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C'était la troisième fois que je le voyais ... j'avais gardé de ce film l'étrange sensation que la vie nous pousse à faire des choses malgré nous ... j'avais gardé l'image du petit manteau rouge de la petite fille dans tout ce noir et blanc.
On peut donc dire que j'ai redécouvert le film.
La Shoah, je ne sais pas pourquoi, c'est quelque chose que je porte en moi. Avant, je pouvais regarder toutes les images, maintenant je ne le peux plus. J'avoue, il y a des scènes où j'ai fermé les yeux, crispé les machoires.
La particularité du film est d'être en noir et blanc, sauf le petit manteau rouge de la petite fille blonde, sauf la fin, où finalement la vie a été plus forte, puisqu'elle est plus forte ... où les acteurs accompagnés des personnes réelles qu'ils ont incarné, viennent se recueillir sur la tombe de Oskar Schindler.
Ce film, c'est l'histoire d'un homme, tchécoslovaque, arrivé à Cracovie, pour faire de l'argent, réussir. Comment il le dit à Itzhak Stern, il veut racheter une usine d'émail, ayant appartenu à des juifs sans investir lui-même de capitaux ... lui, il est bon à une chose, les relations publiques ...
Bien plus que l'histoire d'un industriel catholique nazi qui sauva plus d'un millier de juifs de l'holocauste, c'est surtout et avant tout l'histoire d'un homme ... qui a accompli son destin ... il n'a pas pu aller contre, c'était en lui ... (je sais, j'y vois ma théorie ... je sais ...n'empêche que ...)
Oskar Schindler arrive à Cracovie, se met les généraux nazis dans la poche, obtient d'avoir comme comptable Itzhak Stern, parce que comme il dit, un bon comptable est le meilleur moyen d'avoir une bonne affaire. Il fait travailler des juifs car c'est moins cher que les polonais. Schindler n'est intéressé que par une chose, faire de l'argent, faire du profit ... il se moque des juifs, il s'en fout, il se fout des horreurs qui leur arrivent ... en a-t-il seulement conscience ???
Seulement un jour, il se rend à cheval sur les hauteurs de Cracovie, qui surplombent le ghetto de Ville Juif ... il assiste à l'épuration du ghetto ... C'est là qu'apparait la petite fille au manteau rouge ... est-ce à ce moment là, qu'il prend conscience qu'il doit agir, est-ce à ce moment là qu'il prend conscience de ce qui se déroule dans le monde, en Europe, en Pologne, là sous ses yeux ?
Je ne sais pas, je pense qu'à ce moment là, quelque chose se passe en lui. De la même manière qu'il va convaincre l'officier allemand qui tire à vue sur les juifs d'un camps, en lui faisant comprendre, que le pouvoir n'est pas de pouvoir tuer un homme quand bon nous semble, mais le pouvoir étant justement d'avoir ce pouvoir, et de ne pas le faire, Oskar Schindler va prendre conscience du pouvoir qu'il a entre les mains, faire travailler des juifs, ses juifs et pouvoir leur assurer une vie, une vie tant qu'il le peut.
Il faut être lucide, Schindler n'a pas été animé de bonnes intentions ... en tout cas pas au début ... mais il comprend ce que Stern fait, en ne disant rien, il accepte ... il donne son aval ... mais sans s'impliquer vraiment ...
Et puis, petit à petit, je pense que c'est l'amour des autres, quelqu'il soit qui s'impose à lui ... pour l'unique raison, qu'il doit toujours garder dans sa tête le petit manteau rouge, parce qu'il aime les gens ... il les aime ..
Alors, il va s'impliquer davantage ...
J'aime beaucoup ce film ... au-delà de la shoah, au-delà de ce qu'il raconte, je veux dire de l'histoire ...
J'aime ce film, car cet homme, j'en suis sûre, ne pensait pas qu'un jour, lui, animé par le profit, aiderait un peuple, pour rien ... parce qu'il le fait pour rien, il ne le fait que pour une raison, la plus belle, la plus forte ... LA VIE ...
J'aime ce film, car ce n'est pas un destin contrarié, nan, c'est justement un homme poussé vers son destin, qui refuse, et finalement qui se retrouve imbrigué dedans...
Je dis souvent que si on oublie la vie, elle ne nous oublie pas ... le destin doit s'accomplir, quelqu'il soit ... et cela en dehors de toutes pensées religieuses ... j'y crois dur comme fer.
Et si on râte des choses, si on refuse des mains tendues, la vie se charge de mettre d'autres mains tendues, d'autres choses ... car au final, peu importe le nombre de mains tendues, peu importe combien de fois ... l'important, c'est qu'un jour, la main tendue est acceptée, un jour les choses arrivent parce que c'est ainsi ...
Je sais que l'homme veut croire qu'il est maitre de sa vie, je sais qu'il veut croire qu'il choisit je sais tout cela, j'accepte les gens qui le pensent ... mais moi, je ne démords pas ... et c'est pour cela que j'ai confiance en la vie ... disons que la vie m'a prouvée de nombreuses fois ce que je dis ...
Quand j'ai revu La liste de Schindler, j'ai repensé au Pianiste, avec Adrian Brody ...

Ce film, j'aurais pu le regarder il y a un an en DVD, chez ma mère, mais je préfère regarder seule ce genre de film ... sinon, je mets une distance entre ce que je vois et ce que je ressens ... parce que j'aime pas montrer ...
Enfin, je vous conseille les deux ... même si je préfère le premier ...
ah oui, juste un truc sur La liste de Schindler, quand il a réussi à sauver "ses" juifs, Oskar doit fuir puisqu'il est considéré comme un criminel ... Stern lui offre une bague, un anneau en fait, sur lequel est inscrit en hébreux quelque chose du genre "un homme qui sauve une vie, sauve le monde" ... Schindler part dans une sorte de monologue en disant qu'il aurait pu sauver plus de juifs, il met en liaison la valeur des choses comme son badge nazi qui vaut une vie juive, comme sa voiture ... etc ... cette scène, elle sonne faux ... je trouve qu'elle sonne faux, parce qu'elle est mal jouée ... c'est surjoué ... dommage ...
Ben voui, fallait bien que j'y aille de ma pitite critique ...