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Le Chat de Phoebe




Les textes et les photos étant ma propriété, si vous souhaitez vous en servir, je vous remercie de m'en demander l'autorisation.



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Le blog des Bundy en Guyane

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 00:01
J'inaugure une nouvelle catégorie : Les Contes de Cat. Le premier conte s'intitule La Jeune Femme et l'Elastique. En voici la première partie. Bonne lecture !



Une jeune femme se promenait tranquillement dans une vallée. Elle errait, nez au vent, un sourire sérieusement planté au milieu du visage. Elle se disait que, décidément, la vie était belle, que la nature était une merveille. Elle n’aurait pas été jusqu’à dire que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Non, elle n’était pas à ce point inconsciente de la réalité humaine. Elle préférait juste voir la vie dans ce qu’elle offre de petits bonheurs plutôt que de se laisser submerger par ce qu’elle nommait «le pas beau».

 

Elle savait la turpitude, la manipulation des humains. Elle savait que derrière chaque côté sombre se cachait une souffrance. Elle avait bien compris que l’on ne pouvait pas sauver celui qui ne voulait pas l’être. Elle avait assimilé qu’elle ne pouvait pas faire le chemin à la place de celui qui ne voulait pas le faire.

 

Elle serait donc purement et simplement égoïste, comprenant que … avant de vouloir sauver les autres, il fallait se sauver soi-même, qu’avant de vouloir faire le chemin pour les autres, il valait mieux faire son propre chemin.

 

Ainsi, sur ce petit chemin poussiéreux, blanc et caillouteux, elle vivait sa vie à elle.

 

Elle regardait tout. Le papillon se posant sur la fleur violette. Le chien de prairie plus vif que jamais, fuyant au bruit de son pas. Le nuage en forme de chien qui semblait courir après cet autre …

 

Elle rêvait que tout allait bien pour elle. Elle rêvait de découvrir ce qu’elle n’avait pas encore vu. Elle rêvait de vivre, tout simplement.

 

Chemin faisant, elle arriva devant un pont. Mon Dieu, que ce pont est haut, se dit-elle. Il n’était pas bien large, pas bien long, mais qu’il était haut.

 

Elle n’était pas spécialement décidée à franchir ce pont. Elle avait toujours eu peur des hauteurs, parce qu’elle ne pouvait jamais s’empêcher de se pencher, de se demander ce que cela lui ferait, si elle enjambait le parapet et se jetait dans le vide. A cause de cela, elle avait fini par éviter les ponts, les hauteurs … elle avait fini par fuir ses angoisses, plutôt que de les affronter.

 

Seulement, aujourd’hui, il faisait beau. Aujourd’hui, elle sentait que c’était possible. Aujourd’hui, elle ne voulait plus vivre comme hier. Aujourd’hui, elle voulait découvrir, savoir et pourquoi pas affronter.



A suivre  ICI ...

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Published by Simplement Cat - dans Les Contes de Cat
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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 13:18

Elle s’engagea sur le petit pont, si haut. Le nez en l’air. Mais, elle était … ce qu’elle était. Pourquoi affronter ce pont si c’était sans le regarder, en niant qu’il était un pont … suspendu dans le vide, au dessus d’un ravin, très bas, très très bas. Elle finit par regarder devant elle. Puis, elle regarda le pont. Elle vit un élastique accroché sur le flanc droit du petit pont si haut. Que pouvait-il faire ici ? Il n’y avait personne. Elle n’avait rencontré personne. L’élastique ne paraissait ni jeune ni vieux. Il semblait solide.

 

Bonjour, dit l’élastique, tu peux me prendre dans ta main. Rassures toi, je ne ferais rien contre toi. La jeune femme hésita. Un élastique qui parle, quelle étrange idée.

Devant le regard intrigué mais intéressé de la demoiselle, l’élastique insista. Tu peux me faire confiance. Je ne te veux aucun mal. Je me sens un peu seul, je voudrais juste discuter un peu.

