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Le poids de mes maux ... (au commencement)

Quelles semaines après son décès, j'ai rêvé d'elle ! J'étais accoudée à un comptoir, c'était presque dans le noir totale. Elle est apparue devant moi, lumineuse, blanche. Je l'ai regardé et je lui ai demandé si elle me pardonnait. Bien sûr que je te pardonne. Je me suis demandée longtemps, pendant très longtemps pourquoi je lui demandais pardon, de quoi je lui demandais pardon, pourquoi c'était si important de demander pardon à une morte et d'entendre que ce pardon était accordé. J'ai longtemps cherché.
C'est difficile à supporter le poids de la culpabilité. C'est très difficile parce que cela empêche !



C'était en mai 97, j'allais bientôt avoir 25 ans. Ce n'était pas la plus belle année de ma vie, cela c'est confirmé ensuite. J'étais au téléphone avec elle, comme toutes semaines. C'était obligé ! On papotait, elle me demandait si j'allais bien, si j'étais raisonnable. Ben nan, j'étais pas raisonnable, elle le savait, je n'étais pas raisonnable et surtout pas à cette période. Et puis, elle m'a dit qu'elle n'allait pas bien mais qu'elle ne savait pas pourquoi. Quelque chose dans sa tête. J'ai demandé si elle avait des douleurs, des migraines. Elle a dit nan, juste qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans ma tête. Il y  a des choses qu'elle ne disait qu'à moi. Cette chose-là, j'ai pas pensé que c'était si grave, vu qu'elle se sentait rien, mais qu'elle savait. Moi, je ne voulais pas savoir.
Après, j'ai compris que les choses changeaient, qu'elle changeait, qu'elle était différente.

Juillet 97, comme tous les ans, ils sont venus tous les deux passer une journée, rien que pour le plaisir d'aller visiter les châteaux de la Loire. On a visité le parc de mini châteaux, la pagode de je-ne-sais-plus-quoi, et Chenonceaux. A Chenonceaux, je savais déjà que c'était pas pareil, qu'il y avait quelque chose de différent. Elle ne parlait pratiquement pas. Où était passé nos fous rire, nos grandes discussions où elle finissait par me dire qu'il fallait que je sois raisonnable, que j'étais trop droite, trop tout. Que la vie c'était pas en noir et blanc, que c'était surtout du gris. Elle s'était un peu mise à l'écart, elle avait céder la place à Pépère. C'était à lui de commencer à prendre le relais.

De Chenonceaux, je me rappelle la chambre entièrement noire à l'étage qui m'avait presque glacé le sang, de la galerie qui surplombe le Cher. C'est le dernier château que nous avons visité ensemble, je ne savais pas que c'était le dernier. Je savais juste que c'était différent, qu'il se passait quelque chose que je ne comprenais pas.
On est sorti tous les trois du château, elle était fatiguée, on est allé s'asseoir sur un banc, face au Cher, le château était à notre gauche.

On est revenu à Orléans. Devant le coffre de la voiture, avant qu'ils ne repartent pour Amilly, je leur est dit qu'il fallait aller chez le médecin, que ce n'était pas normal.

J'avais déjà commencé à perdre ma grand-mère.

