livres et citations

Mardi 17 mai 2005

"Mais quand il ne restera plus rien, on pourra encore aseptiser le vide, cisailler l'inexistant pour lui couper les ailes, souffler sur les restes de fumées mauves des cendres d'amour."

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Mardi 17 mai 2005

"Quand tu es pinté...évite de faire ton courrier ! "

Par cat
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Lundi 23 mai 2005

Nourritures Terrestres, 1897, Gide.

 

Ne désire jamais, Nathanael, regoûter les eaux du passé. Nathanel, ne cherche pas, dans l'avenir, à retrouver jamais le passé. Saisis de chaque instant la nouveauté irressemblable et ne prépare pas tes joies, ou sache qu'en son lieu préparé te surprendra une joie autre.

Que n'as-tu donc compris que tout bonheur est de rencontre et se présente à toi dans chaque instant comme un mendiant sur ta route. Malheur à toi si tu dis que ton bonheur à toi est mort parce que tu n'avais pas rêvé pareil à cela ton bonheur - et que tu n'admets que conforme à tes principes et à tes voeux.

Le rêve de demain est une joie, mais la joie de demain en est une autre, et rien heureusement ne ressemble au rêve qu'on s'en était fait ; car c'est différemment que vaut chaque chose.
Je n'aime pas que vous me disiez : viens, je t'ai préparé telle joie ; je n'aime plus que les joies de rencontre, et celles que ma voix fait jaillir du rocher ; elles couleront ainsi pour nous, neuves et fortes comme les vins nouveaux abondent du pressoir.

Je n'aime pas que ma joie soit parée, ni que la Sulamite ait passé par des salles ; pour l'embrasser je n'ai pas essuyé de ma bouche les taches que les grappes avaient laissées ; après les baisers, j'ai bu du vin doux sans avoir rafraîchi ma bouche ; et j'ai mangé du miel de ruche avec sa cire.

Nathanael, n'apprête aucune de tes joies.

 



L'abandon.
Camille Claudel.
                                  

Par cat
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Mercredi 25 mai 2005

Cette citation débute le roman Juillet de Marie Laberge. Elle est de Fernando Pessoa.

 

" J'avance lentement, mort, et ma vision n'est plus mienne, elle n'est plus rien : c'est seulement celle de cet animal humain qui a hérité sans le vouloir de la culture grecque, de l'ordre romain, de la morale chrétienne et de toutes les autres illusions qui forment la civilisation où, moi, je ressens.
Où sont les vivants ?"

 

Par cat
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Mercredi 1 juin 2005

Arfffffffff................je viens de taper l'article j'enregistre et hop retour à la page d'acceuil.....je disais donc....

 

Je vais relire Boris Vian J'irai cracher sur vos tombes et Les morts ont tous la même peau....on parlait de lui hier avec Aude Wie...j'ai eu envie d'y retourner..y refaire un petit tour...

Quelques citations du Monsieur Vian...

 

"Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les gens, c'est celui de chacun"

 

" Le malheur avec un type intelligent, c'est qu'il n'est jamais assez intelligent pour ne pas se dire qu'il est le plus intelligent"

 

"le génie est une longue patience, c'est une réflexion de génie pas doué"

 

"C'est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde"

 

"Les prophètes ont toujours tort d'avoir raison"

 

"Le plus clair de mon temps, je le passe à l'obscurcir"

 

"Supprimez le conditionnel et vous aurez détruit Dieu"

Par cat
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Vendredi 3 juin 2005

 

Le Petit Prince de Saint-Exupéry.

 

"[...], mais j'ai horreur des courants d'air. Vous n'auriez pas un paravent ?

'Horreur des courants d'air...ce n'est pas de chance, pour une plante, avait remarqué le petit Prince. Cette fleur est bien compliquée...'

       - Le soir vous me mettrez sous globe. Il fait très froid chez vous. C'est mal installé. Là d'où je viens....

Mais elle s'était interrompue. Elle était venue sous forme de graine.
Elle n'avait rien pu connaitre des autres mondes. Humiliée de s'être laissé surprendre à préparer un mensonge aussi naïf, elle avait toussé deux ou trois fois, pour mettre le petit Prince dans son tort :
      
     - Ce paravent ? ...
     - J'allais le chercher mais vous me parliez !

