Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

venez découvrir des mots et des textes...

Publicité

L'auberge des Morts subites

 

Félix Leclerc, L’auberge des morts subites, 1964.

 

Quatre humains, morts de mort subite se retrouvent à l’auberge, entre le ciel et la terre. Les archanges veulent les déshumaniser pour leur offrir l’accès au ciel…ils reviennent sur leur vie, la façon dont ils sont morts…

Les humains veulent humaniser les archanges pour pouvoir retourner sur terre...

Et sans oublier Satan, qui veut récupérer quelques âmes pour son compte…

Théâtre caustique…

 

 

 

Extraits :

 

 

-                                                           « Célestin.

Indigestion aiguë ?

                                                           L’habitant.

Ben oui. C’est-y bête ! Gros dîner, grosse boisson, gros ralliement, la musique, les discours, la chaleur ; j’ai pris plus que mon quota, flouc ! je suis parti comme une tape ! Dret-là sur ma chaise, pas de prêtre, pas de cierge, pas de confession, en plein milieu de ‘Il a gagné ses épaulettes’ que j’ai rendu.

                                                           Célestin.

Quoi ?

                                                           L’habitant.

Mon dernier soupir. Mes voisins pensaient que je faisais des farces. Je les vois rire, puis mon œil s’est éteint.

                                                           Satan.

Qui a écouté. Avec pitié. Tut, tut, tut, tut, tut !

                                                           Célestin.

A Satan. Je vais m’occuper de monsieur.

                                                           Satan.

Fait signe que oui et reprend modestement sa marche.

                                                           Célestin.

Evidement, la mort subite, c’est la mort subite.

                                                           L’habitant.

Oui. Ca surprend toujours un peu, malgré ce qu’on nous dit au petit catéchisme.

                                                           Célestin.

Voyons ce qu’on peut faire. Vous avez des amis de ce côté-ci ?

                                                           L’habitant.

Certain. Ma mère, mon père. Esdras le plus vieux, Finette ma nièce emportée au berceau, j’ai une vieille tante qui faisait quasiment des miracles ; j’en ai, certain.

                                                           Célestin.

Hélas, le salut, c’est une affaire de chacun.

                                                           L’habitant.

Je m’en doute.

                                                           Célestin.

On ne peut pas sauver une âme de force. »

 

 

 

-                                                          « La comédienne.

Dolorès Dominique.

                                                           Célestin.

Dans son livre.  « Paulette Labarouche, fille de Claudius, jardinier, et de Célestine, journalière, l’aînée d’une famille de sept enfants, née ru Larigosse près du pont dans le faubourg ». Pourquoi cacher vos origines ?

                                                           La comédienne.

Parce qu’elles n’ont rien de brillant.

                                                           Célestin.

La plupart des grands sortent de souche infiniment plus modeste que la vôtre. Reculons avant votre vie d’artiste.

                                                           La comédienne.

Elle ne vous intéresse pas ? Chanter vingt ans pour la gloire de Dieu ?

                                                           Célestin.

Pour la gloire de Dieu ? « Viens mon Jules », « Je suis ton bébé jusqu’à la fin du monde », « Serre-moi plus fort », « Frisson d’amour », « Prends mon diamant » ?

                                                           La comédienne.

C’est mon genre. J’ai pas une voix d’opéra mais une voix de diseuse. »

 

 

- « Célestin : Je vais vous en taper des passeports, moi, morts subites ! Ce n’est pas ce siècle-ci que vous allez mettre la robe blanche. Tomber, toujours tomber, l’homme ne fait pas autre chose que tomber ! »

 

- « L’intellectuel : Le risque, le désir de posséder, voilà ce qui mène l’homme ! Quand la possession arrive, elle déçoit, c’est tout ! »

 

- « Célestin : Souffrir, vieillir, mourir, perdre ceux qu’on aime, fanées les roses, fuite du temps et des êtres. La souffrance, le seul vêtement qui va bien aux hommes. »

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C
Cajou ! Go home !
Répondre
C
:D
C
Merci de la réponse Cat. Schmitt estuns de mes auteurs favori. Ses contes d'identités bouleversées à la fois dérangeant et divertissant et ce que je trouve excellent sait provoquer à se poser des questions. Je n'ai pas un que je préfère, en ce moment 'La Part de l'autre' m'a sous le coup. Desolée, ici, on ne monte pas ses pièces sur scène. (si tu pourrais me donner l'adresse de l'autre site, tu me feras un grand, grand plaisir) bises<br /> oui "la part de l'autre", mais j'émets une réserve sur sa vision du fait que Hitler aurait pu être Adolf...je n'y crois pas... mais sinon l'idée est très bonne, et le livre rondement mené...<br /> Il reste un auteur très controversé ici aussi....pour une adresse, je n'en ai qu'une, celle de son site :      <br /> eric-emmanuel-schmitt.com<br /> bonne journée Caro<br />  
Répondre
A
dis moi un truc c'est le même qui chantait ou c'est un aumonyme ? parce que quand j'ai lu ça sur le fil que lisez vous en ce moment " j'ai lu ta réponse et je me posais la question ?!tout cas c'est pas mal je connais pas du tout !j'aime bien la comedienne : j'ai une voix de diseuse !Pour ça que je me demande si c'est pas le canadien quebequois du petit bonheur ?!Bon pour la réponse a ta question au dessus tu va sur le fil et j'y ai repondu déja : bête et dicipliné !oui !Bisouilles !A.WIE<br />  <br /> bravo Aude Wie, c'est bien le Québécois du p'tit bonheur....lui, lui, lui........et on a un point en commun...l'est de l'île d'Orléans...bon j'accorde, juste le nom...elle est belle son île où il repose....<br />  
Répondre
L
Très chere, je pense que tu t'es trompée ou sous-estiméelorsque tu as créé ton blog : ton titre , tu aurai du mettre les "Grands Mots de Cat".C'était juste une paranthèse.....ByeLaura<br /> je rougis....<br /> bizzzzzz
Répondre
S
Juste pour te faire un bisou!!! Et j'espère que ton moral est bon!!!<br /> Merci
Répondre