venez découvrir des mots et des textes...
Je ne délaisse pas mon blog ! je ne suis pas Jean qui rit Jean qui pleure ! Je suis Simplement Cat !
Parfois, on pense avoir beaucoup d'importance dans la vie de quelqu'un, et un jour, on se rend compte que la place que l'on a dans la vie de cette personne est finalement toute petite, si petite que si l'on disparaît, cette personne s'en rend à peine compte, ne s'en rend même pas compte, parce que, ce que l'on pensait avoir comme place était si petite pour elle, que cette place était finalement sans importance.
Parfois, on pense n'avoir aucune place dans la vie des gens. On passe dans leur vie, comme une étoile filante dans un ciel d'été. Et puis un jour, on se rend compte que même si on n'a fait que passer dans leur vie, un tout petit moment, ce moment a été important pour eux, et ils n'ont pas oublié.
Je suis dans le commerce depuis toujours. Depuis toujours, parce que je suis fille d'artisan, alors, les clients, je connais. Ensuite parce que mes différents jobs n'ont finalement quasiment été que des contacts aux clients.
Vendredi dernier, j'ai travaillé avec une animatrice. Il y a des remarques ou des compliments [chacun prend ça comme il veut] qui me passent au dessus de la tête. Dans le commerce, on flatte les gens avec qui on travaille, et je sais que tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute. Je n'écoute pas les flatteurs. Je fais mon travail, je le fais bien ! Pour moi, cela s'arrête là. Que le big boss me dise que mon rayon a de la gueule, cela me laisse froide comme le marbre. Que d'autres responsables viennent voir mon rayon parce qu'il a de la gueule, là, c'est une petite satisfaction personnelle, parce que c'est du concret et pas des mots en l'air.
L'animatrice avec qui j'ai travaillé vendredi dernier m'a remerciée de proposer et de faire connaître ses produits. Cela me paraît logique en soi, puisque ce sont des produits que je vais être amenée à vendre, que je vends désormais. Mon intérêt est de vendre de bons produits, d'aiguiller vers du bon, en sachant évidemment que mes goûts perso entrent en ligne de compte. Je ne fais que mon travail. Là, où elle a marqué un point, c'est lorsqu'elle m'a dit, oui, mais tes clients, tu les connais, ils te connaissent, ils te font confiance. Sans doute. Il est vrai que j'ai MES clients, mes habitués, ceux qui même s'ils n'ont rien à m'acheter ... viennnent dire bonjour à la dame. Parce que je les connais, je connais un peu de leur vie, parce que je prends cinq minutes pour discuter avec eux quand il n'y a personne, parfois plus. Dans cette boite, on ne m'a jamais reproché de prendre du temps pour mes clients. On n'est pas aux pièces.
Où je veux en venir ! Ici !
Cet pm, j'ai eu une cliente. Je la connaissais de visu. Je vois beaucoup de gens. J'ai rencontré beaucoup de gens depuis que je bosse dans le commerce. Certains m'appellent par mon prénom. D'autres me tutoient. J'ai eu du mal au début, quand ils me tutoyaient. Mais, ceux qui me tutoient, le font parce que quelque part, la "petite charcutière qui souris tout le temps", elle leur appartient.
Aujourd'hui, j'ai donc eu une cliente. Je la sers normalement. Je lui tends son paquet. Et là, elle me dit "Vous travailliez à C. avant". Je la regarde, et je dis que oui, mais il y a longtemps, il y a plus de deux ans ... Vous vous souvenez, vous m'aviez conseillée la crème pour ma cicatrice ... Oui, je me souviens.
Cette dame avait été opérée de la carotyde, une vilaine cicatrice rougeâtre lui barait le cou. Elle la cachait. On avait discuté, et je lui avais conseillé une crème très efficace. Un truc bête quand on y pense. Il s'agit du Jonctum. Si un jour vous avez une cicatrice, le jonctum, c'est la crème qu'il vous faut. A la base, c'est une crème pour les brûlures. Je ne l'ai pas utilisé pour les brûlures, je l'ai utilisé pour mes deux cicatrices après mon opération du poignet, puis plus tard, quand je me suis coupée l'index gauche et qu'il a fallu une micro chirurgie pour réparer et mes bêtises et celles de l'urgentiste de l'hopital. Je vais citer les deux chirurgiens qui m'ont opéré .. Dc Loy pour le poignet (un kyste dans l'articulation) ... et le Dc Retaillaud pour m'voir réparé mon doigt, même s'il dit que le plus dur du boulot, c'est moi avec ma volonté qui a fait le reste ...
Vous voyez, il y a des gens pour qui je pensais compter beaucoup dans leur vie, que je pensais à la vie en fait, et puis, non ... ma place dans leur vie est si petite que peut-être même elle n'existe que dans ma tête, et puis, il y a des gens, comme cette dame, pour qui, j'ai eu une place dans sa vie, pour qu'elle se souvienne de moi, trois ans plus tard ... alors que je n'ai fait que parler un court instant avec elle.
C'est ça, la vie. C'est toujours se tromper, se méprendre sur l'importance que l'on a dans la vie des autres. Parce qu'on a la facheuse tendance de penser que si eux, ont une énorme place dans la notre, alors forcément nous aussi, on a une énorme place dans la leur. Et bien c'est faux. Personne ne sait vraiment la place qu'il a dans la vie d'un autre. Même quand on lui dit qu'il a une grande place, cette notion ne veut rien dire. Parce que l'importance que je donne aux gens, n'est pas l'importance qu'ils me donnent et vice et versa.
Alors, dites-vous que toutes personnes avec qui vous parlez, même si vous pensez que ce n'est rien du tout, et bien pour elles, peut-être que ce rien du tout, c'est beaucoup. Et quand vous pensez que vous comptez beaucoup pour une personne et qu'en retour, il n'y a rien ou peu. Ce n'est peut-être pas si grave. Parce qu'il y a finalement toujours quelqu'un pour qui, même si vous l'ignorez, vous comptez plus que vous ne le croyez.