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Le Chat de Phoebe




Les textes et les photos étant ma propriété, si vous souhaitez vous en servir, je vous remercie de m'en demander l'autorisation.



en passant ...


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catherin1972@gmail.com

Un jour tu me demanderas si je préfère ma vie à toi ... je te répondrai ma vie ... et tu me quitteras sans savoir que ma vie c'est toi!

 



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Le blog des Bundy en Guyane

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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 00:37


Le livre :
Cette pièce de théâtre se déroule le soir où Anna, la fille de Freud fut emmenée par la gestapo. Freud se trouve alors confronté au choix de signer son renoncement à ses biens pour pouvoir quitter l'Autriche. Il fait aussi la rencontre d'un inconnu, qui n'est autre que Dieu. Entre la discussion entre Freud, le juif athée, et le nazi ... et celle entre Freud et Dieu ... une ébauche de philosophie ?


Ce que j'en ai pensé :
J'ai été déçue. Le sujet me semblait intéressant mais j'ai trouvé que l'auteur était tombé dans la facilité ... c'est quoi ce Dieu qui prétend avoir créé les hommes libres, du bien et du mal ... alors que toute la religion chrétienne (et les autres religions aussi d'ailleurs) impose des règles ... la liberté c'est bien de choisir ses propres règles et ne pas se les laisser imposer ...
Finalement, un Dieu comme celui de Schmitt, je n'en vois pas l'utilité, et cela correspond à ce que je pense, croire en Dieu ne sert à rien ... puisqu'il ne fait rien ... s'il nous a juste créé, pourquoi tant en parler ... je veux dire que, si Dieu était à la figure du père idéalisé, cela ne sert à rien. Je ne veux pas aimer mes parents parce qu'ils m'ont mise au monde et se sont dégagés de cette responsabilité. Certes je suis libre d'eux, mais avant d'être libre d'eux, j'aurais peut-être eu besoin d'être guidé, plutot que d'être livrée à moi même ... et même en étant libre d'eux, j'aurais sûrement besoin de savoir que si j'avais besoin de soutien et de réconfort, je sais qu'ils seront toujours là pour moi ... ce n'est pas le cas ... je sais que je ne dois rien attendre d'eux, et il y a longtemps que je n'attends plus rien d'eux ... tout attente et espoir seraient vain ... et je n'ai pas besoin d'espérer dans le vide ... et le Dieu de Schmitt est un Dieu comme cela ... un Dieu que l' on devrait remercier de nous avoir créer par amour, de nous laisser libre, mais sous certaines conditions, et d'accepter qu'il souffre de ce que nous faisons de notre liberté ... alors j'en conclus que le Dieu de Schmitt est un très mauvais père ... et que j'ai raison d'avoir choisi de ne pas croire en ce père là ... d'autant plus que, si personne n'a pu prouver qu'il n'existe pas, personne n'a prouvé qu'il existe ... donc, c'est un point du sujet qui m'a déçue, j'ai trouvé cela et facile, et superficiel ...

Ensuite, par contre (et oui, tout ne peut être négatif) ... j'ai bien apprécié l'affrontement entre Freud et le nazi. Il le met face à lui-même ... lui montre combien son raisonnement est petit et facile, combien il se déresponsabilise de sa propre vie en rejetant sur les autres ...

Donc, en fait, une chose d'intéressante dans ce livre  ... sa propre responsabilité dans ses choix et dans sa vie. On en revient donc toujours au même ... je suis responsable de ma vie, dans la mesure où, si je ne puis être totalement responsable des choses qui arrivent (pour cause de nombreux paramètres qui entrent en ligne de jeu ... voui voui, ce qui doit être sera, je continue de le penser, et chaque jour me le prouve ...) ... mais je suis complètement responsable de la façon dont je choisis de voir ma vie, de l'affronter ...

Donc, je suis quand même un peu déçue (beaucoup) par le manque de profondeur, et la superficialité ... le débat de la responsabilité de Dieu, puisqu'il l'aborde, il aurait dû le fouiller ...




