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Le Chat de Phoebe




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Le blog des Bundy en Guyane

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1 décembre 2006 5 01 /12 /décembre /2006 00:50

 

Le film :

Montauban, 1944.
Clara, Julien et Florence coulent des jours heureux malgré la guerre. Lui est chirurgien, il ne fait pas de politique, soigne tout le monde. Clara s'occupe de Florence, la fille de Julien, devenue la sienne.
Et puis, la fin de la guerre se profilant, la gestapo menaçant Julien de représailles contre sa famille, il décide d'envoyer Clara et Florence dans son château, pour les protéger. Mal lui en a pris. Des allemands envahissent le village, prennent possession du château, tuent les villageois dans l'église, viole et brûle Clara, vive ... assassine Florence.
Julien arrive peu de temps après au village, découvre le drame, et se venge, en tuant un à un les auteurs qui ont brisé sa vie en volant la vie de celles qu'il aimait.


Ce que j'en ai pensé :

Vous l'avez appris, Philippe Noiret est mort d'un cancer, la semaine dernière. Quand j'ai vu l'info sur le forum, j'ai pensé de suite au vieux fusil. Pour moi, il est le vieux fusil, c'est le film que je garderai de lui.
Le vieux fusil, ils sont tous morts ... Romy Schneider, Jean Bouise, Philippe Noiret. Tous, tout a une fin ... la vie a une fin.

La vie a continué durant la guerre. Pour beaucoup de personnes. La guerre faisait parti du quotidien mais n'était pas le quotidien.

Plusieurs niveaux de lecture sur ce film.

La guerre. Les allemands sont en pleine déroute. Ils ont peu de scrupules, se servent, sont à l'image de leur chef, Hitler. Non, je ne mets pas tous les allemands dans le même panier. Je parle de ceux du film. Et il faut le dire, ce que montre le film est aussi arrivé. Des allemands ont bien massacré des villages entiers. C'est un fait avéré. En temps de guerre, on tue, on viole, on massacre, on vole ... il n'y a pas de scrupules, pas de pitié. Il y a la guerre. Il n'y a même pas tu es pour ou contre nous, il y a la guerre. Il n'y a pas de civils et de militaires, il y a des ennemis. Un français était un ennemi pour les allemands, encore plus au moment de la défaite qui se profile. Inconscience de l'humanité, monstruosité. Je ne sais comment on peut en arriver à tuer pour le plaisir, parce que c'est ce qu'ils font, le plaisir, des machines à tuer, ce ne sont plus des hommes, ce sont des monstres humains.

Les Dandieu. Ils vivent la guerre comme ils peuvent. Clara et Julien se sont rencontrés juste avant la guerre. Ils s'aiment, ils sont la vie.

Julien.
Il est calme, ce n'est pas un héros, ce n'est pas un lâche, ce n'est pas un monstre, c'est un homme heureux qui vient de perdre sa raison de vivre.

Quand il découvre le massacre, il n'est plus lui-même. Il devient la bête qui se trouve en chacun de nous. L'instinct animal se réveille. Venger, se venger. Prendre ce qu'ils ont pris. Prendre leur vie. Une vie vaut une vie. Ou comment un homme serein franchit la ligne et devient tueur quand on lui vole sa vie.

Ce qui est intéressant dans ce film, ce sont les magnifiques moments de tendresse et de bonheur qui viennent couper ce que Julien fait. Le but évident est d'amener à comprendre le geste de Julien. La destruction entraine la destruction. Il y a un moment où la douleur humaine prend le pas sur la raison humaine, c'est l'instinct animal qui est en nous qui devient raison humaine.
Julien connait son château, c'est la maison de son enfance. Il est seul, ils sont nombreux, armés. Il n'a qu'un fusil, et le but, amplifié par la douleur, l'horreur. Un à un ... du petit au plus gradé.

A la fin, quand ils repartent vers la ville, Julien est dans le déni de la mort de Clara. Il en prend peu à peu conscience. La douleur, la vengeance, la mémoire.

Un chef d'oeuvre du cinéma français, avec des monstres sacrés ... à voir, à découvrir.


Le film est interdit au moins de 12 ans.

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commentaires

Kromatic - Nato 02/12/2006 18:38

J'avais cu ce film à sa sortie, il ya donc longtemps. Je l'ai revu, et j'ai trouvé qu'il n'avait pas "veilli" comme on dit. Toute la puissance de jeu de Noiret entre retenue et violence. Une métaphore contre la guerre et ses dérives. Je ne crois pas non plus qu'il s'agisse d'une vengeance au sens classique. Quand on a tout perdu qu'est-ce qu'il reste à perdre rien. Je pense que le héros n'a plus que cela pour affronter son drame. De plus on comprend très bien que ce régiment allemand a outrepassé son pouvoir.. Grand film.

