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le complexe d'infériorité (première partie)

Je sais ce que je vaux et je connais la valeur de mon travail. Et pourtant, j'ai souvent eu l'impression de ne pas être socialement à la hauteur. Je ne veux pas dire que je me sentais inférieure, non, je veux dire que je ne me sentais pas à la hauteur par rapport à ce que j'aurais pu faire, que les autres savaient que j'aurais pu faire et que finalement je n'ai jamais fait.


A force de courir tellement après ce dont j'avais envie, j'ai juste oublié de m'arrêter pour prendre ce dont j'avais envie. Et donc, j'ai cherché à être ce que les autres attendaient, mais ça, je n'y suis pas arrivé, puisque ce qui est important pour eux, ne l'est pas pour moi.


Je traduis. Pour ma mère, la position sociale, le compte en banque sont des notions importantes, bien plus importantes que les gens eux-mêmes. Je retrouve cela chez une autre personne de ma famille. Moi, je m'en fous, du compte en banque des gens ... de leur position sociale ... et pourtant, parfois, souvent même, j'ai eu l'impression de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir fait ce qu'il fallait pour être à la hauteur. Et pas seulement au sein de ma famille, de mes amis, mais aussi devant des défis amoureux. J'ai eu l'impression que ma position sociale ne méritait pas que l'on me choisisse moi.


Bien sûr, vous pensez que c'est stupide. Et bien nan, ce n'est pas stupide. Car on a beau savoir ce que l'on vaut, connaitre la valeur de son travail, on vit dans une société où certaines notions restent LES NOTIONS.
C'est étrange. Le complexe d'infériorité est lié au manque de confiance en soi. En partie.

Aujourd'hui, je sais que peu importe mon travail, ce qui compte, c'est moi, ce que je suis moi. Et si l'on ne me choisit pas moi, parce que mon job n'est pas suffisamment bien, parce que je ne gagne pas suffisamment d'argent, et bien, c'est que décidément, je n'avais rien à faire avec ces gens-là. Aujourd'hui, j'assume mon job. J'assume mon emploi et quand on me dit que je méritais mieux. Peut-être, mais aujourd'hui, mon métier, ce n'est pas prof, c'est vendeuse, voilà, je suis vendeuse. Et nan, ce n'est pas dommage avec mes années d'études ... nan, ce n'est pas dommage, c'est la vie. Parce qu'au final, mes années d'études, que m'ont-elles apportées ... un sentiment de frustration, un sentiment d'obligation, un sentiment d'infériorité ... ne jamais en savoir assez, ne jamais avoir utilisé à bon escient celles-ci ... et finalement ne pas mériter de les avoir fait, puisque je n'ai pas été capable de les rentabiliser...

Voilà, pendant des années, j'ai eu la sensation de ne pas être à la hauteur parce que j'avais un bagage universitaire dont je n'ai pas su tirer profit ... parce que je n'ai pas fait ce que je voulais faire, mais ce que l'on voulait que je sois.
Seulement aujourd'hui, à quoi me servirait-il d'avoir des regrets ? à quoi, sinon à vivre dans la rancoeur et donc à ne pas vivre...

Alors, aujourd'hui, je vous le dis ... j'ai fait Lettres Modernes ... j'ai été une étudiante correcte qui réfléchissait par elle-même et n'allait pas chercher dans les livres les idées des autres ... mes idées, c'était les miennes, et pas celle du tartanpion X célèbre et tout ... c'était juste les miennes, et tant mieux si j'en arrivais à la même conclusion que lui, et tant pis si je perdais des points parce que j'avais réfléchi toute seule et que je n'avais pas lu ce X, et que je ne le citais pas ... que je n'étalais pas que je l'avais lu, puisque je ne l'avais pas fait.
Quand je suis entrée au lycée, je voulais faire psycho, sociale ... je voulais aller vers l'humanitaire ... non, tu seras prof ma fille ... j'ai rien dit ... j'ai rien dit parce que de toute façon, on ne m'entendait pas ... Orléans, j'ai rien dit ... parce que les mêmes raisons ... au bac, si j'avais eu le choix, j'aurais fait BTS compta gestion ... mais j'ai rien dit, j'ai fait fac de Lettres Orléans.
J'ai rien dit, et j'ai rien fait ... parce qu'aujourd'hui, quand je passe un entretion d'embauche, on s'en fout de mes études, on s'en contre fout, on voit ... a bossé chez, a bossé pour ... et c'est ça qui m'ouvre des portes, et sûrement pas ... fac de Lettres... ça, c'est juste pour faire sympa ... pour donner une valeur en plus ...

