Texte Libre
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Pensez à la petite Maddie, enlevée au Portugal,

Après je les ai détesté. Cela a été en empirant.
Il y a eu mon anniversaire. Oublié.
Il y a eu la fête des mères. Je me suis vengée, j'ai envoyé la carte à la fête des pères.
Il y a eu le retour. On allait au cimétière. On était sur la route rapide. Lisa devant, maman derrière. Lisa parle "maman elle dit que les morts ils ont pas besoin de fleurs, qu'on ferait mieux de penser aux vivants"... si on n'avait pas été sur la voix rapide, j'aurais arrêté la voiture, je serais descendue, j'aurais ouvert la portière et j'aurais giflé ma mère. Je l'aurais fait.
J'ai rien dit.
Le 15 juillet. Maman a 50 ans. Je bois beaucoup. Je dis que je suis là malgré moi. Je dis que je prends sur moi. Ma tante comprends ce que je veux dire. Mon aînée, nan. Pas grave. Elle et moi, on ne s'est jamais comprise.
Et puis, le 16 juillet. Les insultes pleuvent sur ma tête. Une fois de trop. Cela a été une fois de trop pour moi.
Le 17 je suis retournée à Orléans. Je ne voulais plus la voir. Plus lui parler.
Il a fallu du temps, beaucoup de temps. Lisa en a souffert.
Je n'ai refait qu'une fois Noël avec eux. Une seule fois. En sept ans. De toute façon, je ne fais pas vraiment partie de cette famille.
Le poids de la culpabilité. J'ai demandé pardon à une morte, cette nuit-là. Je lui ai demandé pardon, parce que je ne suis pas restée auprès d'elle, la dernière fois, à l'hopital. J'ai demandé pardon car j'avais laissé ma mère me tirer loin d'elle. J'ai demandé pardon parce que j'ai toujours eu l'impression de l'avoir abandonnée. J'aime pas avoir l'impression d'abandonner les gens que j'aime. J'aime pas. C'est juste que des fois, moi je peux plus, je ne sais plus.
Cela fera 7 ans le 26 avril qu'elle est partie. 7 ans le 29 que j'ai vu son visage une dernière fois. 7 ans. C'est un cycle, 7 ans.
Je crois que c'était le moment pour moi de dire. D'en parler. De ne plus garder en moi. Et puis, l'écrire, c'est être obligé de regarder en face. Et maintenant, mon deuil est fait ... j'accepte qu'elle ne soit plus là, qu'elle ne sera plus jamais là, en dehors de cette tombe en marbre rose, de nos souvenirs ... et de mes rêves.
Commentaires
oui, les souvenirs ...
bisous grand maitre
Cat,
Comme ta mère, j’ai longtemps pensé que les fleurs, il valait mieux les réserver aux vivants. Ce que je n’avais pas alors intégré, c’est que lors d’un enterrement ou autre forme de cérémonie, les fleurs apportées, déposées sont là aussi pour aider les vivants qui sont présents. Elles sont un peu comme un signe pour dire son souvenir et tout à la fois que la vie ne s’arrêtera pas avec ce décès, si douloureux soit-il.
Je respecte maintenant cet acte comme un véritable besoin pour la personne qui le fait. Aujourd’hui, je ne ferai plus de réflexions, sur les actes de chacun pour manifester ses émotions dans de telles circonstances.
Je crois, qui plus est, que les rites anciens (les fleurs, le repas après la cérémonie…) étaient finalement bien pensés : en permettant à chacun – si ce n’est de s’ouvrir à sa propre souffrance – au moins de ne pas être totalement refermé sur elle…
Je crois que Marie arrive cette fin de semaine.
Bon week-end à toutes les deux. Avec mes meilleurs sentiments.
Jean-Yves
coucou Jean Yves,
je n'avais jamais réfléchi au pourquoi on mettait des fleurs ... pour ma part, c'est plus une façon de dire que l'on oublie pas ... que parce que c'est fini physiquement, on passe à autre chose et on n'y revient pas ... c'est comme plus sympa une tombe avec des fleurs que sans rien ... un rituel ..