Citations :

Freud :Tu es restée une petite fille. Les enfants sont spontanément philosophes : ils posent des questions.
   Anna : Et les adultes ?
   Freud : Les adultes osnt spontanément idiots : ils répondent.


- Chaque carreau révélait un monde ; il n'y a que pour les adultes ques les carreaux constituent platement un sol ; pour un enfant, chaque carreau a sa physionomie particulière. Celui-ci, dans le relief des ses irrégularités et la variation de ses coulées, racontait l'histoire d'un dragon qui se tenait, la gueule ouverte, au fond d'une grotte ; un autre montrait une procession de pélerins ; un aure un visage derrière une vitre tachée de boue, un autre ... La cuisine était un monde immense où venaient affleurer d'autres mondes, montant d'ailleurs, par les yeux borgnes des carreaux.
Et puis soudain, j'ai appelé. Je ne sais pourquoi. Peut-être pour m'entendre exister, et pour voir arriver quelqu'un. J'ai appelé. Il n'y eut que le silence.

- La nazi : C'est simple, ça m'a toujours fait ça. Quand je me trouve moche, minable, quand je me dis que je n'ai pas d'argent et que ça ne s'arrangera pas demain, quand je me dis qu'aucune femme ne voudra plus de moi, il suffit que je me retourne, ça ne râte jamais : il y a un juif qui me regarde. Le juif me rend merdeux. C'est à cause de lui, toujours. Tiens, là, en ce moment, quand je suis chez vous, et que je vois tous ces meubles, ces tableaux, ces tentures, ce bureau, tous ces livres, moi qui n'en ai pas lus, j'ai les boules dans la gorge : je sais que je suis chez un juif.
   Freud : C'est étrange : moi, lorsque je me trouve médiocre, je ne m'en prends qu'à moi-même.

- Freud : oui vous avez raison de chasser le juif. Il faut choisir son camp ! Et les exterminer ! Tous ! Car ce qui rend les juifs dangereux, c'est qu'on n'est jamais sûr de ne pas en être un !

- L'inconnu : Non s'il vous plait.
  Freud : Et vous les laissez faire !
  L'inconnu :  J'ai fait l'homme libre.
  Freud : Libre pour le mal !
 L'inconnu (l'empêchant de passer, malgré les cris qui s'amplifient) : Libre pour le bien comme pour le mal, sinon la liberté n'est rien.
  Freud : Donc vous n'êtes pas responsable ?

- L'inconnu : Pour la raison qui fait rire toutes les bêtises, pour la raison qui fait tout faire, sans quoi rien ne serait ... par amour.
Il regarde Freud qui semble mal à l'aise.
Tu baisses les yeux, mon Freud, tu ne veux pas de ça, hein, toi, un Dieu qui aime ? Tu préfères un Dieu qui gronde, les sourcils vengeurs, le front plissé, la foudre entre les mains ? Vous préférez tous ça, les hommes, un Père terrible, au lieu d'un Père qui aime ...
Il s'approche de Freud qui est assis, et s'agenouille devant lui.
Et pourquoi vous aurais-je fait si ce n'était par amour ? Mais vous n'en voulez pas, de la tendresse de Dieu, vous ne voulez pas d'un Dieu qui pleure ... qui souffre ... (tendrement). Oh, oui, tu voudrais un Dieu devant qui on se prosterne mais pas un Dieu qui s'agenouille ...


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25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 00:15

 

 

Le livre :

Oscar a dix ans, il est en phase terminale d'une leucémie. Ni la chimio ni la greffe de moelle osseuse n'a fonctionné. Aucun adulte ne le regarde plus pareil parce que tout le monde sait qu'il va mourir. Sauf Mamie Rose. Mamie Rose est une vieille dame qui visite les enfants malades dans les hôpitaux afin de les divertir, afin qu'ils trouvent le temps moins long.
Comme Mamie Rose ne regarde pas Oscar comme les autres adultes, Oscar décide de lui faire confiance. Elle est croyante, lui non. Cependant, sans vouloir le convertir, elle lui propose d'écrire à Dieu. Elle lui explique ainsi, que cela peut-etre un bon moyen de dire à quelqu'un ce qu'il a eu fond de lui.