Je n'ai pas de rancoeur, pas de rancune ... rien du tout, on ne revient pas en arrière, ce qui est fait est fait, un point c'est tout. Mais, pour ma tite soeur, alors là, non, pas question que ça recommence, pas question ... alors ... hum, ben je l'ouvre, et sans doute que cela sonne dans le vide encore, mais au moins, je l'ouvre.

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P
tout simplement vrai tout ça ! Ben oui , l'essentiel est ailleurs et tant pis pour ceux qui pensent le contraire ! bisous
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C
tant pis et dommage pour eux !!!
S
Je connais, mais simplement côté "pognon". Ma très chère génitrice ne jurait que par ça, et pour les moyens d'y arriver, n'était pas trop regardante. En réaction, par contre, j'ai tourné totalement à l'envers, privilégiant mes copains bien smicards et fuyant les comptes en banques bien remplis, étant ado.Pour la réussite, je crois que ça va, étant donné qu'en réaction, là aussi, j'ai fait toujours l'inverse de ce qu'elle attendait de moi.C'est bien se surveiller que ça ne se reproduise pas.. tu as raison guette!Bonne soirée.
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J
Je viens de faire des recherches : ce que tu racontes ici me rappelle un roman déjà ancien de Fernando Arrabal : La Vierge rouge<br /> Dans ce roman, l’auteur s’est passionné pour un fait divers des années 30 qui fit frémir l'Espagne : <br /> Une femme élève, seule, son enfant et décide d'en faire un génie. Lorsque sa fille semble se détacher du destin exceptionnel qu'elle avait programmé pour elle, la mère la tue, persuadée qu'elle œuvre pour le meilleur et que ce meurtre est exigé de la jeune fille elle-même. Fait divers certes mais superbe sujet…<br /> Le personnage central est cette femme, elle-même consciente de sa différence. Elle raconte son histoire. A dix ans, la gamine n'ignore plus rien des sciences les plus hermétiques. Enfermée avec sa mère qui n'a connu l'homme que l'instant de s'ensemencer de cet enfant-miracle, elle vit écartée du monde, adulée mais prisonnière de sa tendre geôlière.<br />  <br /> <br /> Dans un journal intitulé « Enfer », elle exprime sa hargne, son désespoir. Désir d'ailleurs, désir d'une vie ordinaire, désir d'être femme, elle va fuir, encore lucide au plus fort de la nuit.<br />  <br /> <br /> ■ Editions Acropole, 1986, 260 pages, ISBN : 2735700526<br /> Bonne après-midi, Cat.
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C
bisous Jean Yves
I
tu as tout à fait raison ! c'est bien pour ça que je me sens bien chez toi !! re bisous !!
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C
merci Isis<br /> gros gros bisous
I
c'est si difficile de ne pas se projeter dans ses enfants ... personnellement je me fiche de ce qu'ils choisissaient comme métier mais je voulais qu'ils soient heureux ... mais c'est aussi un piège ... ma vision du bonheur n'est pas la leur et elle implique encore des idées préconçues sur le choix d'un métier ... je sais pas si je suis trés claire là ...perso , je me sens souvent "nulle" , avec ma bichoune , on appelle ça ,mes crises de nulliite aigue ... mais je me suis rendu compte il y a quelques temps déjà que je mettais "peut-être" la barre un peu haute ... je ne veux pas être "bonne" dans se que j'entreprend ... je veux être la "meilleure" ! forcément c'est casse gueule !!  je suis capable de faire trois fois une formation , pour seulement être un peu satisfaite ! en rééducation , je n'ai trouvé cette satisfaction , que lorsque je suis moi-même devenue formatrice pour les autres sages-femmes ... là, je pouvais espérer être à peu près compétente ...bref, je suis pas sortie de l'auberge !!mais enfin, Cat ! qu'est-ce que tu me fais raconter , là , comme ça , un dimanche matin !! tu es dangereuse toi !!! lol !!plein de bisous ma Cat !! bon dimanche !!
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C
je comprends tout à fait ce que tu veux dire ... la notion de bonheur est propre à chacun ... alors difficile ... difficile d'aider, de mener, d'encourager ... alors comment faire, et bien de son mieux, être là, écouter, essayer de comprendre ...nan, je ne suis pas dangereuse, je pense que partager ses expériences peut aider les autres à se sentir moins seuls, et peut-être aussi compris ...<br /> <br /> Bisous ma Belle, bon dimanche !