venez découvrir des mots et des textes...
ou comment une petite discussion sur le forum avec Bleuz a failli me plomber ... alors qu'en fait, elle m'a aidée à regarder la vérité.
A la question, quel est mon but dans la vie, j'ai répondu AUCUN. Je n'ai aucun but dans la vie. Affligeant en soi quand on y pense, puisqu'une vie sans but, c'est une vie qui n'a pas de sens. Mais ma vie en soi, a-t-elle un sens ? Non, ma vie n'a pas de sens. L'évidence m'a effrayée ... mais l'honnêteté est sans doute bien plus payante que la politique de l'autruche. Quand j'y pense, oui, aujourd'hui je n'ai pas de but dans la vie. Tout simplement parce que je n'ai pas appris à avoir un but dans la vie, j'ai appris à réussir / râter le but qu'on avait pour moi dans la vie, mais moi je n'ai jamais eu de but dans la vie. Alors quand on n'a pas de but, difficile de se motiver !!!
J'ai vraiment eu peur de cette constatation, du vide que cela engendrait. Et pourtant, mettre une réalité sur ce que je ressens, c'était en fait une bonne chose, puisque depuis un moment, je pensais à comment je voyais ma vie en ce moment. Quand il y a un bout j'ai eu une conversation avec quelqu'un qui s'est projetté dix ans en avant, je n'ai pas eu peur, j'ai juste pensé que pour moi ... dans dix ans ça n'existe pas, c'est comme dans cent ans, cela ne veut rien dire pour moi. Déjà dans un an, dans deux mois, cela ne veut rien dire pour moi, alors dix ans ...
Et là, j'ai eu une image ... je pourrais en faire un collage de l'image. J'avais fait des collages pour représenter mon évolution ... il y avait eu la bulle avec le chien loup dedans ... et les mots des autres avec leur question à l'extérieur et mes refus à l'intérieur de la bulle ... c'était il y a un an, c'était ma vie durant trente-trois ans. Je vivais dans ma bulle, enfermée dans une autre bulle. Le seul moyen que j'avais trouvé pour survivre. La première bulle, celle qui empêche les gens d'approcher, elle a explosé il y a un an. J'ai mis une autre année pour casser l'autre bulle. Maintenant, je suis sans bulle. Mais sans avenir dans ma tête non plus. Je n'en suis pas capable ... parce que je ne sais pas imaginer une réalité.
Pendant 33 ans, j'ai rêvé à une vie que j'aurais voulu, mais que je savais impossible. J'ai vécu dans un fantasme de vie ... ça protège, et ça empêche aussi de vivre ... mais ça protège surtout de ce que l'on n'est pas capable d'accepter.
Après j'ai rêvé à une vie qui aurait pu être mais qui ne sera pas.
Maintenant, je ne rêve plus à la vie. Donc, je ne peux pas me projeter dans l'avenir. L'avenir ne veut rien dire pour moi.
Quand j'ai accepté de rencontrer Marie, qu'elle vienne un week end chez moi. J'ai effectué sans doute le dernier pas hors des deux bulles. Je suis rentrée dans la vraie vie. Je crois que pour la première fois de ma vie, j'ai été avec quelqu'un, entièrement avec quelqu'un. Avant j'étais là, mais pas ma tête, ma tête était toujours ailleurs, alors, j'avais toujours cette sensation de manque, d'avoir râté, d'être passée à côté de ...
Là, non, j'en ai profité pleinement de Marie. j'ai trouvé cela trop court, mais j'ai profité. 48h, et moi j'avais l'impression d'avoir eu deux semaines de vacances.
Et puis, Isis m'a contactée pour que l'on se voit. Je suis plutot du genre sauvage. Du genre à avoir besoin que les choses soient bien préparées pour m'y habituer, pour ne pas être surprise. Du genre que la spontanéité, c'est pas pour moi, parce que ça fait peur, et que j'ai besoin de maitriser.
Mais voilà, l'envie est plus fort maintenant que ça, que la peur, et le côté sauvage. Alors, j'ai dit ok. Et Bogoss a voulu venir, et j'ai dit ok. Ben alors là, autre big pas pour moi. Je me suis surprise. J'aime me surprendre parce qu'à chaque fois que je me surprends, je laisse un peu plus ce qui me bride derrière moi, je me défais un peu plus de la bulle. C'était court, une soirée et une nuit. Mais c'était super. J'étais contente.
Et puis, il y a eu le week end à Nantes. Là, c'était du pas prévu. C'était du dit, du fait. J'y suis allée, et là aussi, j'ai profité. J'ai été à Nantes 24h, juste 24h. Mais comme j'étais là, toute entière, et bien je ne suis pas rentrée avec la sensation de manque, la sensation d'avoir râté, la sensation d'être passée à côté.
Alors aujourd'hui, j'en suis où. J'en suis que CARPE DIEM. J'ai atteint le CARPE DIEM qui me faisait tant rêvé. Aujourd'hui, j'ai laissé le passé derrière. Aujourd'hui, c'est aujourd'hui et pas demain. Je me lève le matin et je pose la dalle de ma journée. Avant j'étais devant un pont que je n'arrivais pas à franchir. J'ai passé un an sur le pont, trente-trois derrière à ne pas oser le franchir. Maintenant je suis de l'autre côté du pont. Je me lève, je pose la dalle de la journée. La dalle de demain n'existe pas. C'est aujourd'hui qui compte. Profiter d'aujourd'hui. Parfois, les moments sont durs, mais bon, une dalle avec beaucoup de rire dessus, c'est une bonne dalle, une bonne journée.
L'avenir, aujourd'hui, ce sont deux dates pour moi. Le 15-16 juillet, à Nantes. Et le 31 août, la fin de mon cdd. Voilà, c'est tout !!! Ce qu'il y a d'aujourd'hui à ces dates. Je ne peux pas l'imaginer, je n'en suis pas capable. Je prendrai ce qui arrivera, j'en profiterai. Mais je ne peux pas rêver à ce qu'il y aura demain ni après. Je ne sais pas rêver la réalité. Je veux juste la vivre.
Alors, Bleuz, maintenant tu me crois. Je n'ai pas de but, juste des envies ... je ne sais pas encore ce que c'est d'avoir un but à moi toute seule.