Ce que j'en ai pensé :

Dix ans, c'est presque la pré-adolescence. Le gouffre entre le monde de l'enfance et le monde des adultes. Je pense que ce n'est pas pour rien que les grands-parents sont, la plus part du temps, plus proches de leurs petits-enfants que de leurs propres enfants. Les adultes ont tendance à ménager les "vieux" et à sous-estimer le potentiel des "jeunes" ... je le constate dans ma propre famille ... seulement, certains adultes ne veulent pas voir ... ça remettrait trop de choses en cause.
C'est donc, en toute logique, qu'Oscar trouve un interlocutaire qui le comprend dans la personne de Mamie Rose ... Schmitt a aussi fait ce choix parce qu'ils sont tout deux en fin de vie.
Finalement c'est Oscar qui apprendra à ses parents comment se comporter face à la mort ... une phrase terrible je trouve, il leur dit Excusez-moi, j'avais oublié que, vous aussi, un jour, vous alliez mourir. C'est terrible d'entendre ça de la bouche d'un enfant à l'adresse des adultes ... et étonnament, cette phrase va rétablir l'ordre des choses. Les adultes vont redevenir eux même.
Je ne suis pas croyante, mais je n'ai pas été insensible au discours de Schmitt. En effet, parfois, on ne trouve pas sur terre, quelqu'un à qui s'adresser, alors l'idée d'écrire à quelqu'un que l'on nommera Dieu ... pourquoi pas. Ce n'est pas la personne à qui sont destinées les lettres qui m'importe ... Je ne crois pas en Dieu, je n'y crois pas plus maintenant. Ce qui est intéressant, c'est ce qui découle de cette croyance, la philosophie, qui en découle ... même si je me sens plus proche de celle de Monsieur Ibrahim, certains aspects de cette philosophie sont devenus aussi les miens cette année.
Je dois dire que Mamie Rose, elle est, pour moi, l'idée que je me fais du vrai croyant. Une personne modérée, qui n'impose pas, qui propose, discute. Il n'y a pas de vérité, mais des vérités. Autant de vérités que de personnes, autant de philosophie de vie que de personnes.

Le mieux reste encore de vous mettre les citations que j'ai retenu. Mais je vous conseille de le lire ... il ne fait que 70 pages ...

Ah, j'ai oublié le principal ... ce livre est bourré d'humour. Le tragique est abordé par l'humour dans la bouche d'Oscar. N'attendez pas là, une complainte de l'enfant mourant, non ... beaucoup d'humour et c'est aussi pour cela que ce livre est si touchant ... et j'ai pleuré ... j'ai ri et pleuré en même temps ... La vérité sort de la bouche des enfants ... bien plus souvent qu'on ne le croit ...


Citations :

- Si tu dis "mourir" dans un hôpital, personne n'entend. Tu peux être sûr qu'il va y avoir un trou d'air et que l'on va parler d'autre chose.

- Si je m'intéresse à ce que pensent les cons, je n'aurais plus de temps pour ce que pensent les gens intelligents.

- La souffrance physique, on la subit. La souffrance morale, on la choisit.

- La maladie, c'est comme la mort. C'est un fait. Ce n'est pas une punition.

. Les questions les plus intéressantes restent des questions. Elles enveloppent un mystère. A chaque réponse, on doit joindre un "peut-être". Il n'y a que les questions sans intérêt qui ont une réponse définitive.
   . Vous voulez dire qu'à VIE, il n'y a pas de solution ?
   . Je veux dire qu'à VIE, il y a plusieurs solutions, donc pas de solution.

- Regarde chaque jour le monde comme si c'était la première fois.

J'ai lu ce livre dans la collection Classique & contemporains de Magnard, spécial collège et lp. A la fin, ils proposent des lectures du livre, une interview de l'auteur. J'ai relevé aussi des phrases de E. E. Schmitt.

- A dix ans, cinquante ou cent ans c'est toujours la même vie que l'on perd. Avec le cadeau de la vie, nous est donné le cadeau de la mort. Indissociable. Ce n'est pas la longueur d'une vie qui fait sa valeur, mais sa qualité.