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J
On a tous quelque chose à se faire pardonner. On aimerait toujours que tout soit bien « en règle » avant qu’une personne chère parte de notre monde. Mais c’est impossible. <br /> On imagine souvent qu’on a pu être blessant, alors que l’autre, soit, ne l’a pas perçu ainsi, soit, il nous a déjà pardonné depuis longtemps dans son cœur, sans nous l’avoir dit verbalement. <br /> Cat, tu dois garder en mémoire ce que tu as fait de bien avec ta grand-mère, la joie, le plaisir… que tu lui as donnés. Ce n’est pas possible d’être parfait, même quand on le voudrait totalement au moment où la mort de l’autre est proche. <br /> Je crois aussi que d’être parfait peut faire peur à celui/celle qui va s’en aller : ta grand-mère n’a pas réussi tout ce qu’elle voulait dans sa vie ; elle le savait ; alors lui montrer une image « idéale » de toi, les derniers temps de sa vie, aurait pu lui renvoyer de façon violente ses propres échecs… cela n’aurait pas été un beau « cadeau » à lui faire…<br /> Excuse-moi, si je fais fausse route ou si je te fais du mal.<br /> Je t’embrasse.
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C
Ah lala, avant dernier épisode pour comprendre ... pour comprendre pourquoi j'ai fait ce rêve. Il n'y a pas très longtemps que j'ai compris de quoi je me sentais coupable. Soit patient !<br /> Lire l'épisode du 18 février ...<br /> J'ai toujours été en règle avec elle. Je crois que l'on ne s'est engueulé qu'une fois. J'avais 13 ans. Je ne machais pas mes mots. Elle a été surprise mais bon, pas tenue rigueur. Je crois que je lui ressemble beaucoup. Mon grand-père dit que j'ai beaucoup en commun avec elle... sauf que je ne suis pas raisonnable, que je n'aime pas les demi-mesures.<br /> Ben, je ne suis pas parfaite. Et à ce jour, je ne connais que deux personnes qui m'ont mis face à moi-même, sans rien attendre, elle et mon ange. <br /> Je ne suis pas parfaite, et je n'ai jamais cherché à être parfaite, je cherche à être meilleure par rapport à ce que je suis ... c'est différent. Je regarde mes erreurs et j'essaye de corriger.<br /> J'ai toujours été juste moi avec elle. Libre d'être. jamais ridicule. les faiblesses et tout ... <br /> Tu fais fausse route, mais cela ne me fait pas de mal. Cela me rappelle des épisodes, des moments entre elle et mon grand-père dont j'ai eu le privilège d'etre témoin. Des moments où j'ai su qu'il y avait entre eux du respect et aussi de l'amour, de la complicité. <br /> moui, surtout un moment. Elle était déjà malade, ils étaient venus me voir. Je ne sais plus à quelle période, peut-être en mars ... elle voulait un coupe vent, quelque chose comme cela. Je regardais des vêtements, les laissant tous les deux. Elle avait essayé une sorte d'imper léger en crête parme. Elle s'est approchée de mon grand-père, et elle lui a demandé s'il la trouvait belle. Cela m'a émue. J'ai su que j'assistais là à quelque chose d'important, quelque chose dont j'étais le témoin privilégié. Pour moi, ils n'avaient plus leurs70 ans passés, ils étaient juste deux amoureux. Et je n'ai jamais vu mes grands-parents s'embrasser, même sur la joue. Alors pour moi, c'était un moment d'intimité incroyable. La preuve que l'amour existe. La vraie preuve que j'avais raison d'y croire. <br /> Bonne soirée Jean Yves. Bisous<br />  <br /> <br />
M
;-(<br />  <br /> où est ce qu'on s'inscrit au club du "je ne vais pas très bien" ?<br />  <br /> bisous Cat.
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C
ben je sais pas <br /> ici peut-etre :(<br /> bisous ma marie
H
et bien moi qui n'ai pas un super moral en ce moment, il faut pas que je compte sur tes articles en ce moment... le film de hier aussi (le même que toi) que j'ai regardé, j'aurais mieux fait de me coucher ! Enfin cela ira mieux demain.. oui demain... bisous Cat
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C
tu sais Jacques, je crois que nous ne sommes pas les seuls avoir un super moral ... ;) ...Ah oui, on regarde le même genre de chose toi et moi ;)<br /> oui demain, demain, je ne travaille pas ... bisous Jacques
L
tu me rends triste à lire ton texte, on a tous quelque chose à se faire pardonner, pas su, pas voulu, le dire ou le faire au moment ou il fallait le dire ou le faire mais bon c'est la vie qui nous pousse<br /> :0010: et passe un bon mardi regarde il y a toujours dans la journée un coin de ciel bleu
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C
oui bien sûr Lili, on a tous des choses à se faire pardonner. Mais généralement on sait quoi. Moi, je ne savais pas pourquoi je demandais pardon. je ne savais pas. Maintenant je sais. <br /> Je sais aussi qu'il n'y avait pas à demander pardon, que cela n'aurait rien changer.<br /> <br /> Voui, toujours un coin de ciel bleu ;)<br />  <br /> Bisous Lili<br />