venez découvrir des mots et des textes...
Il s'agit d'un téléfilm diffusé par France 2, lundi soir. J'aime beaucoup Sandrine Bonnaire, son jeu simple, assez dépouillé. Un sorte de naturel, un jeu reconnaissable.
Le Procès de Bobigny, ce n'est pas l'histoire d'une femme qui a choisi d'aider sa fille à respecter son choix, celui de l'avortement ... Nous sommes en 1971 ... Léa a été forcée par un garçon au retour d'une soirée. Malade au réveil, malaise, sa mère se rend compte que celle-ci est enceinte. Discussion, et décision. Léa ne veut pas de l'enfant, elle n'en veut pas ... elle a 16 ans ... elle ne veut pas. Alors sa mère va chercher une solution, elle la trouvera ... la faire avorter par une femme l'ayant déjà pratiqué 14 fois sur elle-même. Mais voilà, cela se passe mal, donc direction l'hôpital. Ce n'est pas là qu'aura lieu la dénonciation... en fait, le jeune homme qui a forcé, pense que la mère de Léa l'a dénoncé pour trafic de drogue alors il se venge.

Nous sommes en 1971, les femmes vivent sous la loi de 1920, qui considèrent l'avortement comme un crime. Les femmes dénoncées pour avortement sont donc traduites devant un tribunal, jugée et condamnées.
Pourquoi le procès de Bobigny est-il important ? Parce que suite à ce procès ... Martine Langlois, défendue par Maitre Gisèle Halimi, qui a fait parti du manifeste de 343 femmes, manifeste sur lequel figure le nom de femmes célèbres ayant eu recours à l'avortement ... ce procès va être, non plus, le procès d'une femme, mais le procès d'une loi.
En 1975, la loi Veil, permettra aux femmes d'avoir le droit à l'avortement sans être poursuivies ...
Ce que je retiens du film ... bien sûr, la détresse d'un enfant dont on ne veut pas ... mais surtout le procès.
En 1972, je suis née en 1972, les femmes quittaient leur père pour leur mari. Je veux dire que mai 68 avait eu lieu, et pourtant les femmes étaient soumises aux hommes, vivaient sous les lois des hommes, subissaient les hommes.
Je retiens du téléfilm, le plaidoyer de Gisèle Halimi, qui tend à montrer que l'on peut être contre l'avortement mais qu'il est des circonstances, où, ne pas le pratiquer est un crime bien plus grave.
Aujourd'hui, 2006 ... avez-vous entendu les filles des cités ? avez-vous entendu comme elles parlent ? Elles ne s'habillent pas comme elles le souhaitent parce que sinon, elles sont considérées comme des filles faciles.
Pensez-vous que mettre une jupe, fasse de vous une fille facile ? Pensez-vous que mettre une jupe est une façon de montrer que vous n'avez pas de respect pour vous même ? Pensez-vous qu'en plein mois d'août, pas question de mettre un débardeur parce que cela dévoile vos bras, et un petit décolleté ?
Elles ont 16 ans, et elles sont régies par les lois des garçons, par les lois de leurs frères ... elles ont 16 ans et elles parlent comme si on était en 1950 ... elles ont 16 ans et elles ne sont pas affranchies.
Alors quand on me parle d'évolution, de liberté sexuelle, et tout le toutim ... ça me fait bien rigoler moi, tout ça ... j'ai l'impression que dans certains coins, on a fait un sacré bond ... en arrière ... et ça, franchement c'est pas bon ... c'est vraiment pas bon ...
Est-ce que je suis pour ou contre l'avortement ? Je suis pour l'avortement dans certains cas. Je suis contre l'avortement comme moyen de contraception systématique ... l'avortement reste un acte médical dangereux. Ce n'est pas un geste anodin.