Le livre :
Un maison est à vendre dans le Vexin. C'est la campagne. Une agence immobilière dirigée par Jacques Verniot. Un propriétaire exigeant qui veut choisir l'acquéreur de la maison de feu sa femme, Delbreuve. Une auteure en mal d'amarrage, Clara. Une femme qui ne sait plus où elle en est, et qui court après des rêves illusoires, Nathie. Et leurs familles ...
Delbreuve a de suite pensé que la maison de sa femme était la maison des rêves de Verniot, il lui propose donc un marché. S'il n'a pas vendu la maison dans les trois mois, elle sera à lui pour la moitié de sa valeur.
Ce que j'en ai pensé :
Je ne crois pas au hasard et je pense aussi que de ce fait tout à une raison d'être. Encore un roman que j'ai choisi parce que sans doute c'est celui qu'il me fallait.
La maison n'est qu'un acteur secondaire de l'histoire de ces quatre personnages et pourtant , c'est le chainon "manquant" puisque c'est par cette maison que tout arrive ...
La rencontre entre Verniot et Clara, la rencontre entre Delbreuve et Nathie.
D'un côté une histoire d'amour à vivre maintenant, parce qu'à un moment, il faut oser vivre. De l'autre une histoire de vie, où il faut regarder sa vie bien en face, affronter et prendre les décisions qui s'imposent.
Verniot, enfermé dans son ménage, avec une femme qui le dévalorise sans cesse, qui l'écrase, qui ne s'intéresse plus à lui ... lui qui pense que tout est trop tard, que son frère décédé l'a laissé dans une effroyable solitude et prise de conscience ... et 7 ans de sa vie, a traverser la vie et à souffrir de cette absence (tiens, 7 ans, c'est aussi la durée qu'il m'a fallu pour faire mon deuil) ...
Clara, qui fait tout pour ne pas être comme sa mère, qui a un fils à l'opposé de ce qu'elle est, qui veut vivre sa vie comme elle l'entend, sans s'engager ...
Delbreuve qui a aimé une femme, la sienne, l'a trompée, n'a pas été capable de vivre à ses côtés ... a passé sa vie à tenir des promesses que des morts lui ont demandé et en a fini par oublier de vivre sa vie ...
Et Nathie, mariée deux enfants, qui ne sait plus où elle s'est perdue en route, qui a confondu vivre sa vie et jouer la comédie de la famille parfaite ...
Quatre vies que tout semble opposer et que cette maison va réunir. Chacun ayant quelque chose à donner, à offrir, à vivre avec l'autre ... parce que nulle rencontre n'est vaine ... parce que tout a une raison d'être ... parce qu'il y a toujours une leçon de vie à tirer de ce qui nous arrive, quoi qu'on en pense.
Et puis, il y a un moment où il faut se lancer, lâcher prise et oser vivre ... avec toute la part de doutes, de peurs que cela engendre ... parce qu'à un moment tout ça, il faut passer outre et y aller ... parce qu'on n'a qu'une vie ... et qu'à un moment, il faut bien oser la vivre ...
Citations :
- Pendant sept ans, j'ai tenté de me remettre de la mort de Benoît et, depuis peu, j'ai compris que je ne m'en remettrai jamais. On dit souvent qu'il faut faire avec, moi je dirai qu'il faut faire sans : sans ce que j'étais avant, l'appétit que j'avais, l'envie dévorante d'acheter ou de vendre le monde, d'être un busy man toujours busy, tout ça c'est fini.
- Ca vient de l'importance que j'accorde aux mots qui sortent spontanément de la bouche des gens, certains, même, je les vois mentalement s'écrire sur une feuille, je les retiens, je les relie, je les isole ou je les associe, en tout cas ça travaille sans cesse, et ça fait mouche parfois, comme ce fut le cas avec lui.
- Progressivement, contre ma volonté, je le jure, contre ma volonté, toutes ces choses que je tenais commencèrent à se répandre comme les perles d'un collier qui vient de se rompre. Toutes ces perles qu'à genoux je tentais de récupérer retombaient, refusant de revenir dans le rang, luttant pour ne pas se faire piéger une seconde fois dans ce bel ordre établi qui m'allait si bien.
- On fait les choses comme ça, on fait le fier, le malin, et on n'est pas fichu d'affronter le silence qui suit.
- Le sentiment d'être anachronique, en décalage, je le comprends bien. Cette impression de ne pas rouler dans le même sens que les autres, d'être épuisé par cette tension tout autour de moi, cette tension qui ne me concerne pas, tout ce bruit qui ne sert à rien, le sentiment de ne pas comprendre ce qu'on attend de moi ni d'être compris un jour, et surtout, ce que vous disiez, sur ces jeunes qui ne voulaient rien, ça me faisait penser que peut-être il ne faudrait rien vouloir. Je ne suis pas sûr qu'il faille absolument vouloir quelque chose. On veut juste tromper la mort de cette manière. Et c'est la vie qu'on trompe. Ou on se trompe de vie.