Un grand merci à Mayou, de m'avoir offert ce livre !
Le livre :
Kinu a huit ans, quand se mère, pour raison de pauvreté la vend à une maison de geisha. Sa soeur, Sato, la rejoindra deux ans plus tard.
Kinu va apprendre à devenir une geisha réputée. De cours de shasimen à l'art de la danse, aucun des arts traditionnels du divertissement ne lui sera épargnés. De sa progression, à son mizu-age (dépucelage) à 15 ans, de son protecteur, de sa fuite du quartier de plaisir pour vivre deux ans d'amour et de passion avec un homme marié, et de son retour, pour devenir elle-même propriétaire d'une maison de geisha ...
Inoué Yuki nous raconte la vie de Kinu, presque un siècle ...
Ce que j'en ai pensé :
Les geishas sont source de nombreux fantasmes en tout genre. Des êtres remplis, pour nous occidentaux, de mystères.
Geisha, c'est à la fois un métier, mais aussi une philosophie, une façon de vivre. C'est aussi une manière pour les parents de faire échapper leurs filles à la pauvreté.
On découvre une vie rude dans l'apprentissage pour ces petites filles. Puis, leur vie, faite d'arts et de contraintes. Les arts traditionnels, et les corps offerts pour subvenir à ses besoins et rembourser sa dette à la propriétaire de la maison de geisha qui a payé pour avoir la fillette.
Les geishas sont aussi des femmes qui offrent le plaisir de leur corps. Mais ce ne sont pas des prostitués.
La jeune fille devient geisha à part entière le jour de son dépucellage, à 15 ans. Dépucellage monnayé très cher.
La vie de la geisha prend alors une autre tournure ... les habitués, le protecteur ... et parfois, le mariage.
Ce qui, par rapport à ma culture occidentale, bien sûr, m'a surprise, c'est que c'est une chose normale, geisha, c'est un métier comme un autre. Mais en fait, pour moi, qui aime la culture, les jolies choses, je serais tentée de dire que c'est un très beau métier. Les geishas sont des artistes, des artistes parce qu'elles ont un art, plusieurs en fait. Elles font perdurer une tradition dans certains arts.
Une geisha sait aussi lire sur le visage de son client son humeur, et faire ce qu'il faut pour lui être agréable ... elles sont réceptives, attentives.
J'ai beaucoup aimé découvrir cet univers. Ce n'est pas un roman. C'est la biographie de Kinu Yamaguchi, née en 1892. Et d'apprendre la vie d'une geisha ne m'a nullement oté le mystère de ces femmes.
Citations :
- "Quelques fois cependant, il arrivait que quelqu'un puisse apercevoir notre sexe. Il ressemblait à une pêche de Kizu. Tenez ! l'une de ces pêches fermes et veloutées. Nous ne portions pas de culotte à l'époque. Nos soeurs aïnées nous recommandaient de ne pas le dévoiler comme ça et de le protéger précieusement. "c'est ton trésor, petite taata !" disaient-elles. Peut-etre, en effet, s'agissait-il d'un trésor. Enfin ... si l'on veut!"
- Dans un quartier de plaisirs, le daana était un protecteur financier qui versait une rente mesuelle à la patronne de l'okiya et faisait de la geisha sa chose à lui. On disait qu'il "l'occupait". Autant de contraintes, financières et physiques, conduisaient ces femmes à rechercher sans se l'avouer une raison de vivre dans les arts du divertissement. Kinu n'échappait pas à la règle.
- Je savais désormais que la femme ne connaît véritablement le bonheur que lorsqu'elle rencontre un homme dont elle est amoureuse. J'avais plus de trente ans. Quand je faisais l'amour avec mon amant, des larmes de joies coulaient sur mes joues. Jamais je n'aurais cru pouvoir pleurer autant.
ps : sur Blackevil, bientot, l'extrait de son dépucelage ou mizu-age.