 

La jeune femme s’approcha de lui, s’appuyant contre la rambarde, mais dos au ravin, dos au vide tentateur.

 

L’élastique demanda pourquoi elle ne regardait pas le paysage.

 

- Mais bien sûr que si je le regarde ! Les montagnes sont si belles !

- Pourtant, tu ne regardes pas de l’autre côté. Ne veux-tu voir que ce qui t’intéresse ?

- Je n’aime pas le vide. Cela m’angoisse. Cela m’attire aussi. Je ne veux plus me demander ce que je ressentirais en me jetant dans le vide.

- Le vide n’existe pas. C’est une illusion de l’esprit face à l’inconnu. Le vide, tout comme le néant ne sont que des notions abstraites. C’est terrible ce que vous, les humains, vous compliquez la vie avec ce genre d’idées.

-  Bien sûr que si, le vide existe, le néant aussi.

- Donne moi un exemple de vide, s’il te plait …

- Le vide, c’est ça … ce qu’il y a entre ces deux montagnes. C’est bien pour ça que ce pont a été construit. Pour enjamber le vide laissé par la nature.

- Non, il n’y a pas de vide entre ces deux montagnes. Il y a de l’air … et il y a le ravin. Si cela porte un nom, ce n’est pas du vide. Si tu peux le définir géographiquement, ce n’est pas du vide. Si tu peux en parler, c’est que ce n’est pas du vide.

 

La jeune femme était fort intriguée par ce que lui racontait l’élastique. Elle se sentait heureuse. La peur du vide la quittait, puisque, effectivement, le vide n’existait pas dans la vision que lui en donnait l’élastique. Elle s’affranchissait d’une de ses peurs : le vide.

 

L’élastique comprenant le cheminement intérieur de la jeune femme s’aguerrit un peu plus. S’il avait si facilement réussi à la convaincre que le vide n’existait pas, il était évident qu’il pourrait la convaincre d’autres choses. Mais, très vite, il remarqua qu’il faudrait avancer étape par étape. Ne pas l’effrayer. En gros, l’élastique allait jouer de toute sa subtilité, et la manipuler.

 

-         N’as-tu pas envie de faire de nouvelles expériences ?

-         Oui, je suis exploratrice du monde. Les découvertes, la vie, la nature. Franchir mes propres barrières. Faire de nouvelles choses.

 

La jeune femme était très enthousiaste. Elle ne pensait qu’à ça, vivre. Hier étant définitivement passé, et demain pas encore là, elle voulait vivre aujourd’hui, juste aujourd’hui, et prendre ce que la vie lui présentait.

 

-         Me ferais-tu confiance ?

-         Je ne sais. Cela dépend.

-         Me ferais-tu confiance si je te proposais d’accomplir une nouvelle expérience ?

-         Je ne sais. Que proposes-tu ?

-         Me ferais-tu confiance si je t’accompagnais dans cette nouvelle expérience ?

-         Je ne sais. Dis m’en plus.

-         Je te propose de mettre le harnais.

-         Pourquoi faire ?

-         Fais moi confiance. Regarde le harnais.

-         Oui, qu’a-t-il de particulier, ce harnais ?

-         Ne vois tu pas que je suis le trait d’union entre le pont et le harnais ?

-         Ah oui. Et alors ?

 

L’élastique se disait que, finalement, la tâche ne serait pas aussi aisée qu’il lui avait paru au premier abord. Il faudrait sérieusement l’amadouer, cette jeune femme. La mettre en confiance, ne pas la brusquer, s’il voulait obtenir ce qu’il avait en tête.

 

-         N’as-tu jamais vu de sauts à l’élastique ?

-         Si bien sûr, mais l’expérience ne me tente pas. Elle me terrifie. J’ai peur du vide.

-         Oui, mais le vide n’existe pas ici. As-tu oublié ?

