Jean-Yves, c'est en parti, une réponse à ton dernier courrier. Parce que le sujet revient souvent en ce moment autour de moi.
Les choses arrivent. De notre fait, ou non. Mais ce qui est sûr, c'est que ce qui est fait est fait. Pas de retour possible. Pas d'effacement. Rien. Les choses sont là et appartiennent à notre histoire, notre passé. On ne revient pas en arrière. On ne ré-écrit pas l'histoire. On peut avoir des remords, des regrets. Mais on ne ré-écrit pas l'histoire. On ne ré-écrit pas l'histoire (non je ne bugge pas). Mais on ne ré-écrit pas l'histoire. Les choses faites, le sont à jamais. Non, ne venez pas me parler de pardon, de machin truc bidule. Ca aussi. Du vent. On pardonne, mais on n'oublie pas. Jamais. Ancré dans nos chairs. Et quand on dit, si j'ai pardonné, on peut être sûr qu'un jour ou l'autre, ce soi-disant pardon refera surface, et qu'on se prendra ça en pleine face. Je ne sais pas pardonner. Ou je ne sais pas oublier. Je choisis la facilité. Le pardon n'étant pas de mon ressort, de ma volonté, de mon désir, je choisis de passer mon chemin. Je ne sais pas faire semblant. Je sais que si je choisis de passer mon chemin, c'est parce que ce qui m'a posé un problème continuera de me ronger si j'accepte de passer outre. Le pardon, c'est une chose qui n'est pas pour moi. Le pardon, c'est trop facile. C'est aussi facile que de s'excuser, aussi facile que de dire, "si c'était à refaire je ferais autrement". Seulement voilà, la vie, ce n'est pas à refaire, c'est à continuer. Alors quand on me dit, j'ai pas voulu voir, j'aurais dû faire attention. Ca sert à quoi de se dire ça ? Ca sert à se déculpabiliser. Ca sert à se torturer pour se donner bonne conscience. C'est trop tard. Ce n'est pas maintenant qu'il faut se dire, c'était avant qu'il fallait se dire.
Je n'échappe pas à la règle. Moi aussi, je me dis. J'ai pas voulu voir. Je savais, mais j'ai préféré passer outre. Donc, je suis responsable. Alors, dans ces moments-là, je me dis "tais toi, ce qui est fait est fait. Maintenant tu sais, tu ne recommences pas ... tu ne pourras effacer tes actes, tu ne pourras pas racheter une conduite. Rien ne s'efface. Rien ne se ré-écrit. Tout continue. Il faut juste avoir conscience.
Je me pose trop de questions ... non ! j'essaye de me poser les bonnes questions. Et les bonnes questions ne sont pas de me demander ce que j'aurais mieux fait de faire à ce moment-là. Ca, c'est vain, puisque ce n'est pas ce que j'ai fait. Mais les bonnes questions sont : pourquoi je l'ai fait ? comment faire pour ne pas refaire ? Ca, ce sont des bonnes questions. Des questions constructives qui vont de l'avant. Et qui ne sont pas vaines et figées dans un réel déjà arrivé, déjà passé.
Alors, pitié. Quand vous avez fait quelques choses que vous regrettez, si vous avez dit (ou pas) quelque chose et que cela vous ronge, demandez vous pourquoi vous l'avez fait, ou pas ... mais ne vous dites pas ... je n'aurais pas du, si je pouvais ... j'aurais dû ... parce que c'est trop tard ... vous entendez trop tard !!!
Maintenant, quand je veux dire quelque chose et que je ne le fais pas ... je sais que soit je ne dois pas le dire, soit ce n'est pas le bon moment ... si je n'arrive pas à faire quelque chose, c'est soit parce que je ne dois pas le faire, soit que je n'ai pas envie de le faire ... si j'ai fait ce que je ne devais pas ... je cherche où j'ai cloché, pour que cela ne se reproduise pas ...
Mais, je m'engueulerais systématiquement si je m'entends penser ou dire ... j'aurais dû faire, j'aurais dû dire ... parce que c'est du temps de perdu ... ce qui est arrivé est arrivé ... pas de retour possible ... jamais ... la vie, c'est devant ... c'est aujourd'hui, puis demain ...
Je ne dis en aucun cas, que cela m'enlève la responsabilité de mes actes, ni de mes mots. Je dis juste qu'il faut arrêter de tourner en rond ... et se poser des questions constructives ... dans de pareilles situations, parce que tout a une raison d'être ... toujours...