venez découvrir des mots et des textes...
Le film :
Montauban, 1944.
Clara, Julien et Florence coulent des jours heureux malgré la guerre. Lui est chirurgien, il ne fait pas de politique, soigne tout le monde. Clara s'occupe de Florence, la fille de Julien, devenue la sienne.
Et puis, la fin de la guerre se profilant, la gestapo menaçant Julien de représailles contre sa famille, il décide d'envoyer Clara et Florence dans son château, pour les protéger. Mal lui en a pris. Des allemands envahissent le village, prennent possession du château, tuent les villageois dans l'église, viole et brûle Clara, vive ... assassine Florence.
Julien arrive peu de temps après au village, découvre le drame, et se venge, en tuant un à un les auteurs qui ont brisé sa vie en volant la vie de celles qu'il aimait.
Ce que j'en ai pensé :
Vous l'avez appris, Philippe Noiret est mort d'un cancer, la semaine dernière. Quand j'ai vu l'info sur le forum, j'ai pensé de suite au vieux fusil. Pour moi, il est le vieux fusil, c'est le film que je garderai de lui.
Le vieux fusil, ils sont tous morts ... Romy Schneider, Jean Bouise, Philippe Noiret. Tous, tout a une fin ... la vie a une fin.
La vie a continué durant la guerre. Pour beaucoup de personnes. La guerre faisait parti du quotidien mais n'était pas le quotidien.
Plusieurs niveaux de lecture sur ce film.
La guerre. Les allemands sont en pleine déroute. Ils ont peu de scrupules, se servent, sont à l'image de leur chef, Hitler. Non, je ne mets pas tous les allemands dans le même panier. Je parle de ceux du film. Et il faut le dire, ce que montre le film est aussi arrivé. Des allemands ont bien massacré des villages entiers. C'est un fait avéré. En temps de guerre, on tue, on viole, on massacre, on vole ... il n'y a pas de scrupules, pas de pitié. Il y a la guerre. Il n'y a même pas tu es pour ou contre nous, il y a la guerre. Il n'y a pas de civils et de militaires, il y a des ennemis. Un français était un ennemi pour les allemands, encore plus au moment de la défaite qui se profile. Inconscience de l'humanité, monstruosité. Je ne sais comment on peut en arriver à tuer pour le plaisir, parce que c'est ce qu'ils font, le plaisir, des machines à tuer, ce ne sont plus des hommes, ce sont des monstres humains.
Les Dandieu. Ils vivent la guerre comme ils peuvent. Clara et Julien se sont rencontrés juste avant la guerre. Ils s'aiment, ils sont la vie.
Julien.
Il est calme, ce n'est pas un héros, ce n'est pas un lâche, ce n'est pas un monstre, c'est un homme heureux qui vient de perdre sa raison de vivre.
Quand il découvre le massacre, il n'est plus lui-même. Il devient la bête qui se trouve en chacun de nous. L'instinct animal se réveille. Venger, se venger. Prendre ce qu'ils ont pris. Prendre leur vie. Une vie vaut une vie. Ou comment un homme serein franchit la ligne et devient tueur quand on lui vole sa vie.
Ce qui est intéressant dans ce film, ce sont les magnifiques moments de tendresse et de bonheur qui viennent couper ce que Julien fait. Le but évident est d'amener à comprendre le geste de Julien. La destruction entraine la destruction. Il y a un moment où la douleur humaine prend le pas sur la raison humaine, c'est l'instinct animal qui est en nous qui devient raison humaine.
Julien connait son château, c'est la maison de son enfance. Il est seul, ils sont nombreux, armés. Il n'a qu'un fusil, et le but, amplifié par la douleur, l'horreur. Un à un ... du petit au plus gradé.
A la fin, quand ils repartent vers la ville, Julien est dans le déni de la mort de Clara. Il en prend peu à peu conscience. La douleur, la vengeance, la mémoire.
Un chef d'oeuvre du cinéma français, avec des monstres sacrés ... à voir, à découvrir.
Le film est interdit au moins de 12 ans.