-         Oui, tu as raison, le vide n’existe pas, puisqu’on peut en parler. On ne parle pas du vide, on ne peut pas le voir.

-         Et bien tu vois, tu dois me faire confiance.

 

La jeune femme avait fini par se retourner. Elle affrontait la vallée, du haut de ce petit pont suspendu entre ces deux grandes montagnes. Elle avait même baissé les yeux pour voir le ravin si bas, si terriblement bas. Elle avait pensé à ce que cela lui ferait d’enjamber le pont, et de sauter dans ce vide béant. Elle y avait pensé. Elle se disait aussi que la vie la mettait face à une de ses peurs. Qu’elle était sans doute capable de l’affronter, sa peur. Qu’elle n’allait pas l’affronter seule. Il y avait l’élastique. Il était gentil. Il lui proposait de l’aider. Il lui proposait de dépasser sa peur avec lui. Elle réfléchissait, s’interrogeait. Elle ne remettait pas en cause l’honnêteté de l’élastique. Non, elle lui faisait confiance.

 

-         Je veux bien essayer, mais laisse moi un peu de temps.

-         Bien sûr, je saurais attendre, je saurais être patient. Prends le harnais. Regarde le. Essaye le, si tu veux.

-         Il m’a l’air solide. Il a l’air sérieux.

 

Elle l’enfila. Une jambe après l’autre. Elle le serra fort autour de sa taille. Elle vérifia que l’élastique était solidement attaché au harnais, et qu’elle-même était solidement attelée au dit harnais.

 

-         Qu’en penses-tu ? Tu te sens à l’aise ?

-         Oui. J’ai confiance. Je me sens bien.

-         Que dirais-tu d’enjamber le pont ?

-         Déjà, mais je m’habitue à peine au harnais ...

-         Oui, tu as raison. Attends d’être prête pour le faire. Chaque chose en son temps.

 

La jeune femme appréciait de ne pas être bousculée. Elle aimait s’habituer aux choses. Elle ne voulait plus être comme dans le passé. Elle ne voulait plus être impulsive. Elle voulait faire les choses dans l’ordre, doucement, à son rythme. Elle se réjouissait d’avoir rencontré l’élastique. Il était si doux, si attentif, si compréhensif.

 

L’élastique n’en croyait pas ses yeux. Comment pouvait-on encore faire des humains aussi … aussi quoi d’abord … confiant ? Naïf ? … Aussi quoi ? Il ne savait pas, il trouvait juste cela, étrange, tentant … Il vivait une drôle d’expérience aussi. Il était tombé sur des humains désespérés, des trop confiants, des qui s’en fichent … mais il n’était jamais tombé sur un humain aussi stupide … oui stupide … comment avait-il réussi à convaincre cet humain que ce n’était pas du vide entre les deux montagnes, le pont et le ravin ? Il l’ignorait, il l’avait simplement fait. Pourquoi ne pas continuer à jouer avec cet humain ? Pourquoi ne pas continuer pour voir ce qu’il pourrait encore lui faire croire ?

 

-         Tu te sens bien ?

-         Oui, j’ai confiance. J’ai envie d’essayer. D’ailleurs, regarde, j’enjambe le parapet.

-         Oui ! Bravo ! Tu vois, il suffit d’avoir confiance. Les peurs ne sont pas si dures à combattre.

-         Oui, j’aime bien. J’ai presque pas peur. Mais je vais attendre encore un peu avant de sauter. Il faut que je m’habitue à l’idée.

 

S’habituer à l’idée. Décidément, elle est d’un drôle, cette bonne femme. Les humains sont d’un drôle, parfois. Je vais attendre un peu. Si je ne la presse pas … Si je joue son jeu, j’arriverais à voir ce que je veux voir.

 

-         Tu te sens bien ?

-         Oui, j’ai un peu peur, mais j’ai envie de savoir. J’ai envie de savoir ce que cela fait de se jeter dans le vide, même si le vide n’existe pas, puisqu’on peut le définir, le nommer.

