"Mais quand il ne restera plus rien, on pourra encore aseptiser le vide, cisailler l'inexistant pour lui couper les ailes, souffler sur les restes de fumées mauves des cendres d'amour."

Les textes et les photos étant ma propriété, si vous souhaitez vous en servir, je vous remercie de m'en demander l'autorisation.
"Mais quand il ne restera plus rien, on pourra encore aseptiser le vide, cisailler l'inexistant pour lui couper les ailes, souffler sur les restes de fumées mauves des cendres d'amour."
"Quand tu es pinté...évite de faire ton courrier ! "
Nourritures Terrestres, 1897, Gide.
Ne désire jamais, Nathanael, regoûter les eaux du passé. Nathanel, ne cherche pas, dans l'avenir, à retrouver jamais le passé. Saisis de chaque instant la nouveauté irressemblable et ne prépare pas tes joies, ou sache qu'en son lieu préparé te surprendra une joie autre.
Que n'as-tu donc compris que tout bonheur est de rencontre et se présente à toi dans chaque instant comme un mendiant sur ta route. Malheur à toi si tu dis que ton bonheur à toi est mort parce que tu n'avais pas rêvé pareil à cela ton bonheur - et que tu n'admets que conforme à tes principes et à tes voeux.
Le rêve de demain est une joie, mais la joie de demain en est une autre, et rien heureusement ne ressemble au rêve qu'on s'en était fait ; car c'est différemment que vaut chaque chose.
Je n'aime pas que vous me disiez : viens, je t'ai préparé telle joie ; je n'aime plus que les joies de rencontre, et celles que ma voix fait jaillir du rocher ; elles couleront ainsi pour nous, neuves et fortes comme les vins nouveaux abondent du pressoir.
Je n'aime pas que ma joie soit parée, ni que la Sulamite ait passé par des salles ; pour l'embrasser je n'ai pas essuyé de ma bouche les taches que les grappes avaient laissées ; après les baisers, j'ai bu du vin doux sans avoir rafraîchi ma bouche ; et j'ai mangé du miel de ruche avec sa cire.
Nathanael, n'apprête aucune de tes joies.

L'abandon.
Camille Claudel.
Cette citation débute le roman Juillet de Marie Laberge. Elle est de Fernando Pessoa.
" J'avance lentement, mort, et ma vision n'est plus mienne, elle n'est plus rien : c'est seulement celle de cet animal humain qui a hérité sans le vouloir de la culture grecque, de l'ordre romain, de la morale chrétienne et de toutes les autres illusions qui forment la civilisation où, moi, je ressens.
Où sont les vivants ?"
Arfffffffff................je viens de taper l'article j'enregistre et hop retour à la page d'acceuil.....je disais donc....
Je vais relire Boris Vian J'irai cracher sur vos tombes et Les morts ont tous la même peau....on parlait de lui hier avec Aude Wie...j'ai eu envie d'y retourner..y refaire un petit tour...
Quelques citations du Monsieur Vian...
"Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les gens, c'est celui de chacun"
" Le malheur avec un type intelligent, c'est qu'il n'est jamais assez intelligent pour ne pas se dire qu'il est le plus intelligent"
"le génie est une longue patience, c'est une réflexion de génie pas doué"
"C'est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde"
"Les prophètes ont toujours tort d'avoir raison"
"Le plus clair de mon temps, je le passe à l'obscurcir"
"Supprimez le conditionnel et vous aurez détruit Dieu"
Le Petit Prince de Saint-Exupéry.
"[...], mais j'ai horreur des courants d'air. Vous n'auriez pas un paravent ?
'Horreur des courants d'air...ce n'est pas de chance, pour une plante, avait remarqué le petit Prince. Cette fleur est bien compliquée...'
- Le soir vous me mettrez sous globe. Il fait très froid chez vous. C'est mal installé. Là d'où je viens....
Mais elle s'était interrompue. Elle était venue sous forme de graine.
Elle n'avait rien pu connaitre des autres mondes. Humiliée de s'être laissé surprendre à préparer un mensonge aussi naïf, elle avait toussé deux ou trois fois, pour mettre le petit Prince dans son tort :
- Ce paravent ? ...
- J'allais le chercher mais vous me parliez !
Alors elle avait forcé sa toux pour lui infliger quand même des remords.
Ainsi le petit Prince, malgré la bonne volonté de son amour, avait vite douté d'elle. Il avait pris au sérieux des mots sans importance, et était devenu très malheureux.
"J'aurais dû ne pas l'écouter, me confia-t-il un jour, il ne faut jamais écouter les fleurs. Il faut les regarder et les respirer. La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m'en réjouir. Cette l'histoire de griffes, qui m'avait tellement agacé, eût dû m'attendrir..."
Il me confia encore :
"Je n'ai alors rien su comprendre ! J'aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. Elle m'embaumait et m'éclairait. Je n'aurais jamais dû m'enfuir ! J'aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires ! Mais j'étais trop jeune pour savoir l'aimer."