- Croire n'est pas savoir. Croire, c'est donner du crédit à une hypothèse, pas posséder la vérité.

- Il n'y a qu'une seule solution à la vie, c'est vivre ... et mourir.


Lisez le et peut-être regarderez-vous les enfants et la mort différemment.




 

 

 

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27 janvier 2006 5 27 /01 /janvier /2006 00:00

"Iréneé :
Faire rire ! Devenir un roi du rire ! C'est moins effrayant que d'être guillotiné, mais c'est aussi infamant.

Françoise :
Pourquoi ?

Irénée :
Des gens vont dîner avec leur femme ou leur maîtresse. Et vers 9h du soir, il se disent : "Ah maintenant qu'on est repus, et qu'on a fait les choses sérieuses de la journée, où allons-nous trouver un spectacle qui ne nous fera pas penser, qui ne nous posera aucun problème et qui nous secouera un peu les boyaux, afin de nous faciliter la digestion ?"

Françoise :
Allons donc ! Vous exagérez tout ...

Irénée :
Oh non, car c'est même encore pire, ce qu'ils viennent chercher, quand ils vont voir un comique, c'est un homme qui leur permette de s'estimer d'avantage. Alors pour faire un comique, le maquilleur approfondit une ride, il augmente un petit défaut. Au lieu de corriger mon visage, au lieu d'essayer d'en faire un type d'homme supérieur, il le dégradera de son mieux, avec tout son art. Et si alors j'ai un grand succès de comique, cela voudra dire que dans toutes les salles de france, il ne trouvera pas un homme, si bête et laid qu'il soit, qui ne puisse pas se dire : "ce soir, je suis content, parce que j'ai vu -et j'ai montré à ma femme- quelqu'un de plus bête et de plus laid que moi" (Un temps il réfléchit). Il y a cependant une espèce de gens auprès de qui je n'aurai aucun succès ; les gens instruits, les professeurs, les médecins, les prêtres. Ceux-là, je ne les ferai pas rire, parce qu'ils ont l'âme assez haute pour être émus de pitié. Allez, Françoise, celui qui rit d'un autre homme, c'est qu'il se sent supérieur à lui. Celui qui fait rire tout le monde, c'est qu'il se montre inférieur à tous.

Françoise :
Il se montre, peut-être, mais il ne l'est pas.

Irénée :
Pourquoi ?

Françoise :
Parce que l'acteur n'est pas l'homme. Vous avez vu Charlot sur l'écran qui recevait de grands coups de pied au derrière. Croyez-vous que dans la vie, M. Charlie Chaplin accepterait seulement une gifle ? Oh non ! Il en donnerait plutôt ... C'est un grand chef dans la vie, M. Chaplin.

Irénée :
Alors, pourquoi s'abaisse-t-il à faire rire ?

Françoise :
Quand on fait rire sur scène ou sur l'écran, on ne s'abaisse pas, bien au contraire. Faire rire ceux qui rentrent des champs, avec leurs grandes mains tellement dures qu'ils ne peuvent plus les fermer. Ceux qui sortent des bureaux avec leurs petites poitrines qui ne savent plus le goût de l'air. Ceux qui reviennent de l'usine, la tête basse, les ongles cassés, avec de l'huile noire dans les coupures de leurs doigts ... Faire rire tous ceux qui mourront, faire rire tous ceux qui ont perdu leur mère, ou qui la perdront ...

Irénée :
Mais qui c'est ceux -là ?

Françoise :
Tous ... ceux qui n'ont pas encore perdu La Mère, la perdront un jour ... celui qui leur fait oublier un instant les petites misères ... la fatigue, l'inquiétude et la mort, celui qui fait rire des êtres qui ont tant de raisons de pleurer, celui-là leur donne le force de vivre, et on l'aime comme un bienfaiteur.

Irénée :
Même si pour les faire rire il s'avilit devant leurs yeux ?

