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La vie à reculons, Gudule, 1999, Le livre de Poche Jeunesse, collection Histoires de vies.
Gudule, c'est en fait Anne Karali, née à Bruxelles en 1945. Ses livres font l'unanimité chez les jeunes.
J'avoue, je fais cette fiche alors que je n'ai pas terminé le livre. Je faisais cela au collège, ne lire que la moitié du livre et les vingts dernières pages ... pour faire les fiches de lecture. Je trouvais que c'était le meilleur moyen, pour faire le résumé, que de ne pas savoir ce qu'il se passait au-delà de la moitié du livre, mais dans connaitre l'aboutissement. Je trouvais que c'était le seul moyen pour faire un résumé à suspens, vu que moi-même j'ignorais. Je ne pouvais donc que parvenir à obtenir le suspens.
Ce n'est pas le cas ici. Il ne me reste que dix pages à lire. Pourquoi ne pas les lire et écrire après. Parce que là maintenant le temps me presse, que ce que j'en ai lu est suffisant et que ce soir, j'aurais le temps de finir, alors que là, je n'ai le temps que d'écrire. La vie est ainsi faite, il faut choisir.
Mais rassurez-vous, peu importe les dix dernières pages. Le reste du livre donne le principal et heureusement.
Le livre.
Un nouvel élève arrive au collège d'Elsa et Mélanie. Il est plus grand, il redouble sa quatrième, il s'appelle Thomas, vite surnommé "le grand bleu" à cause de la profondeur de son regard. Il cherche sa place, n'a peur de rien, il est vivant. Il est d'autant plus vivant que Thomas est séropositif.
L'idée en arrivant dans ce nouveau collège, c'est de ne pas reproduire ce qui était arrivé dans l'ancien. Ne pas jouer la carte de la transparence, vu que les gens sont sous-informés, désinformés, et donc non informés sur la maladie. Séropositif ne veut pas dire sidéen. Quand on a 15 ans, on sait qu'un jour on va mourir, sauf que quand on a 15 ans et qu'on est séropositif, on sait qu'on va mourir plus vite, on sait que c'est une réalité en soi, et pas une idée, que mourir c'est définitif, et qu'avant de mourir il faut savoir vivre ... comme tout le monde.
Très vite Thomas rencontre le regard d'Elsa, très ils tombent amoureux, très vite cela se sait, et très vite le professeur tenu au secret, de part son ignorance, ne peut s'empêcher de téléphoner aux parents d'Elsa pour les informer de la situation.
La nouvelle se propage, avec son lot d'idées reçues. Thomas passe du populaire au pestiféré.
Ce que j'en pense.
Une écriture simple et abordable pour tous. Surtout une manière de dire dans un langage compréhensible par tous. Ce n'est pas toujours le cas dans les livres de jeunesse, aborder des thèmes de société particulièrement sensibles avec des mots compris de tous.
Gudule montre, dans un style sans fioriture, les idées reçues, les préjugés auxquels sont confrontés les malades. Bien sûr tout est simplifié et pourtant, on a ici une réelle envie de faire prendre conscience, de se rendre responsable, de pousser celui qui lit à s'informer sur le sujet. Aller chercher les infos, les véritables infos.
Ce qui est bien également c'est que les points de vue sont diversifiés. Ce que ressent Thomas, ce que ressent Elsa, les parents, les amis ... tout le monde a le droit de s'exprimer.
Le livre est conseillé dès dix ans ... allez le lire ... moins de deux cent pages, c'est raffraichissant, juste et si vrai.
Citations :
- Le racisme, je sais ce que c'est : séropos, blacks, arabes, pédés, nous sommes tous dans le même sac.
- Le malade, tu sais ce qu'il te dit ? Le malade, il en a ras-le-bol d'être traité comme un sous-homme. Il en a par-dessus la tête de prendre des claques dans la figure ou du talc sur les fesses ! Il veut qu'on le laisse vivre, un point c'est tout ! Et surtout, surtout, qu'ON CESSE DE S'OCCUPER DE LUI !
- Il y a ceux qui me regardent sans arrêt, comme si j'étais une bête curieuse. On dirait qu'ils atttendent que je me couvre de pustules. Il y a ceux qui me fuient comme la peste, et il y a les sympas qui me tapent dans le dos. Ce sont les pires, à mon avis. Les condescendants ...
- La peur engendre la crédulité la plus consternante,e t ouvre la porte à la bêtise, à la superstition ... et à la cruauté !
A venir, Le sourire aux larmes, de Jean-Pierre Foucault.