Histoire de rire un peu...
Alexandre Pothey
"Un mari quelque peu volage
Le lendemain de son mariage
Tua sa femme à son réveil."
Moralité :
La nuit souvent porte conseil.
Eugène Chavette
"Pépin le bref est mort depuis bientôt mille ans"
Moralité :
Quand on est mort, c'est pour longtemps
Willy
"Prêtre chinois au teint de bronze
La conteuse dont il s'éprit
Entassait récit sur récit."
Moralité :
Les bons contes font le bonze ami.
Guiseppe Verdi
"Que nul n'entre chez moi ! dit l'auteur du "trouvère"
Et pour faire observer la consigne sévère
Il avertit sa bonne, un monstre aux traits hideux."
Moralité :
La bonne à Verdi en vaut deux.
Tristan Bernard
"Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre."
Moralité :
L'un deux s'ennuyait au logis.
Alphonse Allais
"Lorsque tu vois un chat de sa patte légère
Laver son nez rosé, lisser son poil si fin,
Bien fraternellement embrasse ce félin."
Moralité :
S'il se nettoie, c'est donc ton frère.
"Dans Aire-sur-la-Lys, il advint une fois,
Qu'un voyageur manquât son train. C'est une affaire
Qui n'a rien d'extraordinaire
Il s'était attardé : tant pis pour lui ma foi !"
Moralité :
Si tu ne vas pas à la gare d'Aire,
La gare d'Aire n'ira pas à toi.
"Lorsque, pour s'amuser, de tout petits enfants
Dérobent au lord-maire une de ses éléphants
Le pauvre homme en ressent une douleur amère."
Moralité :
Laissez les éléphants au lord-maire.
Firelight de William Nicholson.
« - Que savez-vous de la lueur du feu ?
- Comment ça ?
- C’est une sorte de magie. La lueur du feu suspend le rythme du temps. Quand on éteint la lumière et que l’on s’installe à la lueur du feu, l’ordre des choses est bouleversé.
On peut faire ce que l’on veut.
Dire ce que l’on veut.
Etre qui l’on veut.
Mais quand la lumière revient, le temps reprend son cours.
Et tout ce qui a été dit ou fait est oublié.
On peut tout effacer.
Il ne s’est rien passé. »
La Secte des égoïstes, Eric-Emmanuel Schmitt, 1994.
Un écrivain décide de lire quelque chose dinutile et se met à la recherche de Gaspard Languenhaert
philosophe qui aurait ouvert lEcole Egoïste de Paris
Imaginer, vous nexistez que parce que mon esprit vous fait exister
vous nêtes que le fruit de mon bon vouloir
si je ne le désirais pas, vous ne seriez pas là
Une lecture en jeu de piste