Alors elle avait forcé sa toux pour lui infliger quand même des remords.
Ainsi le petit Prince, malgré la bonne volonté de son amour, avait vite douté d'elle. Il avait pris au sérieux des mots sans importance, et était devenu très malheureux.

"J'aurais dû ne pas l'écouter, me confia-t-il un jour, il ne faut jamais écouter les fleurs. Il faut les regarder et les respirer. La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m'en réjouir. Cette l'histoire de griffes, qui m'avait tellement agacé, eût dû m'attendrir..."

Il me confia encore :

"Je n'ai alors rien su comprendre ! J'aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. Elle m'embaumait et m'éclairait. Je n'aurais jamais dû m'enfuir ! J'aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires ! Mais j'étais trop jeune pour savoir l'aimer."

 

 

Par cat
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Dimanche 5 juin 2005

Histoire de rire un peu...


Alexandre Pothey

"Un mari quelque peu volage
Le lendemain de son mariage
Tua sa femme à son réveil."
Moralité :
La nuit souvent porte conseil.

 

Eugène Chavette

"Pépin le bref est mort depuis bientôt mille ans"
Moralité :
Quand on est mort, c'est pour longtemps

 

Willy

"Prêtre chinois au teint de bronze
La conteuse dont il s'éprit
Entassait récit sur récit."
Moralité :
Les bons contes font le bonze ami.

 

Guiseppe Verdi

"Que nul n'entre chez moi ! dit l'auteur du "trouvère"
Et pour faire observer la consigne sévère
Il avertit sa bonne, un monstre aux traits hideux."
Moralité :
La bonne à Verdi en vaut deux.

 

Tristan Bernard

"Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre."
Moralité :
L'un deux s'ennuyait au logis.

 

Alphonse Allais

"Lorsque tu vois un chat de sa patte légère
Laver son nez rosé, lisser son poil si fin,
Bien fraternellement embrasse ce félin."
Moralité :
S'il se nettoie, c'est donc ton frère.

 

"Dans Aire-sur-la-Lys, il advint une fois,
Qu'un voyageur manquât son train. C'est une affaire
Qui n'a rien d'extraordinaire
Il s'était attardé : tant pis pour lui ma foi !"
Moralité :
Si tu ne vas pas à la gare d'Aire,
La gare d'Aire n'ira pas à toi.

 

"Lorsque, pour s'amuser, de tout petits enfants
Dérobent au lord-maire une de ses éléphants
Le pauvre homme en ressent une douleur amère."
Moralité :
Laissez les éléphants au lord-maire.

Par cat
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Dimanche 5 juin 2005

 

Firelight de William Nicholson.

 

 

« - Que savez-vous de la lueur du feu ? 

 

   - Comment ça ?

 

   - C’est une sorte de magie. La lueur du feu suspend le rythme du temps. Quand on éteint la lumière et que l’on s’installe à la lueur du feu, l’ordre des choses est bouleversé.
On peut faire ce que l’on veut.
Dire ce que l’on veut.
Etre qui l’on veut.
Mais quand la lumière revient, le temps reprend son cours.
Et tout ce qui a été dit ou fait est oublié.
On peut tout effacer.
Il ne s’est rien passé. »

 

 

 


Par cat
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Samedi 11 juin 2005

 

La Secte des égoïstes, Eric-Emmanuel Schmitt, 1994.

 

 

Un écrivain décide de lire quelque chose d’inutile et se met à la recherche de Gaspard Languenhaert…philosophe qui aurait ouvert l’Ecole Egoïste de Paris…
Imaginer, vous n’existez que parce que mon esprit vous fait exister…vous n’êtes que le fruit de mon bon vouloir…si je ne le désirais pas, vous ne seriez pas là…
Une lecture en jeu de piste…

 

 

 

 

 

 

 

Extraits :

 

- « Je venais de décider d’enfreindre la loi : j’allais lire quelque chose d’inutile ! Comme ça. Gratuitement. Transgresser les règles du chercheur, musarder, lire pour le plaisir… Un crime, quoi ! »

 

- « Ainsi, Gaspard Languenhaert avait eu raison de penser qu’il rêvait le monde puisque celui-ci avait cesser d’exister au moment même de sa disparition, oubliant de noter son absence… »

 

- « Je suis aujourd’hui qui je veux être, et je vais vous démontrer que peut-être je suis vous-même, et que vous n’êtes rien ; soit que je m’élève jusque dans les nues, soit que je descende dans les abîmes, je ne sors point de moi-même, et ce n’est jamais que ma propre pensée que j’aperçois ».