Françoise :
S'il faut qu'il s'avilisse, et s'il y consent, le mérite est encore plus grand, puisqu'il sacrifie son orgueil pour alléger notre misère ... On devrait dire saint Molière, on pourrait dire saint Charlot ...

Irénée :
Mais le rire, le rire ... C'est l'espèce de convulsion absurde et vulgaire.

Françoise :
Non, non ! Ne dites pas de mal du rire, il n'existe pas dans la nature ; les arbres ne rient pas et les bêtes ne savent pas rire ... les montagnes n'ont jamais ri ... il n'y a que les hommes qui rient ... les hommes et même les tout petits enfants, ceux qui ne parlent pas encore ... le rire, c'est une chose humaine, une vertu ... qui n'appartient qu'aux hommes et que Dieu peut-être leur a donnée pour les consoler d'être intelligents ..."

Marcel Pagnol. Le Schpountz.


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23 juin 2005 4 23 /06 /juin /2005 00:00

 

La P… respectueuse, Jean Paul Sartre.

 

 

 

Pièce de théâtre datant de 1946.

 

Un mauvais blanc riche a plus de valeur qu’un bon noir pauvre ...

 

C’est un peu réducteur de ce que veut dénoncer Sartre mais … je pense que c’est assez bien résum項

 

Critique de la société américaine raciste, de la domination du pouvoir sur le petit peuple…de la manipulation par la sensiblerie d'une femme de petite vertue...

Réflexion sur cette société outre-atlantique…

 

 

Extrait :

 

                                      Fred
Est-ce que tu te rends bien compte de ce que tu vas faire ?

                                      Lizzie

Qu’est-ce que je vais faire ?

                                      Fred

Tu vas témoigner contre un blanc pour un noir.

                                      Lizzie

Si c’est le blanc qui est coupable.

                                      Fred

Il n’est pas coupable.

                                      Lizzie

Puisqu’il a tué, il est coupable.

                                      Fred

Coupable de quoi ?

                                      Lizzie

D’avoir tué !

                                      Fred

Mais c’est un nègre qu’il a tué.

                                      Lizzie

Eh bien ?

                                      Fred

Si on était coupable chaque fois qu’on tue un nègre…

 

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14 juin 2005 2 14 /06 /juin /2005 00:00

 

Félix Leclerc, L’auberge des morts subites, 1964.

 

Quatre humains, morts de mort subite se retrouvent à l’auberge, entre le ciel et la terre. Les archanges veulent les déshumaniser pour leur offrir l’accès au ciel…ils reviennent sur leur vie, la façon dont ils sont morts…

Les humains veulent humaniser les archanges pour pouvoir retourner sur terre...

Et sans oublier Satan, qui veut récupérer quelques âmes pour son compte…

Théâtre caustique…

 

 

 

Extraits :

 

 

-                                                           « Célestin.

Indigestion aiguë ?

                                                           L’habitant.

Ben oui. C’est-y bête ! Gros dîner, grosse boisson, gros ralliement, la musique, les discours, la chaleur ; j’ai pris plus que mon quota, flouc ! je suis parti comme une tape ! Dret-là sur ma chaise, pas de prêtre, pas de cierge, pas de confession, en plein milieu de ‘Il a gagné ses épaulettes’ que j’ai rendu.

                                                           Célestin.

Quoi ?

                                                           L’habitant.

Mon dernier soupir. Mes voisins pensaient que je faisais des farces. Je les vois rire, puis mon œil s’est éteint.

                                                           Satan.

Qui a écouté. Avec pitié. Tut, tut, tut, tut, tut !

                                                           Célestin.

A Satan. Je vais m’occuper de monsieur.

                                                           Satan.

Fait signe que oui et reprend modestement sa marche.

                                                           Célestin.

Evidement, la mort subite, c’est la mort subite.

                                                           L’habitant.

Oui. Ca surprend toujours un peu, malgré ce qu’on nous dit au petit catéchisme.

                                                           Célestin.

Voyons ce qu’on peut faire. Vous avez des amis de ce côté-ci ?

                                                           L’habitant.