Extraits :
- « Je venais de décider denfreindre la loi : jallais lire quelque chose dinutile ! Comme ça. Gratuitement. Transgresser les règles du chercheur, musarder, lire pour le plaisir Un crime, quoi ! »
- « Ainsi, Gaspard Languenhaert avait eu raison de penser quil rêvait le monde puisque celui-ci avait cesser dexister au moment même de sa disparition, oubliant de noter son absence »
- « Je suis aujourdhui qui je veux être, et je vais vous démontrer que peut-être je suis vous-même, et que vous nêtes rien ; soit que je mélève jusque dans les nues, soit que je descende dans les abîmes, je ne sors point de moi-même, et ce nest jamais que ma propre pensée que japerçois ».
- « Automonophile
Dites-moi, quand êtes-vous en droit de dire quune chose est ?
Cléanthe
Quand je la perçois.
Automonophile
Cest bien ce que je voulais vous faire accorder. Ce qui est, cest ce que je vois, je touche ou jentends, ou ce que je me souviens davoir vu touché, entendu, mais rien dautre. Ce que mous appelons le monde est la somme e nos sensations. Nous ne connaissons pas le monde lui-même, en lui-même, nous avons chacun un monde senti.
Cléanthe
Voudriez-vous dire que personne ne sent le même monde ? Que chacun a un monde différent ?
Automonophile
Exactement. Voyons-nous identiquement ? Sentons-nous identiquement ? Tel a la langue goûteuse, tel un nez particulièrement savoureux, tel sensibilité exquise au bout des doigts, et tel entendrait une mouche éternuer.
Cléanthe
Cela est vrai.
Automonophile
Il y a donc autant de mondes que de particuliers.
Cléanthe
Jen conviens
Automonophile
Cest donc le langage qui est cause que, par commodité, nous parlons dun monde quand il y en a plusieurs. La disette des termes, nécessaire à la communication, nous incline à prendre le mot pour la chose.
Cléanthe
Si je vous suis bien, à cause du langage, nous croyons quil ny a quun monde alors quil y en a des milliers.
Automonophile
Oui. Car le monde nest que dans nos têtes. »
- « Ne vous égarez pas, ne courez pas les greniers, les archives, les bibliothèques. Ne vous dispersez pas. Rentrez chez vous. Enfermez-vous. Pensez. Ne chercher pas dans le visible ce qui est invisible. »
- « Je nai pas décidé dêtre. Car déjà il aurait fallu être pour décider dêtre ; ce qui recule le problème et ne le résout pas. »
Lettre dHéloïse à Abélard.
Il métait impossible de résister en quoi que ce soit, alors jai eu la force de me perdre moi-même sur ton ordre. Le plus important, et le plus étonnant, cest que mon amour sest tourné en une folie telle que le seul être quil désirait, il se lenlevait à lui-même sans espoir de le retrouver, lorsque dès ton ordre, je changeais moi-même dhabit et de cur. Je montrais ainsi que tu étais lunique maître de mon corps comme de mon âme.
Jamais, Dieu le sait, je nai cherché en toi rien dautre que toi-même : cest toi que je désirais, non ce qui était lié à toi. Je nai attendu ni une alliance matrimoniale ni une dot, et ce ne sont ni mes plaisirs ni mes souhaits mais les tiens, tu le sais bien, que jai tâché de satisfaire de tout mon cur. Et si le nom dépouse paraît plus sacré et plus fort, le nom damie ma toujours paru plus doux, comme ceux, sans vouloir te choquer, de concubine ou de courtisane : en mhumiliant davantage pour toi, je pensais acquérir une plus grande reconnaissance de ta part, et nuire aussi le moins possible à la grandeur de ta gloire. Toi-même tu ne las pas oublié, tu mas fait cette grâce. Et, dans la lettre destinée à consoler un ami, celle dont je viens de te parler, tu nas pas jugé indigne dexposer quelques arguments par lesquels je métais efforcée de te détourner de notre mariage et de funestes noces. Mais tu as passé sous silence les plus nombreux, ceux qui me faisaient préférer lamour au mariage, la liberté au lien. Dieu men est témoin, si Auguste, le maître de lunivers, mavait jugée digne de lhonneur dêtre son épouse et assuré la possession perpétuelle du monde entier, jaurais trouvé plus précieux et plus digne de pouvoir être appelée ta putain plutôt que son impératrice. Car dêtre plus riche et plus puissant ne rend pas meilleur : cest simplement le hasard qui joue dans le premier cas, mais la vertu dans lautre.
Lettre dHéloïse à Abélard.
Première lettre dHéloïse.
1123.
pour me joindre :
catherin1972@gmail.com

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