venez découvrir des mots et des textes...

La première fois que j'ai lu un Arlette Cousture, c'était il y plus de dix ans, c'était Les filles de Caleb, qu'en France, on a plus connu grâce à la série Emilie et Blanche. Rappelez vous, cette jeune fille qui devient institutrice à Saint Tite, au Québec, et qui épouse Ovila.
Ensuite, j'ai lu Ces enfants d'ailleurs, qui raconte l'histoire d'orphelins polonais obligés de fuir la guerre et se retrouve réfugiés au Québec.
Et puis, il y a peu, je suis tombée sur ce roman, court Tout là-bas.
Arlette Cousture est une auteure québécoise. Son style est simple mais agréable.
Harrington Harbour, une petite ïle au large du Labrador. Il n'y a pas de route, tout le mondre connait tout le monde. On apprécie les nouveaux arrivants, surtout quand ils vont venir agrandir la population.
Elle s'attarde sur cette petite communauté où l'on se rend compte que parce que l'on n'ose pas, on est passé à côté de beaucoup de choses. Des amours non vécues qui se languissent, des drâmes de la société.
Perso, j'ai eu tendance à oublier que l'histoire se déroule à notre époque. Notre époque et pas dans des temps anciens. C'est parce que leurs histoires, à ces gens, cela parait tellement hors du temps.
Il y a Jim, pêcheur, qui a épousé une montagnaise, et lui a fait 7 enfants. Elle a été rejetée de sa tribu parce qu'elle avait épousé un blanc. Incroyable, nan, à notre époque !
Il y a Luke et Lucy, jumeaux, lui est simplet, et elle l'a pris sous sa coupe. Elle a oublié de vivre son amour pour Paul, afin de s'occuper de sa moitié d'elle. Paul, il a fini par se marier, par mal se marier et donc par divorcer. Il se languit toujours de Lucy.
"Il n'avait jamais tant aimé l'amour d'une femme comme celui de Lucy. Jamais. Jamais ventre ne lui avait été aussi accueillant. Jamais lèvres plus pulpeuses et affamées. (...) Etre passé si près du bonheur et se le faire arracher comme une perle avec un couteau à huitres. Une perle qu'encore une fois il allait avaler. Il aurait donné toutes les perles du monde pour être avec Lucy et l'aimer à s'en rendre malade. L'aimer pour qu'elle respire. (...) Il voulait Lucy comme on veut une clef pour l'éden. Il voulait Lucy pour lui ouvrir un parapluie et la protéger. Il voulait Lucy pour la couvrir d'un duvet et la tenir au chaud le reste des nuits de leur vie."
Jim, un homme qui, parce que les lois se sont durcies, a perdu son travail de pêcheur, a eu honte, s'est tu. Clara, enceinte d'un 8°, ils décident de le faire passer, mais tout va mal, Clara meurt plus tard. La mort de Clara ne sera pas veine, elle va rassembler la petite communauté, réveillée et engaillardir les amours tues et leur donner vie, elle va rendre à Jim sa dignité. La mort de Clara, c'est presque la renaissance de cette petite communauté perdue dans le Saint Laurent.
Ce que j'ai bien aimé, en dehors de la simplicité, c'est le leïtmotiv A Harrington Harbour, on n'avait jamais rien vu de ...
J'ai aimé ces petites vérités, dites juste pour dire qu'à Harrington Harbour, finalement, c'est partout comme ailleurs, les gens sont pareils qu'ailleurs, c'est juste plus petit, mais ce sont finalement des gens comme les autres.
... "A Harrington Harbour comme ailleurs, les gens étaient à la recherche d'expressions. Mais là comme ailleurs aussi, ils avaient leurs idiotismes."
... "A Harrington Harbour on se visitait peu en été, profitant de la belle saison pour jouer dans l'eau et dans l'île. (...) Mais les réels plaisirs et la vraie liberté, c'est en hiver que les insulaires pouvaient en jouir, la glace les reliant au continent."
... "A Harrington Harbour, personne ne pouvait savoir ce qu'elle pensait, puisque personne n'avait su que l'adolescente rougissante qu'elle avait été avait fui Paul pour le convaincre de son indifférence, voire de son mépris. A Harrington Harbour, on les avait toujours éloignés, craignant qu'elle crache et qu'il morde. A Harrington Harbour, elle avait toujours été la bonne fille et lui le mauvais garçon. Et pourtant Harrington Harbour savait si bien deviner les âmes et percer les secrets. Lucy s'endormit enfin en se disant que son âme était aussi plombée qu'un coffre-fort."
... "Les hommes bien de Harrington Harbour se gréaient tous de pulls de couleur marine s'ils étaient en âge de travailles, bruns ou noirs s'ils étaient à la retraite. Quant aux jeunes, ils avaient des pulls rayés contenant soit du marine, soit du brun. On aimait disparaître à Harrington Harbour et se fondre les uns dans les autres, ce qui n'était pas très difficile, tous étant cousins germains ou éloignés."