 

- «                               Automonophile

 

Dites-moi, quand êtes-vous en droit de dire qu’une chose est ?

           

                                   Cléanthe

 

Quand je la perçois.

 

                                   Automonophile

 

C’est bien ce que je voulais vous faire accorder. Ce qui est, c’est ce que je vois, je touche ou j’entends, ou ce que je me souviens d’avoir vu touché, entendu, mais rien d’autre. Ce que mous appelons le monde est la somme e nos sensations. Nous ne connaissons pas le monde lui-même, en lui-même, nous avons chacun un monde senti.

 

                                   Cléanthe

 

Voudriez-vous dire que personne ne sent le même monde ? Que chacun a un monde différent ?

 

                                   Automonophile

 

Exactement. Voyons-nous identiquement ? Sentons-nous identiquement ? Tel a la langue goûteuse, tel un nez particulièrement savoureux, tel sensibilité exquise au bout des doigts, et tel entendrait une mouche éternuer.

 

                                   Cléanthe

 

Cela est vrai.

 

                                   Automonophile

 

Il y a donc autant de mondes que de particuliers.

 

                                   Cléanthe

 

J’en conviens

 

                                   Automonophile

 

C’est donc le langage qui est cause que, par commodité, nous parlons d’un monde quand il y en a plusieurs. La disette des termes, nécessaire à la communication, nous incline à prendre le mot pour la chose.

 

                                   Cléanthe

 

Si je vous suis bien, à cause du langage, nous croyons qu’il n’y a qu’un monde alors qu’il y en a des milliers.

 

                                   Automonophile

 

Oui. Car le monde n’est que dans nos têtes. »

 

 

- « Ne vous égarez pas, ne courez pas les greniers, les archives, les bibliothèques. Ne vous dispersez pas. Rentrez chez vous. Enfermez-vous. Pensez. Ne chercher pas dans le visible ce qui est invisible. »

 

- « Je n’ai pas décidé d’être. Car déjà il aurait fallu être pour décider d’être ; ce qui recule le problème et ne le résout pas. »

 

Par cat
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Vendredi 17 juin 2005

 

Lettre d’Héloïse à Abélard.

 

 

 

            Il m’était impossible de résister en quoi que ce soit, alors j’ai eu la force de me perdre moi-même sur ton ordre. Le plus important, et le plus étonnant, c’est que mon amour s’est tourné en une folie telle que le seul être qu’il désirait, il se l’enlevait à lui-même sans espoir de le retrouver, lorsque dès ton ordre, je changeais moi-même d’habit et de cœur. Je montrais ainsi que tu étais l’unique maître de mon corps comme de mon âme.

            Jamais, Dieu le sait, je n’ai cherché en toi rien d’autre que toi-même : c’est toi que je désirais, non ce qui était lié à toi. Je n’ai attendu ni une alliance matrimoniale ni une dot, et ce ne sont ni mes plaisirs ni mes souhaits mais les tiens, tu le sais bien, que j’ai tâché de satisfaire de tout mon cœur. Et si le nom d’épouse paraît plus sacré et plus fort, le nom d’amie m’a toujours paru plus doux, comme ceux, sans vouloir te choquer, de concubine ou de courtisane : en m’humiliant davantage pour toi, je pensais acquérir une plus grande reconnaissance de ta part, et nuire aussi le moins possible à la grandeur de ta gloire. Toi-même tu ne l’as pas oublié, tu m’as fait cette grâce. Et, dans la lettre destinée à consoler un ami, celle dont je viens de te parler, tu n’as pas jugé indigne d’exposer quelques arguments par lesquels je m’étais efforcée de te détourner de notre mariage et de funestes noces. Mais tu as passé sous silence les plus nombreux, ceux qui me faisaient préférer l’amour au mariage, la liberté au lien. Dieu m’en est témoin, si Auguste, le maître de l’univers, m’avait jugée digne de l’honneur d’être son épouse et assuré la possession perpétuelle du monde entier, j’aurais trouvé plus précieux et plus digne de pouvoir être appelée ta putain plutôt que son impératrice. Car d’être plus riche et plus puissant ne rend pas meilleur : c’est simplement le hasard qui joue dans le premier cas, mais la vertu dans l’autre.

 

 

Lettre d’Héloïse à Abélard.

Première lettre d’Héloïse.
1123.

 

Par cat
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