Certain. Ma mère, mon père. Esdras le plus vieux, Finette ma nièce emportée au berceau, j’ai une vieille tante qui faisait quasiment des miracles ; j’en ai, certain.

                                                           Célestin.

Hélas, le salut, c’est une affaire de chacun.

                                                           L’habitant.

Je m’en doute.

                                                           Célestin.

On ne peut pas sauver une âme de force. »

 

 

 

-                                                          « La comédienne.

Dolorès Dominique.

                                                           Célestin.

Dans son livre.  « Paulette Labarouche, fille de Claudius, jardinier, et de Célestine, journalière, l’aînée d’une famille de sept enfants, née ru Larigosse près du pont dans le faubourg ». Pourquoi cacher vos origines ?

                                                           La comédienne.

Parce qu’elles n’ont rien de brillant.

                                                           Célestin.

La plupart des grands sortent de souche infiniment plus modeste que la vôtre. Reculons avant votre vie d’artiste.

                                                           La comédienne.

Elle ne vous intéresse pas ? Chanter vingt ans pour la gloire de Dieu ?

                                                           Célestin.

Pour la gloire de Dieu ? « Viens mon Jules », « Je suis ton bébé jusqu’à la fin du monde », « Serre-moi plus fort », « Frisson d’amour », « Prends mon diamant » ?

                                                           La comédienne.

C’est mon genre. J’ai pas une voix d’opéra mais une voix de diseuse. »

 

 

- « Célestin : Je vais vous en taper des passeports, moi, morts subites ! Ce n’est pas ce siècle-ci que vous allez mettre la robe blanche. Tomber, toujours tomber, l’homme ne fait pas autre chose que tomber ! »

 

- « L’intellectuel : Le risque, le désir de posséder, voilà ce qui mène l’homme ! Quand la possession arrive, elle déçoit, c’est tout ! »

 

- « Célestin : Souffrir, vieillir, mourir, perdre ceux qu’on aime, fanées les roses, fuite du temps et des êtres. La souffrance, le seul vêtement qui va bien aux hommes. »

 

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28 mai 2005 6 28 /05 /mai /2005 00:00

 

Dans la scène 7 de l'acte II, Chrysale, le maître de maison, explique à Bélise comment il voit l'éducation des filles...

 

Il n'est pas bien honnête et pour beaucoup de causes,
Qu'une femme étudie et sache tant de choses :
Former aux bonnes moeurs l'esprit de ses enfants,
Faire aller son ménage, avoir l'oeil sur ses gens,
Et régler la dépense avec économie,
Doit être son étude et sa philosophie.
Nos pères, sur ce point, étaient des gens bien sensés,
Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez
Quand la capacité de son esprit se hausse
A connaître un pourpoint d'avec un haut-de-chausse.
Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ;
Leurs ménages étaient tout leur docte entretien,
Et leurs livres, un dé, du fil et des aiguilles,
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.
Les femmes d'à présent sont bien loin de ces moeurs :
Elles veulent écrire et devenir auteurs ;
Nulle science n'est pour elles trop profondes,
Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde
Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir,
Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir.

Molière.

 

Je vous assure qu'il y a encore des gens qui pensent comme lui....arfffffff

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24 mai 2005 2 24 /05 /mai /2005 00:00

Je viens de relire Ondine, de Jean Giraudoux... je vous le conseille, si vous ne l'avez pas lu...en plus, cette pièce est jouée en ce moment à Paris...et Ondine a les traits de la très belle Laetitia Casta...

 

Scène cinquième.

Ondine. Le roi des ondins qui d'un geste a changé le bourreau en statue de neige rouge.

 

"Le roi des ondins.
- La fin approche, Ondine...

Ondine.
-
Ne le tue pas...

Le roi des ondins.
-
Notre pacte le veut. Il t'a trompée.

Ondine.
-
Oui, il m'a trompée. Oui, j'ai voulu te faire croire que je l'avais trompé la première. Mais ne juge pas les sentiments des hommes avec nos mesures d'ondins. Souvent les hommes qui trompent aiment leurs femmes. Souvent ceux qui trompent sont les plus fidèles. Beaucoup trompent celles qu'ils aiment pour ne pas être orgueilleux, pour abdiquer, pour se sentir peu de chose près d'elles qui sont tout. Hans voulait faire de moi le lys du logis, la rose de la fidélité, celle qui a raison, celle qui ne faillit pas...Il était trop bon...Il m'a trompée.

