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Le Chat de Phoebe




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Le blog des Bundy en Guyane

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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 01:10

 

Le livre :

Philippe est fils unique. Devant les silences de ses parents, concernant leur histoire, il s'est inventé l'histoire de ses parents. Et puis, le temps, l'âge, des détails viennent le titiller, et il comprend que l'histoire qu'il a imaginé n'est pas l'histoire de ses parents.
Le frère qu'il s'invente, comme un pendant meilleur, plus fort, plus fidèle à ses parents. Ce chien en peluche qu'il fait sien et dont il ne sait à qui il appartient ... et puis un jour, Louise, l'amie fidèle des parents, le témoin de l'histoire de ses parents, un jour, quand le moment est le bon, quand elle sait que le moment est le bon, elle raconte à Philippe, la vraie histoire de ses parents.


Ce que j'en ai pensé :

Comment pourrais-je expliquer, faire comprendre à mon entourage que je choisis les trois quarts de mes lectures sur un titre, sans bien souvent ne jamais lire le quatrième de couverture. C'est ainsi, je vois un titre, un livre, une couverture, et il se passe quelque chose. Je l'achète, et le moment venu pour moi ... dans la semaine qui suit l'achat, cela peut être plus d'une année après ... je l'ouvre, je me plonge dedans, je me laisse surprendre.
La surprise fut une nouvelle fois très grande. Perturbante même. Constater qu'une nouvelle fois, inexorablement, je me retrouve plongée dans cette histoire là ! Oui, encore une fois ... j'ai acheté en toute inconscience, un livre qui évoque les juifs, la déportation ... encore une fois, j'y reviens ... J'étais à des lieux d'imaginer que Un secret puisse évoquer cette histoire-là. A croire qu'elle me hante au point que je trouve les livres qui l'évoquent sans même les ouvrir ... juste par un simple ressenti. Je ne crois ni au hasard, ni aux coïncidences. Alors ... pourquoi ? Je vais finir par penser qu'il y a 95 % des livres qui parlent de cette histoire-là !

Sortie de ces considérations ... qu'ai-je pensé du livre ? ... une autobiographie, une photographie écrite d'un moment précis de la vie de Philippe Grimbert. Au début, comme j'ignorais de quoi il retournait, je ne comprenais pas le but de l'auteur, je ne comprenais pas ce qu'il allait raconter, où il voulait en venir. Je savais juste qu'il allait révéler une chose importante pour lui.
Ce livre est simple, court et tout en pudeur. Jamais méprisant. Jamais larmoyant non plus. Mais, touchant, intimiste.

L'auteur se raconte. Il explique que l'histoire de ses parents, celle dont il ignorait tout, avait une incidence sur sa vie, sa manière d'être, son physique même. Il n'arrivait pas à être lui entièrement, il manquait quelque chose. Il s'était inventé ce quelque chose, mais ce n'était pas le bon quelque chose.
Les révélations de Louise vont emboiter les mailles de sa vie à celle de ses parents. Il va pouvoir devenir lui à part entière, moralement et physiquement. Et c'est parce qu'il a vécu ça, ce cheminement qu'il est devenu un psychanaliste de renom. Parce qu'il a compris que dans les non-dits, on vole à celui qui attend une réponse une part de sa vie, cette part si importante pour se construire.
Les révélations de Louise vont d'un seul coup changer son regard sur ses parents. Pas de mépris, pas de jugement non plus. Comprendre que les gens font comme ils peuvent, que chacun porte un fardeau ... et qu'il faut savoir faire preuve de suffisamment d'humanité, de compréhension et sans doute d'humilité pour donner son avis, sans cependant ne jamais juger ... parce que les hommes sont meilleurs que leur vie ...

J'ai repensé à mon histoire. Forcément, à cette part de moi à laquelle je n'ai pas eu accès, à laquelle on m'interdit l'accès, à laquelle je n'aurais jamais accès. J'y ai beaucoup pensé. Impossible d'avancer pour moi. Et puis, un jour, pour x raisons, j'ai écrit mon histoire à moi, la mienne, puisque celle de ma famille ne m'était pas accessible. En faisant les chemins à l'envers, pour tout bien regarder en face, j'ai réussi à me reconstruire après avoir mis tant d'années à me détruire ... J'ai mis un an à me déconstruire ... et depuis six mois je me reconstruis ... je me laisse surprendre ... je donne aux choses la place qu'elles méritent désormais ... je ne leur donne plus une place démesurée ... je ne donne une grande place qu'à ceux que j'aime, et que les autres passent leur chemin ... je ne les retiens plus.
Mon secret, je l'écris depuis un an et demi maintenant ... je m'en suis libérée ... hier est passé, demain n'est pas encore ... seul aujourd'hui compte, car c'est aujourd'hui que je construis demain ...
Je ne cherche plus à savoir cette histoire à laquelle je n'ai pas accès, cette histoire qui ne veut pas de moi ... je ne cherche plus à savoir, car cette histoire, ce n'est plus mon histoire, c'est la leur, à eux ... qu'ils la gardent ... je garde la mienne ... et je l'offre à ceux qui ont eu le courage ... l'envie ... enfin à ceux qui la lisent ... qui m'ont aidé, m'aident à la continuer mon histoire ...



Citations :

- Fils unique, j'ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable à mes relations de vacances, à mes amis de passage. J'avais un frère. Plus beau, plus fort. Un frère aîné, glorieux, invisible.

- Un "m" pour un "n", un "t" pour un "g", deux inifmes modifications. Mais "aime" avait recouvert "haine", dépossédé du "j'ai" j'obéïssais désormais à l'impératif du "tais".