Pour ce qui est du repas après, c'est je pense une façon aussi, de sortir de la douleur de l'enterrement lui-même, de souffler ... une transition qui permet un retour à la vie ...
Oui Marie est arrivée vendredi soir ... et elle repart en début de soirée ... contente ;)
Bonne fin de dimanche pour toi et Philippe.
Bisous
Première fois que je viens sur ton blog..
Je suppose que c'est insignifiant ce que je vais dire mais je te souhaite vraiment d'avancer ; tu n'as vraiment rien à te reprocher je trouve. Mais tu n'as pas l'air d'avoir une grande estime pour toi , ce qui est vraiment dommage car en te lisant ça se "voit" que tu es une personne bien. Ne t'inquiète pas t'es pas la seule en tous cas, je comprends largement ce que tu ressens.
Ouais aussi un truc, le repas après je trouve ça tellement malsain...
Bon courage Cat.
et on a toujours des choses à se reprocher ... mais bon, le passé est le passé ...
non, je ne trouve pas ça malsain le repas après, je trouve que ça a permis de se retrouver ... autrement ...
bon dimanche Julien
Hello,
Quand je parlais du repas, c'était uniquement me concernant ; je ne faisais aucun jugement sur votre façon de faire à toi et ta famille( chais pas si je suis clair, pas trop hein ? )
Bref, je voulais pas qu'il y ait de malentendu.
Bonne journée :)
et puis, je voulais préciser, le texte a un an maintenant ... beaucoup de choses ont changé pour moi ... depuis que je l'ai écrit ... j'ai pas mal changé aussi ... je change lol lol
bonne journée
Ca me replonge en arrière.
Ma propre lâcheté.
On a beau se dire: c'est différent mais les faits sont là, je n'ai pas voulu revoir ma grand-mère les deux ans ayant précédé sa mort.
Les raisons sont différentes.
Je ne pouvais plus supporter de ne pouvoir agir quand j'entendais la femme de mon père frapper cette dernière.
Et que personne ne voulait m'entendre.
Cette vieille, personne ne l'aimait plus, et moi j'étais la seule.
Mais je ne pouvais rien faire.
On la gardait pour la pension. En vie, je dis bien.
Et pour des héritages.
Mais je les génais. Alors ils m'ont saquée.
Je ne suis jamais revenue.
La veiile de sa mort, ils ont tous filé via l'Espagne pour essayer de mettre la maison achetée par mon père au black et sous le nom de ma grand-mère.
Moi, j'étais sur la route, avec ma soeur, ma fille et mes deux nièces.
Les larmes coulaient tout au long des 600km me séparant d'elle.
Je l'ai vue une dernière fois, fossile vivant, assomée de morphine.
Mais en vie.Inconsciente.
Elle est morte à l'aube le lendemain.
Ils ont dû rebrousser chemin avant la frontière espagnole. Ils n'ont pas touché le dernier héritage. Quant à la maison, je m'en fiche.
C'était en 98 et je n'ai jamais amené de fleurs.
Bisous, Cat. Un peu sonnée, là. Nicole
nous, elle était malade, et elle a été bien traitée ...
moi j'étais dépressive et j'en voulais à la terre entière, à elle aussi de m'abandonner en mourant ...
le décès de mon grand père est différent, je n'ai plus cette colère en moi ... les choses sont différentes ...
comme quoi on avance quand on tire des leçons de la vie ;)
bisou bisou
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j'espère que d'avoir réussi à en parler t'as enlevé le poids de la culpabilité,que tu as réussi toi à te pardonner
et puis non tu ne l'as pas abandonnée pour preuve tes mots....
si tu pouvais essayer de t'aimer autant que tu sembles aimer les autres...
bonne semaine Cat
si elle m'a pardonnée ... mais il n'y avait rien à me pardonner ... finalement !
En fait, c'est plus moi, vis-à-vis de moi ... oui, je pense que je me pardonne de n'être finalement pas parfaite, pas toujours à la hauteur ... ce qui ne veut pas dire, que je ne continuerais pas à essayer d'être meilleure ...
pour ce qui est de m'aimer, j'y travaille ... et je crois même que je m'aime un peu ...
Merci de ta visite Carole, bonne semaine à toi aussi