- "Chacun a trouvé en moi une image intacte de lui-même, de ses potentialités ; Henry y a vu le grand homme qu'il pourrait être, et June la personnalité sublime qu'elle pourrait avoir. Chacun s'accroche à cette image de lui-même aperçue en moi, afin d'y puiser la vie, la force."
- "Son échec personnel, je m'en rends compte aujourd'hui, mise à part son incapacité à aimer, c'est la trop courte durée de sa confiance. Il ne fait pas confiance assez longtemps pour que le miracle s'accomplisse. Aucun miracle n'est possible sans confiance."
- " L'écrivain est le duelliste qui ne combat jamais à l'heure convenue, qui collectionne les insultes comme autant de bizarreries qu'il étale ensuite sur son bureau avant de passer à l'attaque, seul. Certains appellent cela de la faiblesse; J'appelle ça de l'ajournement. Ce qui est faiblesse chez l'homme ordinaire est gloire - ou qualité - chez l'artiste. Ce que je répands en paroles ou en actes se retrouve rarement sur le papier. Ce qui est conservé, rassemblé, a des chances d'exploser dans une solitude bénéfique. Voilà pourquoi l'artiste est l'être le plus seul au monde : parce qu'il vit, combat, lutte, meurt et renaît seul, et toujours seul."
-"Quelle lutte pour pouvoir renaître - pour ne pas trébucher à nouveau, toujours sur le même obstacle.
La victoire est toujours triste. Elle révèle toujours les déformations monstrueuses créées par l'imagination avec le désir pervers de se faire peur. Une fois le monstre tué, on se retrouve devant une montagne de carton-pate et de plumes de poulet, de citrouilles éclatées, de draps, et de chaînes."
- "Par défi, je dois l'abandonner comme amant. Je ne veux pas être celle qui mène. Je refuse d'être le chef. Je veux vivre dans tout le mystère et la richesse de ma féminité. Je veux un homme qui se couche sur moi, toujours sur moi. Sa volonté, son plaisir, son désir, sa vie, son travail, sa sexualité : voilà la pierre de touche, le levier de commande, mon pivot. Ca m'est égal de travailler, de tenir les rênes sur le plan artistique et intellectuel ; mais comme femme, oh ! mon Dieu, comme femme je veux être dominée. Je me moque que l'on me dise de compter sur moi-même, de ne m'accrocher à personne - tout cela, j'en suis capable - mais je veux être poursuivie, baisée, possédée par la volonté d'un homme, à son heure et selon ses ordres.
Je suis effroyablement triste.
Et quand je pense qu'il me serait possible de trouver n'importe quand tout ce que je souhaite chez un homme de ma race, mais que je n'en veux pas, parce que je ne veux pas qu'il domine aussi mon esprit. N'importe quel Espagnol me traiterait comme je désire être traitée sexuellement ... c'est stupide."
- "Pourtant, il me dit : "La première fois que je t'ai vue, j'ai pensé que tu étais perverse, décadente. Et, en dehors de notre expérience personnelle, qui n'est ni perverse ni décadente, je sens chez toi une immense capacité d'abandon, si bien qu'on a l'impression qu'il n'y a pas de limite en toi, pas de limite à ce que tu pourrais être ou faire - c'est ça la décadente, une absence de frontière - un abandon pervers, sans limite à l'expérience."
- "Pour jouir, jouir de tout, pour aimer, il ne faut pas être critique. Fermer les yeux sur toutes les imperfections humaines."
- "Le sexe seul ne faisait pas de moi une femme. La passion de Henry n'avait pas fait de moi une femme."
-"Dans la vie, les changements extérieurs sont plus lents à se faire que les changements intérieurs."
- "Et à l'intérieur de cette femme, il y avait toujours une enfant sans père, une enfant qui n'était pas morte quand elle aurait dû mourir. Et il y avait toujours le fantôme de la petite fille qui pleurait à l'intérieur, qui pleurait la perte d'un père. Et cet homme qui m'a épousée a pris soin de la petite fille, et maintenant, si tu venais au monde, tu le prendrais pour père et ce petit fantôme ne me laisserait jamais tranquille."