venez découvrir des mots et des textes...

Le film :
Alex marie sa meilleure amie, Camille. Il a repris le restaurant familiale, s'occupe de son frère dépressif, et est amoureux de Claire. Sa vie semble parfaitement réglée.
Alors qu'il se retrouve au restaurant pour la noce, il revoit Jeanne, celle qu'il a aimé d'un grand amour passionnel douze ans auparavant. Jeanne qui est partie un jour, sans rien dire. Douze ans pour s'en remettre, douze ans, sans réponse, douze ans à se demander pourquoi.
Alex devient taciturne, désagréable, mal dans sa vie, mal dans sa tête, mal dans ses amours. Jeanne, l'amour d'antant, Claire, l'amour de maintenant.
Ce que j'en ai pensé :
D'abord sur le film en lui-même. Je l'ai trouvé bof, et j'ai trouvé cela vraiment dommage, parce que un sujet pareil méritait d'être traité beaucoup mieux. La magie du couple Bruel-Baye ne passe pas. A aucun moment, je n'ai réussi à imaginer que ces deux là pouvaient avoir vécu une passion dévorante dans leur passé. Ce qui fait la réussite de ce genre de film, c'est la magie que produit le couple phare, alors si on n'y croit pas, on a dû mal à entrer dans l'histoire.
Contrairement à ce que le critique du magasine tv disait, je trouve au contraire que Bruel avait plus investi son rôle que Nathalie Baye. Je me suis sentie plus proche et plus convaincue par son rôle à lui, plus à même de le comprendre.
Il a aimé une femme partie sans explication. Il ne peut donc avoir fait le deuil de cette histoire-là. Il a dû apprendre à vivre avec, sans pouvoir y mettre un terme.
J'ai trouvé son interprétation convainquante. Le flou dans lequel il se trouve, ne sachant qui choisir. Quand il se trouve en italie avec Jeanne, et qu'elle chante leur chanson, il est ému, mais autre chose se passe en lui. Il se passe qu'il se rend compte que ce qu'ils vivent là, n'est que du réchauffé de leur passé commun, mais pas le présent, ni leur avenir. Il se rend compte qu'il est entrain de vivre là, la conclusion de son histoire avec Jeanne, douze ans plus tard.
Et la vie, quoiqu'on en pense, même s'il s'agit d'un film, la vie nous met toujours face à nous même. Quand ça cloche, c'est nous, c'est au fond de nous qu'il faut chercher à comprendre pourquoi, et pas chez les autres.
J'ai vraiment trouvé dommage que le film est été si peu profond, si peu investi ...
Mais, je pense que si l'on s'attache au personnage de Bruel, on peut comprendre l'essence même du film, le besoin de faire le deuil d'un grand amour, d'aller au bout de celui-ci pour passer à autre chose.
Alors, je dirais que le titre n'est pas le bon pour ce film ...
Il y a une autre histoire dans ce film ... celle de Julien, le frère cadet, sous tutelle d'Alex. Si j'ai bien compris, eux et leur mère ont été abandonnés par le père. Julien est dépressif il n'arrive pas à trouver sa place auprès de ce frère si pesant, occupant toute la place. J'ai repensé aussi à ça, à il y a un an, au fait que je voulais prendre toute la peine des gens que j'aime sur moi ... aux mots de Jean -Yves ... et puis pour finalement arriver à l'article Grandir de Samedi ... laisser aux autres vivre leur vie, les laisser se tromper, parce qu'il faut en passer par là pour grandir, les laisser vivre, ce n'est pas les laisser ... c'est juste les laisser vivre LEUR VIE ...
Je garderais une phrase de Camille pour Jeanne :
" - Je ne comprendrais jamais les gens comme vous !
- les gens comme moi ?
- Oui, les gens comme vous, qui partez avant la fin du repas sans payer l'addition !"
Je crois que j'étais quelqu'un comme ça, qui partait sans payer l'addition ... parce que c'était plus facile pour moi, de ne pas avoir à dire des choses qui allaient blesser l'autre ... parce que cela me faisait surtout du mal à moi, de faire du mal aux autres ...et un jour, j'ai osé tout mettre à plat, dire ce que j'avais ressenti, ce que je ressentais ... et cela m'a amenée à une chose, être capable de quitter l'autre, en face, et de ne pas laisser la vie choisir pour moi ... J'ai enfin commencé à partir en payant l'addition ... et cela est difficile ... bien plus que l'on peut imaginer.
Juste une question qui me turlupine : Pourquoi les hommes ont tant de mal à choisir selon leur coeur ? Est-ce si difficile ?