venez découvrir des mots et des textes...
Avec le film Les égarés, et le com de Jean Yves, je me suis rendue compte à quel point ma lucidité était "attaquée" en ce moment, combien ma propre souffrance m'empêchait d'être finalement sensible à certaine chose. Ma propre souffrance, ou ma propre solitude d'ailleurs. Le manque est parfois une chose si monstrueuse qu'il vous engloutit tout entier ... la dépendance en somme.
Dimanche, {c'est dimanche soir là, que j'écris cet article} ... vraiment pas cool du tout ... envie de plein de trucs, et finalement de rien du tout. Mon chef m'avait donné un cd avec des films dessus. J'ai zappé L'antidote, j'ai zappé Boudu, j'ai zieuté une heure du Basinc Instinct 2, le Da Vinci code, je l'avais regardé Samedi dernier. Il restait donc un film sur le cd. Je regarde juste le début, et il me rappelait un film que j'avais voulu voir. Je me dis ok, je regarderais ce soir.

La Mémoire effacée, ou The Forgotten, pour le titre original.
J'avoue que mes petits problèmes m'épuisent physiquement ... ou alors c'est parce que je suis épuisée que j'ai ses soucis ... bref, j'avoue qu'à un moment, j'ai eu du mal, le sommeil me gagnant.
La merveilleuse Julianne Moore. Et oui, elle est belle, beauté classique, rousse, et joue très bien je trouve.
Le film.
Une femme suit une psychothérapie depuis 14 mois et 6 jours suite au décès accidentel de son fils dans un crash aérien. Seulement, les choses disparaissent, elle oublie des choses. On veut lui faire croire que suite à une fausse couche, elle s'est inventée une histoire, un enfant, pour rendre plus supportable la douleur. Mais elle sait que non, que son fils Sam, existe, qu'il est là. Elle va s'acharner à prouver qu'elle n'a pas tort, qu'elle n'est pas folle. Elle va trouver du soutien dans la personne d'un père de famille qui a lui aussi perdu sa fille dans le crash, mais qui l'a oublié. Il a oublié sa fille jusqu'au moment où Hayley lui demande de prononcer le nom de sa fille, de sa propre chair en somme. Et là, la mémoire ressurgit pour Ash.
Hayley découvre alors que les humains sont victimes d'une machination extra-terrestre. Les enfants sont enlevés, et ils sont effacés de la mémoire de leurs parents. Elle veut savoir pourquoi, dans quel but. Elle veut surtout qu'on lui rende son fils.
Ce que j'en ai pensé.
Au début, j'étais perdue, je comprenais sa douleur, le long travail de deuil, le problème que cela provoque dans un couple, la perte d'un enfant. Ensuite, je me suis mise à douter, j'ai pensé à une machination contre elle.
Au final, c'est avant tout un film sur la puissance de la relation qui unit la mère à l'enfant. Pourquoi elle, elle n'a pas oublié son fils alors que les autres si. Et ce qui est bien montré à la fin, montré et dit ... un enfant, c'est avant tout une vie, une vie qui vient de soi, que l'on porte en soi. Mais, ce lien existe aussi avec le père. Même s'il ne porte pas la vie en soi, je pense que si lui en a envie, si la femme lui donne une place égale à la sienne, le lien s'établit de la même manière. C'est bien plus qu'une affaire d'être neuf mois deux, c'est une affaire de coeur un enfant.
Je pense aussi que ce qui est montré là, l'est aussi pour les gens qui n'ont pas de liens du sang. On peut être lié aux autres sans passer par le sang. Cela me fait penser à Mathilde dans Un long dimanche de fiancailles, qui du plus profond d'elle sait que Maneck est vivant. On retrouve le même acharnement ici.
J'ai beaucoup aimé.