- Hannah applaudit avant de chercher le regard complice de Maxime. Elle n'y voit que Tania. Elle connaît suffisamment son mari pour y lire un désir fou, une fascination qu'il ne songe même pas à dissimuler. Jamais il ne l'a regardée ainsi.

- Louise a obéï, elle a cousu l'insigne à sa poitrine. Elle ne s'est pas senti la force de se dérober mais l'étoile lui pèse, plus encore que la lourde semelle de sa chaussure orthopédique.

- Au fond d'elle même une certitude avait fait son nid : rien ne pourrait empêcher ces deux-là de se retrouver.

- J'en étais là. Grâce aux révélations de Louise j'avais bâti ce récit, pour en arriver à cette nuit. Une nuit durant laquelle un petit garçon et sa mère quittaient définitivement cette terre pour entrer dans le silence. Elle scellait le destin de mes parents et allait me permettre de venir au monde, quelques années après la mort de Simon. Je ne pouvais naître qu'à cette condition : sa vigueur cédait la place à ma fragilité et il s'enfonçait dans la nuit afin que je puisse voir le jour. C'était lui ou moi, un scénario comparable à celui des corps-à-corps nocturners avec le frère imaginaire qui partageait ma chambre.

- Peu de temps après ma naissance Maxime provoquera de nouvelles tensions en faisant modifier l'orthographe de notre nom. Grinberg sera lavé de ce "n" de ce "g", ces deux lettres devenues porteuses de mort.

- Peu après je me détachais de mes parents. J'acceptais de voir les fêlures apparues sur ces perfections.

- Pourquoi serait-il allé se recueillir devant la dalle où était gravé le nom de sa mère ? Il portait ses morts en lui : ceux qui lui avaient été les plus chers n'avaient pas de sépulture, leur nom était inscrit sur aucun marbre. A plusieurs reprises, lorsque nous étions passés devant le bâitment du columbarium, il m'avait fait part de sa volonté d'être incinéré. Maintenant seulement je pouvais comprendre la véritable raison de son choix.

Environ 150 pages ... et s'il ne vous touche pas, ce livre ... s'il ne vous parle pas ... ou bien ... vous avez eu des parents parfaits ... et vous êtes parfaits vous même ... sans blessure, sans felure, sans secret ... ou vous n'êtes pas humains ...

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commentaires

J
Quand l’histoire de ses propres parents manque (ce qui est, je crois, beaucoup plus fréquent qu’on ne l’imagine), on l’écrit avec les éléments que l’on a. C’est ce que j’ai fait. Après quand la parole des parents se libère (timidement, incomplètement car « il faut toujours protéger ses enfants »), il est difficile de l’entendre car elle ne s’articule pas avec les « constructions » antérieures de l’enfance. D’autres fêlures se créent. Et malgré elles, aujourd’hui,  je comprends mieux ces secrets.
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C
tu vois, tu me surprends tu sais toujours dire ce que je n'ai pas dit ... comme si tu finissais mes cheminements de penser ...j'ai effectivement écrit l'histoire de mes parents, puisque pas accessible ... elle ne le sera jamais ... je me suis faite une raison et donc ... maintenant je suis passée à autre chose, leur histoire n'est pas la mienne ... étrangement à côté de ça, j'ai découvert une autre histoire, plus proche de moi, celle de mes grands-parents, de mon grand-père, de ma grand-mère ... surtout du côté de mon grand-père, mais ma grand-mère n'est jamais laissée à l'écart ... cette histoire là me correspond plus et m'appartient plus, parce que dans cette histoire là, j'ai ma place, j'y ai toujours eu ma place ... être l'arrière petite fille de ... la petite fille de ... etc ... être faite de leur bois ...tu as bien raison, entendre la vérité casse les idées, et créer d'autres felures ... mais la vérité est quand même toujours mieux, parce que, cela nous permet de nous construire sur du vrai et pas sur du vent, et surtout de mieux comprendre les pourquoi des choses ...<br />  
N
Non seulement tu donnes vachement envie de le lire, mais il m'a été conseillé par ailleurs. Alors si je le trouve à la biblio..
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C
lis le ... il est bien ... vraiment bien ...
B
J"ai lu ce livre il y a deux mois, pk une amie me l'avait prété en pensant que l'histoire me plairait et elle avait bien raison !  Ton analyse est assez proche de ce que j'ai ressenti  a la lecture.  Je continue de penser que pire que de ne pas avoir une famille "parfaite", il y a le fait de ne pas avoir de famille, donc...il faut accepter ce que l'on a , et cette belle phrase que tu cites, le fait que "les hommes soient meilleurs que leur vie ne le laisse  à penser" ! resume bien des choses, Laura
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C
car les hommes sont meilleurs que leur vie  de Liliane Guignabodet ... encore un livre que j'ai acheté sur le titre ;)bonne soirée
A
Merci à toi de nous faire partager tout ça.
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C
merci à vous de me lire
S
Tu me rassures, je ne suis pas la seule à prendre un bouquin juste pour son titre (parfois je me plante allègrement par contre, souvent même)Je ne connais pas celui-là, évidemment, mais vu la somme de papier que tu "dévores" j'aurai du mal à tenir la distance hé, hé.Bises et bonne journée Cat
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C
tu me fias rire et avec le nez bouché ce n'est pas simple lol lol lol ...euh, là j'vais être plus longue, je lis "la vie d'anne frank" de Melissa Muller ... merci Marie ;)donc je vais être plus longue ... ce n'est pas un roman, c'est une biographie ...je me trompe rarement sur les livres ... mais par contre, même si je les achète je ne les lis que lorsque l'envie est irrésistible de me plonger dedans ... je trouve ainsi que je le lis toujours au moment où c'est nécessaire dans ma vie ...<br /> bisous dragonne