La semaine dernière, j'ai reçu trois lettres de Jean-Yves, trois lettres manuscrites, à la suite ... une par jour.
Lui et moi entretenons une correspondance riche depuis le mois de septembre. Nous avons posé nos doigts hors du clavier pour partager les mots via l'encre et le papier. Je conserve chacune de ses lettres précieusement, dans l'ordre dans lequel il me les a écrite.
Chaque mot écrit a son importance. Il m'amène (le mot et aussi Jean Yves), à réfléchir à aller plus loin dans mes pensées. J'ai souvent remarqué, d'ailleurs, qu'il (Jean Yves) parvenait à traduire ma pensée plus simplement que je ne le fais. Je lui exprime mes tourments, et non pas qu'il les analyse, mais il reformule de manière plus clair, et tout me devient plus évident.
La deuxième lettre qu'il m'a envoyé la semaine dernière m'a surprise. Rien n'est dénué d'intention. Bien qu'il n'ait rien dit, je sais que les extraits qu'il a choisi de sa dernière lecture achevée, n'étaient pas vains, mais lourds de sens. J'ai omis, volontairement, d'y faire allusion dans ma lettre qui suivit ses trois dernières. Je me suis tue. J'ai passé sous silence. Et pourtant. Un des extraits me hante ... et je sais pourquoi ... a-t-il voulu (Jean Yves) m'aider une fois de plus à mettre des mots sur des sentiments pas encore exprimés mais bien là ? a-t-il voulu (volontairement ou non) m'aider à franchir une étape, m'affranchir même ? Je le sais suffisamment subtil et discrêt pour cela ... ne rien imposer ... proposer ... partager ...
Villa Amalia de Pascal Quignard.
" Ceux qui ne sont pas dignes de nous ne nous sont pas fidèles. [...] Leur engagement à nos côtés n'entraînait pas leur peur ou leur fainéantise, leur incurie, leur désoeuvrement, leur régression, leur bêtise [...] Ce n'est pas eux que nous trahissons en les abandonnant. Leur inertie ou leurs plaintes nous ont abandonnés avant que nous songions à nous séparer d'eux."
Merci Jean Yves. Un pas vers la déculpabilisation. Abandonne -t-on vraiment les gens qui nous ont déjà abandonné ? Ou nous contentons-nous de finalement fermer la porte et retirer notre main de la poignet de la porte, une bonne fois ? Mettre un terme à une histoire ou finalement accepter que la fin est là, et depuis longtemps, et pas de notre fait ?