venez découvrir des mots et des textes...
Ce que j'écris, je ne le dis pas. Je me tais. Je me suis toujours tue. D'abord parce que je n'existais pas pour ma famille...donc je me parlais à moi-même, j'existais malgré eux dans mon monde.
Ensuite, parce qu'il s'est produit deux choses importantes pour moi. J'ai continué à me taire, et j'ai commencé à parler. Il a fallu devenir adulte. Devenir mère pour ma mère, mon frère. Etre grande alors que j'étais encore petite. Je me tais, je ne me raconte pas...je raconte ma vie, c'est différent.
Parce que l'on raconte sa vie avec du recul, alors que l'on se raconte avec ses mots et ses tripes. Moi, je trouve cela dur, de me raconter.
J'apprends, j'apprends tous les jours.
Je me surprends de mes mots, je me surprends de mon impudeur à me dire. Mais, je ne suis pas dupe. Cela n'est possible que parce que c'est de l'écrit, que parce que je ne lis pas dans les yeux de ceux qui me lisent, que je ne lis pas sur leur visage leur réaction.
Etre juste des mots. Cela me rend libre. Je ne veux pas donner autre chose que mes mots. Sinon, je ne serais plus capable de me dire.
Je suis surprise de l'intérêt que suscitent mes mots. je suis surprise de l'intérêt que l'on me porte. Je n'ai pas l'habitude. C'est étrange. Je découvre que j'ai le droit d'être, juste d'être.
On veut savoir, on veut plus...pourtant, c'est déjà tant de moi, tout ça.
Dans la vie, on ne veut que ce que je représente, rarement ce que je suis.
Toujours la même histoire du paraître et de l'être.
Dans la vie, ils sont plus intéressés par l'idée qu'ils se font de moi, que par ce que je suis vraiment.
Dans la vie, ils veulent toujours une opinion, un avis, une idée...
Moi, je veux rire, ils veulent une grande théorie ...
Moi je veux partager, ils ne veulent que ce dont ils ont besoin.
Dans la vie, je me tais, seul le paraître leur suffit.
Ici, je suis. Je partage.
Ici, je suis presque impudique dans mes sentiments, dans mes réactions...presque.
Dans la vie, je ne suis pas capable de dire mes sentiments. Je les ai remplacé par des silences gènés, des "pareils", des "idem"...