venez découvrir des mots et des textes...
La fin, j'en ai déjà parlé, je ne sais plus si je l'ai fait ici, mais j'ai pas envie de redire.
Le vendredi d'avant, dans la soirée, maman avait laissé un message sur mon répondeur. mémère va mal. Si tu veux tu m'appelles. J'ai pas appelé. Parce que je me suis dit que maman elle grossit toujours les choses. J'ai pas appelé parce que je ne voulais pas que ce soit déjà la fin. J'ai pas appelé parce que je ne l'ai pas fait.
Le samedi, j'ai oublié le coup de fil.
Le dimanche, j'ai pensé pas aujourd'hui. Faut pas que ce soit aujourd'hui. Il ne faut pas que ce soit aujourd'hui. Parce qu'aujourd'hui, c'est l'anniversaire de ma tante. Pas aujourd'hui.
Le lundi, j'avais oublié.
Lundi soir, je rentre. Répondeur. C'était fini.
Mardi, j'ai pleuré. Toute la journée. Toute seule.
Mercredi maman est venue me chercher.
Jeudi on l'a enterré.
Le matin, j'écoutais une chanson, et je pleurais, j'étais toute seule dans la salle à manger. Mon aînée est arrivée. Pourquoi tu pleures ? J'ai même pas répondu hein ! Pourquoi on pleure, je me le demande.
L'après midi. Je ne savais pas si j'allais voir la mise en bière. J'avais jamais vu un mort. Jamais. Je retrouvais ma grand-mère d'avant. Plus de traces de la maladie. Plus de trace du mot. J'ai failli soulever le linceul. Je croyais qu'elle avait plus que le buste. j'ai regardé pour être sûre qu'elle respirait plus. Elle portait son tailleur bleu et noir. Elle avait son alliance, ses boucles d'oreilles. Aujourd'hui, je me demande encore si c'était sa perruque ou si c'était ses cheveux. Faudra que je demande.
On a suivi le corbillard jusqu'au cimetière. La stricte intimité familiale. Faudrait expliquer aux gens ce que cela veut dire. Pas de service religieux. Pas de plaque. Rien, c'était sa volonté. Juste des oeillets et des roses.
C'était fini.