou de vouloir qu'un autre le comprenne.

- [extrait de la lettre de la jeune femme dont la mère est décédée] "Toutefois, en y réfléchissant aujourd'hui, je me rappelle que je fus choquée de la trouver revêtue de ce "haori" de soie. Elle paraissait si belle que je n'exagère pas en disant qu'elle semblait éblouissante. Et pourtant, dans le même moment, on eût dit qu'elle était en proie à un sentiment de profonde solitude. Je n'avais jamais remarqué cette attitude chez elle. Midori entra à ma suite dans la chambre. Après avoir crié "Comme c'est beau !" elle s'assit un instant sans parler, comme fascinée, elle aussi par la splendeur du "haori".
Toute la journée, je me rappelai cette splendeur, mais aussi l'effrayante solitude que révèlait à mes yeux clos le dos de Mère couvert du "Haori". C'était comme si un morceau de plomb froid s'était glissé au plus profond de mon coeur.

- [extrait de la lettre de sa femme] La veille de la mort de Saïko-San, je vins pour la dernière fois m'informer de sa santé. Ce jour-là, après plus de dix années, je tressaillis en revoyant le même haori, dont l'image, comme un cauchemar, s'était imprimée sur ma rétine, il y avait si longtemps, en cet éblouissant matin ensoleillé, à Atami ! Ce même haori, avec ses chardons mauves, énormes, bien apparents, pesait lourdement sur les frêles épaules de ta chérie, rongée pas son mal ! Quand j'entrai dans sa chambre, je m'écriai :"Magnifique!" Puis je m'assis et m'efforçai au calme. Mais, en pensant aux raisons qui lui faisaient porter le haori sous mon nez, je sus que j'allais perdre mon sang(froid. Le crime d'une femme qui avait volé son mari à une autre femme, l'humiliation ressentie par une fille de vingt ans qui venait de se marier, ces deux choses ne pouvait manquer de demander un jour où l'autre réparation. Et ce jour, semblait-il, était arrivé ! Je dévoilai mon secret, auquel je n'avais jamais fait la moindre allusion depuis plus de dix ans et je l'étalai devant le haori orné de chardons :
"Votre haori vous rappelle des souvenirs n'est-ce pas ?" dis-je.
Elle eut un cri de surprise, bref, presque inaudible et se tourna vers moi. Je la regardai fixement dans les yeux, car c'était à elle de détourner le regard.

- [extraits de la lettre de feu la maitresse]
Quelle étrange chose qu'une lettre posthume ! Même si la vie enfermée dans cette lettre ne doit durer que quinze ou vingt minutes, oui, même si cette vie doit avoir cette briéveté, je veux te révéler mon "moi" profond. Aussi effrayant que cela paraisse, je sens bien, maintenant, que de mon vivant je ne t'ai jamais fait voir mon "moi" véritable. Le "moi" qui écrit cette lettre est mon moi, mon véritable"moi".

- Dans le spectacle du bateau qui avait flambé et que la mer avait englouti, sans que nul s'en aperçût, il me semblait avoir vu le symbole de la fin réservée à notre amour sans espoir. Même à l'heure où j'écris ces mots, je conserve la vision de ce bateau dont les flammes brillaient dans l'obscurité. Ce que je vis, cette nuit-là, à la surface de la mer, n'était, sans doute, que le supplice aussi bref que pathétique d'une femme consumée par les feux de l'amour.

- "Péché", "péché", "péché". J'étais obsédée par le sens du péché, et à chaque instant l'image de la mort venait frapper mon regard. Je pensais que, si Midori-san venait à apprendre ntre amour, je devrais payer mon péché de ma mort. Mais mon bonheur y gagnait encore en profondeur.

- Il a fait son apparition cet après-midi. Quand Midori-san vint prendre de mes nouvelles et pénétra dans ma chambre, je portais le haori de soie gris mauve, que, voici bien longtemps, tu avais fait venir pour moi de Mito City et que, pendant ma jeunesse, j'aimais plus que tous mes autres vêtements. Midori-san le remarqua dès son entrée. Elle parut étonnée, car elle s'arrêta au milieu de ce qu'elle avait commencé à dire, et resta un moment silencieux.

- "Quand Midori-san découvrira notre secret, je mourrai", avais-je songé. Que cette pensée était ridicule ! "Péché", péché", "péché', avais-je écrit. Combien ce mot était vide de sens ! Un être qui a vendu son âme au diable est-il nécessairement un diable ? Avais-je trompé Dieu, comme je m'étais trompée moi-même pendant treize ans ?




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Published by Simplement Cat - dans livres et citations
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commentaires

sieglind la dragonne 22/09/2007 10:04

Pas mal le thème, et il sort un peu de la norme en plus.. Je note. Bises Cat

Simplement Cat 22/09/2007 17:49

bisous Dragonne

stella:0040: 20/09/2007 12:41

ça me parait un peu compliqué l'histoire et les conséquences inattendues... à voir !Bisous

Simplement Cat 20/09/2007 17:24

mais non l'histoire n'est pas compliquéun homme écrit un poèmeun jour il reçoit une lettre d'un autre homme prétendant être le personnage de ce poèmeet cet homme joint  à son courrier trois lettres. La première d'une jeune fille dont la mère vient de se suicider à cause de son amour impossible pour l'homme qui se reconnait dans le poèmela seconde est de la femme de cet hommeet la troisième est de la maitresse décédée.chacune des lettres montre comme elles ont vécu cette histoire d'amour interdite et le suicide de la maitresse.bisous

Jean-Yves 20/09/2007 09:48

Une revue de chasse. 3 cartouches. 3 personnes meurtries qui essaient, chacune à leur façon, de rester dignes. Emouvant, ton article.Il me semble qu'un homme est bien fou de vouloir qu'un autre le comprenne.Et pourtant, c'est la tentative de chacune de ces trois femmes... Ce n'est pas parce qu'un acte est impensable qu'il ne faut pas le tenter...

Simplement Cat 20/09/2007 17:32

j'ai eu beaucoup de mal à écrire cet article, ça m'a pris une semaine ... je naviguais en plein flou moi même, l'envie m'ayant abandonnée.j'aime la citation que tu as mise en relief, je crois pourtant qu'elle est juste, même si je pense qu'on trouve toujours quelqu'un qui peut nous comprendre au moins sur certaines choses.rho, ben tu sais, moi, je tente tout, parce que le ridicule ne tue pas ... parce que tenter des choses dans un acte de sincérité, n'est jamais vain ... bisous

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