venez découvrir des mots et des textes...

Le livre :
Oscar a dix ans, il est en phase terminale d'une leucémie. Ni la chimio ni la greffe de moelle osseuse n'a fonctionné. Aucun adulte ne le regarde plus pareil parce que tout le monde sait qu'il va mourir. Sauf Mamie Rose. Mamie Rose est une vieille dame qui visite les enfants malades dans les hôpitaux afin de les divertir, afin qu'ils trouvent le temps moins long.
Comme Mamie Rose ne regarde pas Oscar comme les autres adultes, Oscar décide de lui faire confiance. Elle est croyante, lui non. Cependant, sans vouloir le convertir, elle lui propose d'écrire à Dieu. Elle lui explique ainsi, que cela peut-etre un bon moyen de dire à quelqu'un ce qu'il a eu fond de lui.
Ce que j'en ai pensé :
Dix ans, c'est presque la pré-adolescence. Le gouffre entre le monde de l'enfance et le monde des adultes. Je pense que ce n'est pas pour rien que les grands-parents sont, la plus part du temps, plus proches de leurs petits-enfants que de leurs propres enfants. Les adultes ont tendance à ménager les "vieux" et à sous-estimer le potentiel des "jeunes" ... je le constate dans ma propre famille ... seulement, certains adultes ne veulent pas voir ... ça remettrait trop de choses en cause.
C'est donc, en toute logique, qu'Oscar trouve un interlocutaire qui le comprend dans la personne de Mamie Rose ... Schmitt a aussi fait ce choix parce qu'ils sont tout deux en fin de vie.
Finalement c'est Oscar qui apprendra à ses parents comment se comporter face à la mort ... une phrase terrible je trouve, il leur dit Excusez-moi, j'avais oublié que, vous aussi, un jour, vous alliez mourir. C'est terrible d'entendre ça de la bouche d'un enfant à l'adresse des adultes ... et étonnament, cette phrase va rétablir l'ordre des choses. Les adultes vont redevenir eux même.
Je ne suis pas croyante, mais je n'ai pas été insensible au discours de Schmitt. En effet, parfois, on ne trouve pas sur terre, quelqu'un à qui s'adresser, alors l'idée d'écrire à quelqu'un que l'on nommera Dieu ... pourquoi pas. Ce n'est pas la personne à qui sont destinées les lettres qui m'importe ... Je ne crois pas en Dieu, je n'y crois pas plus maintenant. Ce qui est intéressant, c'est ce qui découle de cette croyance, la philosophie, qui en découle ... même si je me sens plus proche de celle de Monsieur Ibrahim, certains aspects de cette philosophie sont devenus aussi les miens cette année.
Je dois dire que Mamie Rose, elle est, pour moi, l'idée que je me fais du vrai croyant. Une personne modérée, qui n'impose pas, qui propose, discute. Il n'y a pas de vérité, mais des vérités. Autant de vérités que de personnes, autant de philosophie de vie que de personnes.
Le mieux reste encore de vous mettre les citations que j'ai retenu. Mais je vous conseille de le lire ... il ne fait que 70 pages ...
Ah, j'ai oublié le principal ... ce livre est bourré d'humour. Le tragique est abordé par l'humour dans la bouche d'Oscar. N'attendez pas là, une complainte de l'enfant mourant, non ... beaucoup d'humour et c'est aussi pour cela que ce livre est si touchant ... et j'ai pleuré ... j'ai ri et pleuré en même temps ... La vérité sort de la bouche des enfants ... bien plus souvent qu'on ne le croit ...
Citations :
- Si tu dis "mourir" dans un hôpital, personne n'entend. Tu peux être sûr qu'il va y avoir un trou d'air et que l'on va parler d'autre chose.
- Si je m'intéresse à ce que pensent les cons, je n'aurais plus de temps pour ce que pensent les gens intelligents.
- La souffrance physique, on la subit. La souffrance morale, on la choisit.
- La maladie, c'est comme la mort. C'est un fait. Ce n'est pas une punition.
- . Les questions les plus intéressantes restent des questions. Elles enveloppent un mystère. A chaque réponse, on doit joindre un "peut-être". Il n'y a que les questions sans intérêt qui ont une réponse définitive.
. Vous voulez dire qu'à VIE, il n'y a pas de solution ?
. Je veux dire qu'à VIE, il y a plusieurs solutions, donc pas de solution.
- Regarde chaque jour le monde comme si c'était la première fois.
J'ai lu ce livre dans la collection Classique & contemporains de Magnard, spécial collège et lp. A la fin, ils proposent des lectures du livre, une interview de l'auteur. J'ai relevé aussi des phrases de E. E. Schmitt.
- A dix ans, cinquante ou cent ans c'est toujours la même vie que l'on perd. Avec le cadeau de la vie, nous est donné le cadeau de la mort. Indissociable. Ce n'est pas la longueur d'une vie qui fait sa valeur, mais sa qualité.
- Croire n'est pas savoir. Croire, c'est donner du crédit à une hypothèse, pas posséder la vérité.
- Il n'y a qu'une seule solution à la vie, c'est vivre ... et mourir.
Lisez le et peut-être regarderez-vous les enfants et la mort différemment.