| Tengo hambre de tu boca, de tu voz, de tu pelo, Y por las calles voy sin nutrirme, callado, No me sostiene el pan, el alba me desquicia, Busco el onido liquido de tus pies en el dia. Estoy hambriente de tu risa resbalada, De tus manos color de furioso granero, Tengo hambre de la palida piedra de tus unas, Quiero comer tu piel como una intacta almendra. Quiero comer el rayo quemando en tu hermosura, La nariz soberana del arrogante rostro, Quiero comer la sombra fugaz de tus pestanas Y hambriento vengo y voy olfateando el crepusculo Buscandote, buscando tu corazon caliente Como un puma en la soledad de Quitratue. J'ai faim de ta bouche, de ta voix, de tes cheveux, Sans manger je vais par les rues, et je me tais, Sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi Je cherche dans le jour le bruit d'eau de tes pas. Je suis affamée de ton rire de cascade, Et de tes mains couleur de grenier furieux, Oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles, Je veux manger ta peau comme une amande intacte, Et le rayon détruit au feu de ta beauté, Je veux manger le nez maître du fier visage, Je veux manger l'ombre fugace de tes cils, J'ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule Et je te cherche, et je cherche ton coeur brûlant Comme un puma dans le désert de Quitratue. Pablo Neruda. 1959. |