Le roi des ondins.
- Te voilà presque femme, pauvre Ondine !

Ondine.
- Il n'y avait pas d'autre moyen...Moi, je n'en vois pas.

Le roi des ondins.
- Tu as toujours manqué d'imagination.

Ondine.
- Souvent, le soir des kermesses, tu vois les maris rentrer le dos bas, des cadeaux dans les mains. Ils viennent de tromper. L'éclat des épouses rayonne.

Le roi des ondins.
- Il t'a donné le malheur...

Ondine.
- Sûrement. Mais là encore nous sommes chez les humains. Que je sois malheureuse ne prouve pas que je ne sois pas heureuse. Tu n'y comprends rien : choisir dans cette terre couverte de beautés le seul point où l'on doive rencontrer la trahison, l'équivoque, le mensonge, et s'y ruer de toutes ses forces, c'est justement là le bonheur pour les hommes. On est remarqué si on ne le fait pas. Plus on souffre, plus on est heureux. Je suis heureuse. Je suis la plus heureuse.

Le roi des ondins.
- Il va mourir, Ondine.

Ondine.
- Sauve-le.

Le roi des ondins.
- Que t'importe ! Toi, tu n'en as plus que pour quelques minutes à avoir une mémoire humaine. Tes soeurs t'appelleront trois fois, et tu oublieras tout...Je veux bien t'accorder qu'il meure à la seconde même où tu oublieras. Cela fera assez humain. D'ailleurs, je n'ai même pas besoin de le tuer. Il est à fin de vie.

Ondine.
- il est si jeune, si fort !

Le roi des ondins.
- Il est à la fin de vie. C'est toi qui l'as tué. Ondine, toi qui n'uses de métaphores que si elles parlent des chiens de mer, tu te rappelles ceux qui, un jour, en nageant, ont fait un effort. Ils traversaient sans peine l'océan, en pleine tempête, et un jour, dans un beau golfe, sur une petite vague, un organe en eux s'est rompu. Tout l'acier de la mer était dans un ourlet de l'onde ! Leurs yeux ont été huit jours plus pâles, leurs babines sont tombés... C'est qu'ils n'avaient rien, disaient-ils...C'est qu'ils mouraient...Ainsi chez les hommes. Ce n'est pas sur des chênes, des crimes, des monstres, que les bucherons, les juges, les chevaliers errants ont leur effort, mais sur une brindille d'osier, une innocence, une enfant qui aime...Il en a pour une heure...

Ondine.
- J'ai cédé ma place à Bertha. Tout s'arrange pour lui.

Le roi des ondins.
- Crois-tu ! Tout déjà tourne en sa tête. Il a dans le cerveau la musique de ceux qui vont mourir."

 

 


Laetitia casta.

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17 mai 2005 2 17 /05 /mai /2005 00:00

Créon

[...] Marie-toi vite, Antigone, sois heureuse. La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-là. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote, assis au soleil. Ils te diront tous le contraire parce qu'ils ont besoin de ta force et de ton élan. Ne les écoute pas. Ne m'écoute pas quand je ferai mon prochain discours devant le tombeau d'Etéocle. Ce ne sera pas vrai. Rien n'est vrai que ce qu'on ne dit pas... Tu l'apprendras toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur.

 

Antigone, murmure, le regard perdu.

Le bonheur...

 

Créon a un peu honte soudain.

Un pauvre mot, hein ?

 

Antigone, doucement.

Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard ?

 

Créon, hausse les épaules.

Tu es folle, tais-toi.

 

Antigone.

Non, je ne me tairais pas ! Je veux savoir comment je m'y prendrai, moi aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c'est tout de suite qu'il faut choisir. Vous dites que c'est si beau la vie. Je veux savoir comment je m'y prendrai pour vivre.

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Published by cat - dans théâtre
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