-         Oui, oui, le vide n’existe pas. C’est juste une notion abstraite.

-         Dis, l’élastique, tu vas sauter avec moi ?

-         Oui, bien sûr, tu vois bien que je suis accroché au pont, et au harnais, que tu es dans le harnais, donc je suis accroché à toi.

-         C’est vrai, dis ? Tu sautes avec moi ?

-         Mais oui, bien sûr. Je ne vois pas comment je ferais autrement.

-         Bon alors je me lance.

 

La jeune femme avait ainsi vérifié que l’élastique l’accompagnerait. Elle était confiante. Elle était heureuse. Elle dépassait ses peurs. Ses envies étaient plus fortes que ses peurs. Elle était vivante.

 

La jeune femme lâcha le pont d’une main.. Puis elle ôta son autre main. Elle était en équilibre. Enfin, elle sauta. Confiante. Heureuse. Elle sauta.

 

Mais très vite elle sentit que quelque chose n’était pas normal. Elle  parlait à l’élastique, mais elle l’entendait de moins en moins. Elle finit par ne plus l’entendre. Elle finit par s’écraser au fond du ravin.

 

L’élastique était toujours sur le pont. L’élastique n’avait jamais été accroché au harnais. Il avait triché. Il avait accroché un vieux bout qui traînait. Mais pas lui. Sûrement pas lui. C’était un leurre. L’élastique était pourtant bien accroché au pont, mais il n’avait jamais été assez fou pour se lier à un harnais et ainsi s’enchaîner à un humain. Il ignorait s’il devait rire ou pleurer de la stupidité de cet humain. Il l’ignorait. Il se demandait juste comment un humain pouvait être aussi confiant en quelqu’un qu’il ne connaissait pas … Il en vint juste à cette conclusion, les humains sont stupides, et c’est bien ce qui les tuera tous.

 

En bas, dans le ravin, la jeune femme était sur le ventre. Bien à plat, bien écrasée. Elle semblait dormir.

 

Mais n’allez pas croire qu’elle fut morte. Non, elle ne l’était pas. Elle était sous le choc. Abattue. Abasourdie. Fourbue. Mais elle n’était pas morte. Elle repris pied.

 

Au moment où vous lisez cette histoire, la jeune femme est assise au fond du ravin. Quelques égratignures, tout au plus. L’âme un peu abîmée. Tout au plus. Elle est assise au fond du ravin. Le harnais encore fixé sur les hanches. La tête posée entre les mains, la jeune femme se demandait où les choses lui avaient échappées. Elle avait pourtant vérifié que le harnais était accroché à l’élastique. Cette fois ci, elle avait bien fait les choses dans l’ordre. Elle avait fait attention avant de se jeter dans le vide qui, finalement n’existe pas.

La jeune femme en vint à la conclusion que, si elle venait de dépasser certaines de ses peurs, elle venait de s’en créer de nouvelles. Et pourtant, la jeune femme souriait.

 

Mais pourquoi souriait-elle ?

L’élastique lui avait menti, avait abusé de sa confiance, l’avait lâchement abandonnée.

 

Mais pourquoi souriait-elle, alors ?

 

La jeune femme souriait, parce qu’il n’y a bien que les élastiques pour croire que les humains les écoutent, puissent leur faire confiance, osent se jeter dans le vide sur leur simple bonne apparence. La jeune femme souriait parce qu’il n’y avait bien que les élastiques pour penser que les humains ne savaient pas que les élastiques ne parlent pas. Il n’y avait bien que les élastiques pour oublier  que les humains savent rêver.

Que dans les rêves, on ne meurt pas … on vit … on affronte … on dépasse … et que lorsque l’on se réveille … seul l’élastique créer par l’inconscient meurt … parce que après tout, un élastique dans un rêve, c’est comme un vide défini géographiquement … ça n’existe pas !




FIN
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