Cat 02/12/2006 20:14

non, tu as raison il n'a pas vieilli. C'est bien ce qui fait les grands films.oui je suis d'accord avec toi. Ce n'est pas une vengeance classique, pour moi, c'est l'instinct animal qui reprend le dessus

moebius 02/12/2006 17:38

Très bon acteur, je l'aimais beaucoup dans les films de Tavernierune voix très belle, un jeu subtile, c'est un seigneur.Le vieux fusil est évidemment un film touchant qui restera dans la mémoire collective.

Cat 02/12/2006 18:48

une présence ...

Jean-Yves 02/12/2006 12:59

Je précise que je n'ai pas revu ce film lors sa diffusion pour rendre hommage à Philippe Noiret. Peut-être que ma mémoire me fait un peu défaut… Mon histoire personnelle (avec mon père, j'entends) n'est sans doute pas indépendante à mon commentaire ci-dessus.
Il reste que je trouve les émotions tellement fortes qu'elles peuvent conduire à une lecture manichéenne du bien et du mal même si ce n'est pas le sens profond de ce film : Julien vit une situation telle que le spectateur peut en venir à lui donner raison dans sa vengeance.
Les émotions font souvent « mentir » nos pensées et nous font agir parfois inhumainement. C’est vrai pour Julien, c’est vrai aussi pour le spectateur qui doit prendre distance avec les émotions que le film lui « impose ».

Cat 02/12/2006 18:40

oui, je comprends. Je ne donne pas raison à Julien, mais je comprends que parfois la douleur face perdre toute logique sur la raison humaine ... je pense que c'est ce qu'a voulu montrer le réalisateur, qu'un homme tranquille, simple a basculé dans la folie devant l'horeur ...
Oui, nos émotions, j'ai appris à attendre avant de couper net, je réfléchis maintenant, même si j'arrive au même résultat, au moins j'ai réfléchi pour être sûr que c'est ce que je voulais, ne voulais pas ... je dis que je digère mes émotions, cela me permet aussi d'être sans doute moins agressive...
Bisous Jean Yves

Ano 02/12/2006 09:31

C'est vrai Cat, ce film m'a fasciné quand je l'ai vu pour la première fois, mélange d'amour de la vie, d'un homme et d'une femme, de la passion, de l'horreur injuste et de la vengeance d'un homme brisé poour qui même sa vie ne compte plus... Bisous..
Et cadeau si j'y arrive, huit extraits du film à partir du premier envoyé, je croise les doigts... Si ça ne marche pas, copier coller le lien ci-dessous dans votre fenêtre de recherche...
http://www.dailymotion.com/visited/search/noiret/video/xed1k_le-vieux-fusil-18
Les vidéos...
 


Le vieux fusil 1/8envoyé par Lenerver

Cat 02/12/2006 18:34

Merchi pour le lien :D

Jean-Yves 02/12/2006 07:59

Je n’aime pas totalement ce film (qui date de 1975) car il joue trop ( ?) sur les émotions. Je ne nie pas les horreurs de la guerre et les actes inhumains, sanguinaires, impitoyable qui ont pu être commis. Mais je supporte difficilement ces films qui permettent d'enraciner la haine entre les peuples (je sais, ce n’est pas le but de ce film et pourtant, je me demande s’il n’y a pas participé, involontairement sans doute, « ces salauds d’allemands en déroutent… ») :
En temps de guerres, tous les hommes, quels que soient leurs camps, ont commis des atrocités. A la libération, les résistants de la dernière heure (comme je les nomme) en ont profité pour régler des comptes tout personnels : assassinats à bon compte…
Je suis par contre entièrement d’accord avec toi sur le processus de haine très bien montré dans ce film : quand Julien lui-même devient la bête ; quand son instinct animal se réveille ; quand un homme serein franchit la ligne et devient tueur quand on lui vole sa vie.
Je reconnais aussi que « Le vieux fusil » n’est pas manichéen comme de nombreux films de guerre américains.

Cat 02/12/2006 08:16

c'est étrange, j'y ai vu un film qui montrait que tous les français n'avaient pas été égaux. Quand au début, la gestapo vient dans l'hopital de Julien chercher un partisan, et que Julien demande à l'officier allemand de faire quelque chose, il lui répond, ce ne sont pas mes affaires, c'est une affaire de français à français. Et ce mec de la gestapo, qui lui rappelle, que la fin de la guerre est proche et que sa famille pourrait subir des violences.Non, je pense qu'il est bien montré, hors le drame du village, que tous les français n'ont pas été du même "bord", et idem pour les allemands.Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un film contre les allemands. Je pense que c'est une métaphore de ce qui se passe en temps de guerre. Il y a ceux qui sont réglos et les autres ...

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