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Au travail, je suis obligée de compenser ma lenteur par une organisation très pointue, que certains considèrent comme une maniaquerie poussée. Ce n'est pas le cas. Je suis obligée de compenser ma lenteur en étant super organisée, c'est ainsi, j'étais déjà lente à l'école (notion notée sur mon livret scolaire dès la maternelle), je suis lente. L'idée d'un devoir sur table me terrorisait parce que le temps n'allait pas être le mien, mais celui de l'horloge. Alors, à force de chercher, j'ai trouvé. Mon temps n'est pas le temps réel, et j'ai donc compensé par une organisation. Si je suis désorganisée, je ne peux pas suivre le temps réel, et cela me vaut des problèmes, dans mon emploi, comme dans la vie, car je suis débordée.
Mais bon, chacun ses problèmes à compenser. Cette lenteur a longtemps était chez moi source de complexe d'infériorité. D'abord dans la famille, car cela m'a valu nombre de railleries souvent extrêmement méchante, dans le travail aussi.
Quand j'ai recommencé à travailler, j'ai eu peur que cette lenteur ne me soit pénalisante. Mais non, parce que mon travail est fait, en temps et en heure ... et bien fait. Le plus important pour moi. Seulement voilà, ce qui est un complexe d'infériorité chez moi, et que j'ai compensé par une organisation très poussée, génère chez les autres, un complexe d'infériorité. Disons que la compensation devient surpérieure au complexe. Et la compensation génère un complexe d'infériorité chez les autres. Donc, j'ai tout entendu, que je suis "molle", pas rapide (voui, lente, sur mon dossier, c'est marqué lente) ... et d'autres choses encore. Mais voilà, je suis tombée sur des chefs qui ont sû répondre que ... ils préféraient quelqu'un de plus lent mais qui bosse les 35h qu'elle est payée et qui abat plus de boulot, que quelqu'un qui est payé 35h, qui en bosse 20h et qui ne fait que le minimum syndical ... hum, cela ne m'a pas apporté que des amis ... donc, après "molle", j'ai entendu "chouchou du chef" ... hum ...
Peu importe, aujourd'hui, je revis cela, aujourd'hui, je ne dirais pas que je m'en moque, cela me peine évidemment. Je ne fais que mon travail, sans doute avec une pointe de perfectionnisme, pourtant je trouve que je pourrais faire encore plus, encore mieux. Mais je m'abstiens ... je ne veux pas rabaisser les gens. Mais par contre, ce qui me ralenti dans mon travail, je ne peux m'empêcher de rectifier le tir, parce que sinon, pour moi c'est handicapant.
Aujourd'hui, ma collègue passe plus de temps à traquer "la faute", "l'oubli" de ma part, qu'à faire son boulot. Je ne rentre pas dans le jeu. Mon chef non plus. Je trouve cela dommage. Car elle me met une pression supplémentaire. J'en viens à traquer moi-même mes oublis ... et comme à chaque fois que l'on ne veut pas faire quelque chose, ne pas oublier, on finit par le faire. Alors, peu importe, j'ai décidé de ne plus me concentrer sur le fait qu'elle va traquer la moindre faille de ma façon de travailler, mais je me reconcentre sur bien faire mon travail ... puisqu'au final, elle, on s'en fout ... ce qui compte c'est mon travail, et que je le fasse correctement.
Donc, vous voyez, un complexe d'infériorité chez nous, que l'on cherche à compenser, peu entraîner à son tour un complexe chez les autres. Pas facile, hein ...