Il est minuit vingt sept. J'écris pour sortir ça de moi. Je sais que je ne dois pas croire les gens, ne pas leur faire confiance. Je sais que je dois voir sur les actes et pas sur les mots. Je sais ce que valent les mots des gens. Je le sais. Et pourtant ... et pourtant ... je souris de ma bêtise. Je souris parce que c'est plus fort que moi, à un moment, je baisse la garde, et ça ne râte pas. Et pourtant ... je savais que les mots étaient vains ... mais je m'étais dit qu'on ne sait jamais ... après tout ... Mais non, les mots ne sont que des mots et ne resteront que des mots. Ca fait un moment, un long moment que ça veut sortir de moi ... je l'ai dit, je me sentais emmêlée ... prisonnière ... ben voilà ... ça implose ... à petit feu, doucement ... des pulsions ... des envies qui ne sont pas satisfaisantes ... ça aussi, c'est devenu vain ... la boulimie, non satisfaisante ... puisque je ne veux pas me remplir, je veux me vider ... l'alcool, non plus ... pas pour les mêmes raisons ... l'alcool, c'est plus vicieux pour moi ... alors, les couteaux ou les ciseaux bien afûtés ... phobie des couteaux et des ciseaux ... quand ma mère partait bosser et que je dormais seule à l'étage, puisque ma soeur avait sa chambre dans le sous sol, j'avais un rite ... j'allais dans la cuisine, je vérifiais que tous les couteaux étaient dans le tiroir, que pas un ne trainaient, je fermais la porte de la cuisine, et puis je m'enfermais à clé dans ma chambre ... je fais toujours attention que les couteaux ne trainent pas ... et que les ciseaux soient rangés ... hier, en rangeant le ciseaux pointus, je me suis vue me le planter dans le ventre ... ces idées là, c'est comme de vouloir sauter dans le vide pour voir ce que cela fait ... je m'interdis d'avoir des idées comme ça ... mais voilà ... j'ai envie de me faire du mal ... et aucune solution ne me paraît satisfaisante ...
J'en suis venue à la conclusion, peut-être fausse ... si je veux me faire du mal, c'est parce que je souffre ... que je veux que cette souffrance parte ... seulement si je ne trouve pas de solution satisfaisante pour la faire sortir de moi, cette souffrance ... c'est peut-etre parce que pour une fois, hormis le fait que j'ai baissé ma garde, hormis le fait que j'ai osé pensé que peut-être (même si j'avais de sérieux doutes) finalement les gens ne mentent pas et sont sincères ... peut-être que je ne me sens pas coupable ... et c'est sans doute pour ça que même si j'ai envie de me faire du mal, je n'arrive pas à m'en faire ... parce que je ne me sens pas coupable !
J'ai plus envie de faire confiance aux gens, sauf à certains dont je suis sûre à 100%, ça fait pas beaucoup de monde ... (rire) ... j'ai plus envie de laisser de chance aux gens ... j'ai plus envie d'être déçue ... j'ai plus envie ...